Bon alors je débarque sur le topic comme une fleur.
Déjà je souhaite dire que je n'ai pas compris la majeure partie des messages (et ce, quel que soit leur rédacteur...)
Ensuite, de l'utilité du terme "incestuel"
Pour en avoir été victime, j'ai trouvé très très important d'avoir un terme précis à mettre sur un ensemble de situations / problèmes. Tout comme le terme "syndrome d'Asperger" serait un soulagement pour définir mes problèmes sociaux, avoir reçu l'étiquette "incestuel" fut un soulagement immense pour toute ma relation avec mon père.
Pour expliquer un peu, en pratique, ce à quoi peut réellement ressembler une relation incestuelle qui n'est jamais tombée dans l'inceste.
Mon père ne m'a jamais considérée comme sa fille (il me l'a avoué en face, il n'a jamais eu ce déclic et n'a commencé à avoir une forme d'amour pour moi qu'avec le développement de mon intelligence). Dans toute ma petite enfance, il s'est comporté comme un enseignant, qui me guidait sur les chemins de la vie.
En parallèle de ce problème initial, mon père est menteur compulsif car il cherche en permanence à être flatté par les autres. Il est capable d'utiliser sa fille HPI (en l'occurrence, moi) comme un animal de foire ou une monnaie d'échange pour s'attirer les faveurs d'autres. Idem avec ma mère, de bonne naissance et de très bonne éducation, qui n'était finalement qu'un bijou à afficher en société et qu'il a trompée avant même leur mariage.
J'avais donc avec mon père une relation de professeur-élève. A la puberté, j'ai remarqué deux choses : cette relation tendait à s'inverser et il venait de plus en plus me demander mon avis, et je ressentais un malaise profond dans mes relations avec lui de manière générale. Malaise innommable.
Quand j'en parlais, on me répondait par "crise d'ado" "c'est freudien" "c'est normal" "ça va passer" "c'est dans ta tête" (le pire de tous)
Donc j'ai cru pendant 7 longues longues années que c'était juste moi.
Progressivement, je mettais de la distance mais sans pouvoir verbaliser mon mal-être. Jusqu'au jour où il m'a "touchée" : il était bourré, j'étais assise sur un banc et il s'est frotté dans mon dos en prononçant des paroles chastes mais impensables d'un père à sa fille. Une déclaration d'amour, en somme...
J'ai tenté par tous les moyens de le mettre devant la gravité de la situation, sans succès. J'étais toujours incapable de verbaliser la situation puisqu'il n'y a jamais eu d'attouchement donc d'inceste.
J'ai arrêté complètement de voir mon père, sans être capable de l'expliquer à mon entourage.
Puis j'ai rencontré une suite de bonnes personnes, j'ai été prise en charge par une psy pour étudiants, qui a mis ce mot devant moi : "incestuel".
Elle m'a dit que c'était ce dont j'avais été victime (un autre mot très important) que ce n'était en rien de ma faute. Elle a reconnu la situation, chose que personne d'autre auparavant n'avait fait, et qui est au combien importante pour toutes les victimes d'abus.
Légalement, je n'ai jamais été victime d'inceste, je ne peux pas porter plainte contre mon père, je ne peux pas être accompagnée ni soutenue par les associations de victimes d'inceste. Mon cas, comme tant d'autres, est dans un trou noir légal.
Alors OUI, le terme d'incestuel correspond à une réalité. C'est la limite de l'inceste, le comportement dérangeant sans le viol, l'abus psychologique sans l'abus sexuel.
Donc je ne comprends rien aux messages échangés plus haut, ni même au message initial. Je ne pense pas que mon cas est une généralité, tout comme chaque autisme ne définit pas le spectre.
Mais je sais que le terme d'incestuel est utile, qu'elle que soit son origine, son histoire, sa définition originelle... Aujourd'hui il correspond à une réalité d'autant plus douloureuse qu'elle est parfaitement ignorée par toute la société. C'est un tabou encore plus tabou que l'inceste. C'est un viol psychologique qui ne peut être puni.
Donc merci de ne pas cracher sur ce simple mot qui a sauvé psychologiquement de nombreuses personnes dans un cas similaire au mien...
Voilà voilà, un pavé dans la mare. Merci à ceux qui auront lu.
Si je peux me permettre, merci à ceux qui répondront de garder une certaine délicatesse quant à mon vécu puisqu'il reste douloureux
Libre à vous de croire ce que vous souhaiterez par rapport à mon témoignage et à l'importance de certains mots de vocabulaire, même s'ils sont originaires de la psyKK (que je n'aime pas du tout, soit dit en passant...)