Aspergers travaillant dans l'enseignement

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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Curiouser
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Re: Aspergers travaillant dans l'enseignement

#421 Message par Curiouser » jeudi 12 septembre 2024 à 23:19

Soline34 a écrit : jeudi 12 septembre 2024 à 23:02 et on peut obtenir un temps partiel thérapeutique (je ne suis plus certaine du terme mais en gros tu fais 80% de ton service mais tu es payé 100%)
Ce n'est pas forcément 80%, les médecins peuvent prescrire un temps partiel de 60%, ou de 50% (c'est pour ma part ce que j'avais eu, on pouvait donc parler, dans mon cas, de mi-temps thérapeutique).
Diagnostiquée TSA en janvier 2021. Conjoint diagnostiqué TSA en octobre 2020.

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Bohort
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Re: Aspergers travaillant dans l'enseignement

#422 Message par Bohort » vendredi 13 septembre 2024 à 13:33

Merci pour vos réponses Curiouser et Soline34 ! J'y vois plus clair au niveau de ce qui va se passer.

Je pense que je vais devoir me poser un moment et réfléchir à ce que j'attends du rendez-vous.
L'année dernière, j'avais tellement de mal avec les élèves qu'un mi-temps thérapeutique ou même un 80% m'auraient paru providentiels... Mais cette année ça se passe bien en classe (pour l'instant) et ce sont plutôt les trajets qui m'épuisent avec deux heures de voiture tous les jours (je suis sur deux établissements). Donc je ne suis pas certaine de vouloir quitter certaines classes, j'aurais l'impression de "laisser tomber" les élèves et l'établissement d'une certaine façon.

Ça doit être un dilemme très commun, merci en tout cas !
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Re: Aspergers travaillant dans l'enseignement

#423 Message par Soline » vendredi 13 septembre 2024 à 20:10

Curiouser a écrit : jeudi 12 septembre 2024 à 23:19
Soline34 a écrit : jeudi 12 septembre 2024 à 23:02 et on peut obtenir un temps partiel thérapeutique (je ne suis plus certaine du terme mais en gros tu fais 80% de ton service mais tu es payé 100%)
Ce n'est pas forcément 80%, les médecins peuvent prescrire un temps partiel de 60%, ou de 50% (c'est pour ma part ce que j'avais eu, on pouvait donc parler, dans mon cas, de mi-temps thérapeutique).
Mais est ce qu’au dessous de 80% tu es payé plein traitement?
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Re: Aspergers travaillant dans l'enseignement

#424 Message par Curiouser » vendredi 13 septembre 2024 à 21:02

Soline34 a écrit : vendredi 13 septembre 2024 à 20:10
Curiouser a écrit : jeudi 12 septembre 2024 à 23:19
Soline34 a écrit : jeudi 12 septembre 2024 à 23:02 et on peut obtenir un temps partiel thérapeutique (je ne suis plus certaine du terme mais en gros tu fais 80% de ton service mais tu es payé 100%)
Ce n'est pas forcément 80%, les médecins peuvent prescrire un temps partiel de 60%, ou de 50% (c'est pour ma part ce que j'avais eu, on pouvait donc parler, dans mon cas, de mi-temps thérapeutique).
Mais est ce qu’au dessous de 80% tu es payé plein traitement?
Ah oui, oui, je te confirme que j'étais payée comme si j'effectuais la totalité de mon service (soit 18h) alors que je ne faisais que 9h.
D'où le fait, également, que ce ne soit possible que pour une durée maximale de 12 mois (sachant qu'il est possible de fractionner, à savoir, faire six mois de temps partiel thérapeutique, puis un an, mettons, à temps complet, puis trois mois de temps partiel thérapeutique...).
Bohort a écrit : vendredi 13 septembre 2024 à 13:33 Mais cette année ça se passe bien en classe (pour l'instant) et ce sont plutôt les trajets qui m'épuisent avec deux heures de voiture tous les jours (je suis sur deux établissements). Donc je ne suis pas certaine de vouloir quitter certaines classes, j'aurais l'impression de "laisser tomber" les élèves et l'établissement d'une certaine façon.
J'ai eu la chance extrême de ne jamais être sur deux établissements, mais je compatis, ce doit être effectivement bien lourd...
Est-ce que le fait de se concentrer sur un seul établissement (celui où potentiellement tu as le plus d'heures) ne pourrait pas te permettre de mieux tenir le coup sur la durée ? Le fait d'être sur deux établissements augmente forcément le facteur fatigue, qui peut mener par la suite à de l'épuisement, lequel peut hélas conduire à de l'épuisement physique, moral, qui pourra nécessiter un arrêt maladie.
Et, pour avoir malheureusement beaucoup fait cela,
Spoiler : 
avec des arrêts maladie "courts" d'une semaine ou de deux semaines ; cela allait mieux - en serrant les dents - pendant environ un mois, un mois et demi, puis, à nouveau, l'épuisement - j'avais également des soucis avec certaines classes et avec la direction, cela n'aidait absolument pas, il est vrai -, les crises d'angoisse et les troubles psychosomatiques me contraignaient à de nouveau être arrêtée par mon médecin... Toutes ces absences - la majeure partie du temps non remplacées - n'aidaient en rien évidemment, et le "remède" finalement augmentait à terme les difficultés...
je pense que ce serait éventuellement une vraie question à poser lors de ton rendez-vous avec la médecine de prévention pour cette année scolaire qui a débuté.
Dit plus brutalement, mieux vaut peut-être te concentrer sur un seul établissement afin de réduire les risques de finir, au bout de quelques mois, complètement épuisée, et de laisser ainsi les élèves sans professeur si jamais tu devais être arrêtée pour plusieurs semaines (car, malheureusement, on ne se relève pas d'un épuisement en une ou deux semaines d'arrêt maladie).
En laissant les classes de l'autre établissement en demandant un temps partiel thérapeutique, certes, oui, il est très probable qu'un remplaçant ne soit pas affecté tout de suite, mais, comme cela sera un remplacement long, il y aura bien plus de chances que le remplacement soit trouvé (contrairement à des remplacements pour une, deux voire trois semaines).

D'autres personnes auront peut-être d'autres avis, mes opinions et conseils sont forcément teintés de mon expérience personnelle - j'ai, depuis, quitté l'E.N. -, mais quoi qu'il en soit, je te souhaite une nouvelle fois force et courage.
Spoiler : 
J'ai plein de cours / exos de grammaire et de littérature datant pour les derniers d'il y a quatre ans, au format numérique. Il y a du bon et du moins bon, mais si cela t'intéresse, n'hésite pas à m'en faire part. :)
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lulamae
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Re: Aspergers travaillant dans l'enseignement

#425 Message par lulamae » lundi 14 octobre 2024 à 20:41

Je reviens ce soir donner quelques précisions sur la démarche de reclassement : cela a été dur et j'ai franchi de multiples écueils, mais je touche enfin au port. J'ai appris aujourd'hui qu'après 5 ans je vais être reclassée pour de bon, sur un poste vacant.

J'étais prof certifiée en lettres modernes et pendant ces cinq années de travail, les RH m'ont mis la pression pour que je passe des concours de catégorie B voire C en secrétariat. Je l'ai fait, j'ai été admissible au concours de SAENES (avec 16 à l'épreuve écrite du concours interne, mais 7 à l'oral, donc recalée). J'ai décidé de ne plus me réinscrire l'année dernière, et enfin cette année ils acceptent de me titulariser sur un poste sans concours !

Je peux juste dire que ce qui m'a donné un statut un peu à part c'est d'avoir été déclarée en incapacité d'enseigner pour handicap par le comité médical, ainsi que d'avoir une RQTH de longue date (2009). J'ai également abondé mon dossier au secrétariat de la médecine du travail, même si c'est quasiment impossible de rencontrer le médecin du travail au Rectorat de Nantes.

Qu'est-ce qui pourrait aider encore ? La référente handicap du Rectorat m'a proposé un accompagnement depuis 2023 avec CAP Emploi. Cela s'est déroulé sur 2 ans : une psychologue du travail est venue me voir plusieurs fois, ainsi qu'un ergonome (très intéressant). Ils m'ont observée sur le poste et ont fait un rapport avec des préconisations. L'équipe dans mon nouveau lycée (depuis l'an dernier) est plus bienveillante, ça s'est bien passé, et des "aménagements" ont été faits avec les moyens du bord. Par exemple j'ai un paravent en bois devant mon bureau et nous avons des rideaux de théâtre qui nous isolent un peu des passages dans le couloir. J'ai de l'autonomie, et je m'entends bien avec ma collègue qui est malentendante appareillée comme moi.

Sur les mi-temps thérapeutiques, c'est possible mais souvent c'est réservé à des profs qui rentrent d'un congé longue maladie. Il existe également des postes adaptés, mais il y a beaucoup de demandes et peu de places. L'attribution est passagère.
Le temps partiel thérapeutique est de droit avec la RQTH, c'est-à-dire qu'il n'est pas refusé. Mais attention, il n'est plus payé 100% et la répartition n'est pas forcément avantageuse.

Pour envisager une reconversion on peut être aidé.e par un conseiller ou une conseillère mobilité. Si on veut rester dans le système, l'EN ne propose que des postes administratifs. Plus de CNED, car ce sont plutôt des profs qui font quelques heures en plus. En revanche, surtout si vous avez des dispositions et connaissances en numérique, le réseau Canopé, d'après mon frère qui y travaille (au Futuroscope), emploie beaucoup d'anciens profs, souvent comme formateurs. Il y a une antenne dans chaque académie :
https://www.reseau-canope.fr/recrutement.html

Voilà : c'est long, c'est difficile il faut faire le dos rond et avancer sous l'averse mais il y a une lumière au bout. J'espère avoir donné quelques précisions qui pourront éventuellement aider.
Spoiler : 
Je reste certifiée et conserve mon salaire antérieur, c'était important pour moi aussi, matériellement, mais aussi par dignité.
Diagnostic d'autisme avec HPI en juillet 2019. Deux filles majeures avec bilan neuropsychologique de TSA + TDAH pour l'aînée et TSA pour la cadette.

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Re: Aspergers travaillant dans l'enseignement

#426 Message par ClaydFr » mercredi 30 avril 2025 à 22:03

Bonjour !

Je me permets d'actualiser le fil. Je voulais savoir si certains d'entre vous travaillant dans l'enseignement avaient tenu jusqu'au bout. J'aurai un 80% à partir de la rentrée, et j'envisage de passer l'agrégation interne pour justement avoir moins d'heures sans perte de salaire...
Mais en même temps, j'ai peur de passer l'agrégation mais de ne pas tenir dans ce métier, sauf que je ne vois pas quoi faire d'autre de toute façon, et le fait qu'il y ait des pauses par période me rassure.
HPI.

Diagnostiqué TSA le 13/12/2024

Antigone
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Re: Aspergers travaillant dans l'enseignement

#427 Message par Antigone » jeudi 15 mai 2025 à 18:00

Je me permets d'actualiser le fil. Je voulais savoir si certains d'entre vous travaillant dans l'enseignement avaient tenu jusqu'au bou
Vu les tendances actuelles sur les réformes de retraite je pense que je pourrais te dire d'ici environ 40 ans si j'ai réussi à tenir. A condition bien sûr que je ne sois ni trop myope ni trop sénile pour écrire sur un forum :D Ou peut être que l'éducation nationale aura fait naufrage et que je serai reconvertie de force à faire du baby sitting dans des écoles privées à 470000 euros l'année. :D

Plus sérieusement, mon expérience ne t'aidera vraisemblablement pas parce que je suis dans le premier degré d'une part, et en reconversion d'autre part. Ce que je peux te dire c'est que comme toi je ne me vois pas du tout finir ma vie dans l'enseignement parce que je sens que je m'use à une vitesse énorme, et en même temps je n'ai aucune porte de sortie. Cette sensation est très angoissante, on se sent en danger moralement, physiquement mais la seule solution pour y remédier est presque pire. Parce que j'y serai aussi en souffrance (le chômage je suis passée par là bien trop souvent je sais comme ça peut bousiller) et en plus en précarité. Je me sens régulièrement comme Ulysse devant choisir entre Charybde et Scylla. Je crois qu'il faut vraiment y aller par petit pas, et envisager la carrière par "morceaux". Je me fixe des paliers, genre tenir 5 ans faire le point. Et puis j'essaie de me renseigner sur les évolutions qui pourront m'aider ... Par exemple, j'ai changé d'approche pédagogique. Ça a été long et compliqué, mais ça m'a aidé à me remotiver et à me sentir mieux dans ma classe. Je teste régulièrement de nouvelles choses avec mes élèves, la nouveauté m'aide aussi à remobiliser des forces. Je sors de plus en plus des "normes" - par exemple, je m'intéresse énormément aux neurosciences. Le fonctionnement du cerveau n'est absolument pas dans les programmes mais je m'en moque. J'ai crée des séances autour du cerveau, de l'attention. ET ça a marché. Il y a des aménagements de carrière prévus par la hiérarchie, mais il y a aussi ceux que tu peux mettre toi en place pour te rendre la situation plus vivable.. Mais encore une fois, un jour après l'autre et avec bienveillance envers soi même. Fais ce que tu peux.
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Re: Aspergers travaillant dans l'enseignement

#428 Message par Mars321 » mardi 24 mars 2026 à 22:03

Bonjour,

J'arrive sur ce forum, avec un tsa et une rqth... Celle-ci m'a permis d'avoir plus de points lors de mon dernier mouvement et d'obtenir un poste près de chez moi.
N'éanmoins, @arcane, tu disais sur une autre publication :
Sur Facebook, je vois beaucoup + de profs du secondaire qui ont des aménagements, que de primaire...
Où as-tu ces infos sur facebook et peux-tu en dire plus sur les aménagements s'il te plait ?
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Tugdual
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Re: Aspergers travaillant dans l'enseignement

#429 Message par Tugdual » mercredi 25 mars 2026 à 9:27

Bonjour Mars321,

Peux-tu mettre à jour ta signature (dans ton profil) avec ton
statut quant au diagnostic (voir notre charte, chapitre 1.2) ?
Spoiler : Pour modifier la signature : 
  • cliquer (en haut à droite) sur ton pseudo ;
  • dans le menu qui apparaît, cliquer sur "Panneau de l'utilisateur" ;
  • cliquer sur l'onglet "Profil" ;
  • cliquer (à gauche) sur "Modifier la signature" ;
  • préciser le statut dans la zone d'édition
    (exemples : suspicion de TSA, TSA diagnostiqué, parent, conjoint, proche, non concerné(e)...) ;
  • cliquer (en bas) sur "Envoyer".
D'avance merci...

Penser aussi à une petite présentation dans la section idoine...
TCS = trouble de la communication sociale (24/09/2014).

Arcane
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Re: Aspergers travaillant dans l'enseignement

#430 Message par Arcane » mercredi 25 mars 2026 à 9:59

Mars321 a écrit : mardi 24 mars 2026 à 22:03 Bonjour,

J'arrive sur ce forum, avec un tsa et une rqth... Celle-ci m'a permis d'avoir plus de points lors de mon dernier mouvement et d'obtenir un poste près de chez moi.
N'éanmoins, @arcane, tu disais sur une autre publication :
Sur Facebook, je vois beaucoup + de profs du secondaire qui ont des aménagements, que de primaire...
Où as-tu ces infos sur facebook et peux-tu en dire plus sur les aménagements s'il te plait ?
Sur des groupes Facebook "prof en burn out" par exemple. Il y en as plusieurs"profs en CLM/CLD" etc
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Re: Aspergers travaillant dans l'enseignement

#431 Message par Antigone » mardi 26 mai 2026 à 17:52

Bonsoir à toutes et tous qui passez par là... et qui lisez.
Je laisse un message ce soir après une journée particulièrement éprouvante, parce que je ne sais plus trop vers qui me tourner. Je suis épuisée physiquement (merci la canicule qui finit de dégommer le peu de sommeil que j'ai), et moralement. J'enseigne en maternelle et comme toutes les collègues on a discuté répartition c'est de saison ; pour les non initiés c'est comment on va répartir les élèves, est-ce qu'on fait des classes de PSMS MS GS ou des PS combien etc etc. La discussion s'est bien passée, globalement. On a compté, recompté, chacun.e a fait des compromis (certaines plus que d'autres mais bon... c'est pas grave :D ) Et puis il a fallu mettre sur le tapis le sujet de M. notre élève ingérable. Alors on en a plusieurs des difficiles , des élèves à besoin particulier comme les appelle l'éducation nationale reine de la litote :roll: mais lui il est hors concours. Il pique des crises en non-stop, à la moindre contrariété. Si tu as l'impertinence de l'obliger d'arrêter de donner des claques à un autre enfant ou simplement ne pas chanter à plein poumons pendant que tu essaies de lire une histoire, il se jette sur tout ce qu'il trouve le démolit, hurle, retourne la classe. régulièrement il a fallu s'y mettre à plusieurs pour le maîtriser, en le plaquant au sol ou en le 'ligotant'. Bien sûr ce n'est pas sans danger, il va hurler, mordre, taper. Il ne s'agit pas de blâmer cet enfant qui a , un contexte familial compliqué et probablement d'autres troubles, mais de décrire la réalité. La famille ne suit aucun conseil, demande, il a eu un vague suivi orthophonique arrêté par l'orthophoniste au bout de quatre séances parce qu'elle ne voulait plus gérer ses crises. Le CMP (il avait rdv et ils ne l'ont même pas emmené !), les neuropsy, le médecin scolaire... la famille a tout ignoré, jusqu'à ce que nous fassions une IP. Et même là, les choses n'avancent pas vraiment. le vrai déclic a été le renvoi de la cantine et la déscolarisation l'après-midi. La mère a fini par reprendre RDV au CMP, donc re-liste d'attente et il faudra sûrement attendre la rentrée...en espérant que cette fois la famille y aille. Mais c'est un autre débat.
Cette année M. est en MS, dans la classe de la directrice qui est déchargée quasiment toute le semaine donc qui l'a deux matinées par semaine depuis qu'il ne vient plus l'après-midi et sa décharge l'a le reste de la semaine.
L'an prochain il sera en GS, évidemment l'inspection ne validera pas une scolarité à mi-temps, la famille n'ayant pas rempli de dossier MDPH inutile de compter sur une AESH (d"jà que si tout avait été fait dans les règles ça aurait été difficile) et la question se pose : qui va le prendre ? Il y a aura trois classes de GS... dont une à moi. Les deux collègues et moi mêmes nous étions d'accord en off pour se le partager. Nous allions créer un emploi du temps pour qu'il aille dans les trois classes, une le lundi; le mardi chez l'autre ect. Histoire que chacune puisse d'organiser, respirer...et arrive avec un peu de chance à tenir le coup. Parce qu'entre lui et les 7 (oui 7) autres élèves BEP, on a peur.
La directrice ne veut pas, elle essaie de nous vendre qu'il a changé, qu'il a besoin de stabilité, que c'est pas bon pour lui etc etc etc. En gros, elle veut absolument que l'une d'entre nous le prenne.
Ce midi, la question est revenue sur le tapis. J'ai rappelé que nous n'étions toujours pas d'accord pour que M. soit à plein temps dans une classe et que nous voulions un emploi du temps spécial. Et là je ne sais pas trop comment tout est parti en vrille... elle a recommencé avec 'oui mais attend je vais t'expliquer (c'est son élément de langage insupportable, quand quelqu'un n'est pas d'accord avec elle, elle fait comme si c'était parce qu'il n'a pas compris ses arguments.). Je lui ait dit que si, j'avais entendu son point de vue mais que je n'étais pas d'accord. je lui ai expliqué que je ne me sentais pas capable de le gérer, qu'on en avait discuté avec les collègues (collègue qui sont restées très muettes tout à coup). Au début elle a pris une voix d'infirmière psychiatrique pour me faire culpabiliser (le pauvre M. c'est pas de sa faute, et il a progressé, et il fait moins de crise, et il est très intelligent, et il est attachant et et et). Comme ça ne fonctionnait pas et que je ne changeais pas d'avis, elle y est allée avec les belles promesses : mais vous ne serez pas seule, on sera une équipe, dès qu'il y aura besoin on se réunira et on cherchera des solutions. J'ai essayé d'expliquer que en ce qui me concerne ce serait trop tard, je ne pouvais pas moralement passer mon été à angoisser et chaque jour de la semaine à me demander si M. allait péter un plomb et si oui, qu'est-ce que nous ferions dans ce cas là ? c'est là qu'elle s'est énervée et elle a fini par me dire que (ce n'étaient pas ses mots exacts, donc on peut imaginer que je surréagis) que c'était mon boulot d'enseignante de m'occuper de lui, que j'avais pas à dire non. Qu'en gros je ne voulais pas faire d'efforts, alors que elle l'avait eu deux matinées par semaine contrairement à nous qui devrions l'avoir 4 jours et demie non stop par semaine. J'ai essayé de me défendre (toute seule, seule une collègue a mollement soutenu mes propos) et ca a fini en un très moqueur de toutes façons tu a toujours raison.
Je ne dis pas que j'ai raison, (je ne dis pas non plus que j'ai tort) ...de toutes façons la situation est merdique et ce n'est pas plus de sa faute, que de la mienne que de celle du môme, une fois de plus c'est l'éducation nationale qui met tout le monde en souffrance. Mais j'aurai aimé qu'elle écoute et qu'elle essaie de comprendre mon point de vue, au moins qu'elle le respecte à défaut de le comprendre. La question de notre bien être, à mes collègues et moi n'a jamais été mentionné... elle a parlé de celui de l'enfant (ce que j'entends), de combien ça avait été difficile pour elle cette année, etc.Et puis de toutes façons des gamins comme lui y en aura de plus en plus, autant qu'on s'y fasse (elle part en retraite l'an prochain).
Bref. Ce soir c'est difficile d'envisager la fin de l'année (oui M. n'était pas dans ma classe mais j'ai eu aussi mon lot d'élève difficiles, même si c'était pas à son niveau) ; j'ai trop chaud ; je suis usée (comme une fin d'année) et j'ai déjà du mal à me lever le matin. Mais maintenant je me sens mal à l'idée de faire encore ce boulot l'an prochain. Je me sens aussi très coupable, si M. se retrouve dans la classe d'une des collègues à cause de moi je le vivrais mal aussi. Je ne voulais pas me débarrasser de lui à tout prix, pour que quelqu'un d'autre s'en occupe et après moi le déluge. Je voudrais justement qu'on travaille en équipe...
A part me plaindre, et essayer de mettre de l'ordre dans mes idées, ce post avait aussi pour but de voir si certain.e.s avaient déjà vécu ce genre problème et les options que vous aviez trouvé :qui sait il y a peut être une solution qui conviendra à la directrice sans m'obliger à sacrifier ma santé mentale ?
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Re: Aspergers travaillant dans l'enseignement

#432 Message par Arcane » mardi 26 mai 2026 à 20:52

Hello,

Tu as résumé le pourquoi je quitte l'EN..

Nous, nous avions un petit V en sur-maintien. Il aurait dû être en CE1.
Très compliqué mais peut-être un poil moins que M.
Il y a de grosses grosses tensions dans l'équipe.
Pour son premier maintien, un enseignant l'a pris à temps plein (V n'était pas scolarisé à temps plein mais il était son unique enseignant).
Et pour son année de sur-maintien, il y a eu de grosses tensions qui ont explosées et l'enseignant a dit stop (je te la fais très courte et c'est à cause de notre directeur que cette enseignant a dit stop).
V a donc tourné sur les 3 classes de GS toute l'année...


Est-ce que ça serait possible de contacter ton IEN ?
La psy EN ?

Sinon arrête toi, avec la prévoyance on ne perd pas totalement en salaire... (Et mieux vaut perdre un petit peu de sous que la santé...).
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Antigone
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Re: Aspergers travaillant dans l'enseignement

#433 Message par Antigone » mercredi 27 mai 2026 à 12:38

Tu as résumé le pourquoi je quitte l'EN
C'est un rêve que j'ai , malheureusement je ne trouve pas de porte de sortie viable. Mais j'espère un jour pouvoir partir en claquant bien fort la porte (ça servira à rien mais ça me soulagera)
Pour son premier maintien, un enseignant l'a pris à temps plein (V n'était pas scolarisé à temps plein mais il était son unique enseignant).
Vous êtes déjà très courageux de l'avoir maintenu, et deux fois en plus. Dans notre cas, que M. ai les compétences ou non il ira en CP. Parce qu'on ne pourra pas survivre une 4ème année. De toutes façons, c'est un enfant qui a besoin de soin et d'une structure adaptée je ne vois pas en quoi le maintenir changera quoique ce soit si ni la famille, ni l'éducation nationale ne font d'efforts.
Est-ce que ça serait possible de contacter ton IEN ?
La psy EN ?
La psy est d'accord pour dire qu'il est complètement inadapté au milieu scolaire et qu'il a besoin de soin, mais bon... ça n'a pas changé grand chose (pas d'AESH, pas d'aide)
L'inspection je ne sais pas. Personnellement, ça ne me gêne pas de lui expliquer la situation et mon point de vue mais je pense que ce sera à la direction de le solliciter ou non. En plus niveau inspection on en change tous les ans depuis 4 ans, ils sont au courant de rien et ils s'en foutent parce qu'ils partent à la fin de l'année .
Sinon arrête toi, avec la prévoyance on ne perd pas totalement en salaire... (Et mieux vaut perdre un petit peu de sous que la santé...).
Je ne pourrais pas me le permettre une année entière, c'est déjà certain. Et puis ce que j'essaie de faire entendre c'est précisément qu'on peut anticiper et éviter d'en arriver là. Je ne comprends pas pourquoi elle refuse d'entendre que le bien être de l'enseignant compte aussi - et que si on ne veille pas les uns sur les autres dans une équipe, à quoi bon ? Surtout qu'elle a été nommée y a deux ans. Arrêtée au mois d'octobre jusqu'en janvier (et qui s'est coltiné tout son boulot pendant ce temps ? l'équipe). Elle a demandé un mi-temps thérapeutique qui lui a été refusé (elle cumule déjà PEMF, direction et elle n'a que deux jours et demi par semaine en classe... jours qu'elle voulait imposer comme mi-temps, histoire de ne pas avoir d'élèves. L'inspection lui a dit bah non, si vous êtes trop fatiguée on reprend la charge de direction et de PEMF ET ENSUITE on discute mi-temps , évidemment ce n'était pas ce qu'elle voulait donc...). Maintenant, elle est dans l'école un jour et demi par semaine, en classe et un jour et demi en décharge de direction. Elle arrive et repart presqu'en même temps que les élèves, si tu veux la voir il faut caler un rdv deux jours avant (c'est véridique ; j'envoie un mail en lui disant j'aurai besoin de te parler de ci ou ça et j'attends qu'elle me dise quand elle pourra rester dix minutes d eplus un soir ou un midi). Et le midi elle mange chez elle. Très bien c'est son droit. Elle nous a expliqué qu'elle en a besoin, que sinon elle tient pas, et elle a des problèmes de ci, de ça... pas de problème. On s'est arrangé. Mais maintenant que moi j'essaie de faire valoir mes besoins, c'est moi la méchante ? Je ne trouve pas ça juste.
Je veux savoir comment je m'y prendrais, moi aussi, pour être heureuse. Vous dites que cest si beau, la vie. Je veux savoir comment je m'y prendrai pour vivre." Anhouil

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Flower
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Re: Aspergers travaillant dans l'enseignement

#434 Message par Flower » mercredi 27 mai 2026 à 15:36

Je ne suis pas prof donc je dis peut-être une connerie, mais si le faire tourner tous les jours n'est pas envisageable, pourrait-il changer de classe au bout d'un trimestre éventuellement ?
Y a-t-il des contacts réguliers entre les différentes classes qui pourraient faciliter ça? (Je n'ai connu que la variante "une classe pour chaque niveau", donc je ne sais pas comment ça se passe quand il y en a plusieurs.)
Détectée HQI dans l'enfance, diagnostiquée TSA de type syndrome d'Asperger en juillet 2015.

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Re: Aspergers travaillant dans l'enseignement

#435 Message par Arcane » mercredi 27 mai 2026 à 21:50

Ma pauvre je compatis tellement.
C'est malheureux mais ce sont des situations récurrentes dans les écoles.
Je pense que le principal soucis là, au-delà du fait que M ne devrait pas être à l'école mais dans une structure adaptée, c'est surtout ta directrice qui n'a pas l'air très commode pour régler ce soucis !
HPI (2018)
TSA (février 2020 en libéral, décembre 2021 au CRA)
TDAH (avril 2023)

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