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Re: « Est-ce que ton mari prendra un café ? »
Posté : jeudi 28 juin 2018 à 12:41
par lepton
misty a écrit :C'est un truc que je travaille en TCC: analyser (même après) les éléments autour peut aider à se rendre compte qu'il y a moquerie méchante, surtout si c'est redondant.
J’ai aussi appris cette technique en TCC, mais plutôt pour repasser le film des situations anxiogènes. Je n’avais pas pensé à le faire analyser des situations d’incompréhension sociale. C’est une bonne idée, ça pourrait donner des résultats intéressant.
En fait, ça m’a fait du bien d’écrire ça. En y réfléchissant, c’est juste que je ne suis pas d’un abord facile. Quand on a affaire à une personne froide et taciturne, c’est sûrement plus simple de se raccrocher à la personne civilisée la plus proche...
Mais il n’y a pas que dans la famille que ça se produit. Au travail aussi. Il y a quelques semaines, un stagiaire a posé une question technique à une autre personne, alors que j’étais là et que je lui avais été présenté comme le référent technique. Ils commençaient à chercher sur internet, alors je suis intervenu pour répondre. Et j’ai vraiment eu l’impression de déranger... (la fameuse seconde de flottement qui suit une intervention déplacée, c'est un signe...

).
Re: « Est-ce que ton mari prendra un café ? »
Posté : jeudi 28 juin 2018 à 18:38
par Lilas
lepton a écrit : Au travail aussi. Il y a quelques semaines, un stagiaire a posé une question technique à une autre personne, alors que j’étais là et que je lui avais été présenté comme le référent technique.
Cela m'arrive souvent aussi, que les gens posent plutôt leurs questions à mon collègue qu'à moi, mais ça me semble assez différent de la question du titre.
Dans le cas de la question technique, la personne s'adresse à quelqu'un d'autre parce qu'il semble plus avenant, parce qu'il l'intimide moins, ou simplement parce qu'il a capté son regard et pas le nôtre, et le juge certainement apte à répondre.
Pour la question du café, elle ne peut que t'être adressée puisqu'elle te concerne directement, tout en passant par une autre personne.
En fait, c'est une attitude souvent rapportée par les personnes en situation de handicap.
Il semble y avoir un document intéressant dessus, malheureusement je n'en n'ai pas trouvé de version librement accessible.
https://www.etudier.com/dissertations/I ... 81180.html
Extrait a écrit :La surdité de Stéphanie ne l’empêche nullement de participer aux conversations. Elle mène sa vie professionnelle en toute autonomie. Pourtant, lors d’un repas de famille,c’est à sa mère que les questions sont posées: "Alors, que devient Stéphanie? Et son travail?"
Re: « Est-ce que ton mari prendra un café ? »
Posté : jeudi 28 juin 2018 à 22:57
par Tugdual
Je pense qu'il ne faut pas y voir systématiquement de la malveillance,
mais plus souvent de la peur : peur de l'inconnu (cette étrangeté qui
transparaît), ou encore peur de mal faire (un excès de bienveillance ?) ...
J'ai souvent vu tout ça, avec mon frère X-Fragile. Comme l'a fait Lilas,
le mieux est de montrer l'exemple (soi-même ou l'entourage) de façon
à doucement montrer que ces peurs n'ont pas de raison d'être ...
Re: « Est-ce que ton mari prendra un café ? »
Posté : vendredi 29 juin 2018 à 8:56
par TiZ
lepton a écrit : Ils commençaient à chercher sur internet, alors je suis intervenu pour répondre. Et j’ai vraiment eu l’impression de déranger... (la fameuse seconde de flottement qui suit une intervention déplacée, c'est un signe... ).
Ça m'est aussi arrivé plusieurs fois, dont une il n'y a pas si longtemps : J'étais à la salle de sport, dans une salle à l'étage où nous étions 4 (une personne qui faisait des exercices en étant coachée, un autre coach qui profitait du fait qu'il y ait peu de monde pour s’entraîner, et moi). Le coach qui s’entraînait a voulu mettre sa propre musique avec son téléphone, en le branchant sur la petite console son de la salle, mais aucun son ne sortait. Il a essayé plusieurs fois, puis a demandé à sa collègue qui coachait une personne, à cette personne, mais pas à moi. Je les regardais faire, puis quand ils ont commencé à "abandonner", je suis allée voir et il m'a dit "tu sais faire ?", j'ai répondu que j'allais regarder, et j'ai finalement trouvé d'où venait le problème. Ils m'ont remerciée, mais je crois qu'ils se sont retrouvés un peu cons

Re: « Est-ce que ton mari prendra un café ? »
Posté : vendredi 29 juin 2018 à 10:47
par camille-madeleine
Lorsque j'étais avec mes parents (j'ai vécu chez eux jusqu'à 22 ans) c'était toujours le cas. Comme je n'avais rien connu d'autre, cela me semblait normal. En conséquence j'ai certainement reproduit cela lorsque les parents accompagnaient les enfants, il faudra que je me surveille lorsque l'occasion se produira.
Je participe à deux autres forums sur des thématiques complètement différentes et je m'aperçois que souvent * personne ne rebondit sur ce que j'écris dans une conversation. Est-ce parce que je communique souvent lorsqu'il est trop tard, les gens sont passés à autre chose.
*il faudrait que je vérifie que le pourcentage est significatif
Re: « Est-ce que ton mari prendra un café ? »
Posté : vendredi 29 juin 2018 à 12:59
par Freija
Bonjour,
Je ne suis pas diagnostiquée, mais je retrouve chez moi, quelques éléments similaires évoqués ici.
Contrairement à mon compagnon, les autres ne me disent rien en face, donc je pensais par défaut que "tout allait bien entre les autres et moi" et cela, je l'ai assumé jusqu'à ce que mon compagnon me spécifie un jour que la belle famille parlerait dans mon dos. Celui-ci s'est même dit "surpris" quant au fait que je ne m'en rendais pas compte, alors je l'ai appris tardivement (cela se chiffre en années). Ainsi, s'il ne me rapportait pas tout ce qui se disait sous mon dos, je n'aurais jamais sû ce que pensait la belle famille. Je me pensais courtoise parce que je n'ai jamais insulté, je rendais service quand on me sollicitait, mais la communication est bien plus compliquée.
Mon compagnon m'a expliqué que c'était (entre autres et surtout) parce "qu'on craignait de me déranger", j'ai réfléchi sur cela : il m'est aussi déjà arrivé de ne pas comprendre qu'on s'adressait à moi, si on n'utilisait pas mon prénom.
Depuis que les autres savent qu'il leur faut utiliser mon prénom quand ils s'adressent à moi, j'ai moins de difficultés à savoir si je suis le destinataire des propos. Le bénéfice secondaire, c'est que je ne réponde plus quand ce n'est pas à moi qu'on s'adresse, ce qui évite de vexer la personne qui est "initialement" sensée répondre.
Avant chaque rencontre avec la belle famille, mon compagnon me "brieffe" pour pas que "je froisse ma belle mère", je l'écoute attentivement parce qu'il sait mieux que moi. Je considère que c'est dans mon intérêt : il y a des choses que je ne vois pas parce que je ne sais pas exactement ce qu'on attend de moi. Je continue à me tromper mais je fais moins de bourdes.
Certaines personnes peuvent être offensées par des propos qui n'en offenseraient pas d'autres et c'est un peu le problème.
Mon avis est que de se rappeler de tout est fatigant et je pense que c'est une bonne idée que d'éviter / décliner les rencontres quand l'état de fatigue est conséquent.