Je vous ai parlé des bases de cet art, des genres et techniques.
A cela s'ajoute des suppléments que je pourrais comparer au vernis que l' on ajoute à une toile , mais c'est tout de même différent :
Le Wet-folding ou pliage humide :
Le pliage humide est une technique à priori développée par Akira Yoshizawa qui utilisa de l'eau pour humidifier le papier afin de pouvoir le manipuler plus aisément. Ce processus amène un aspect sculptural à l'origami, qui est à la base purement géométrique. On emploie habituellement un papier plus épais pour s'assurer que le papier ne se déchire pas.
Éric Joisel, un grand utilisateur de la technique de pliage en « wet-folding », essentiellement au départ lors de sa période « Masque », utilisera également se qu’il appellera le « faux « wet-folding » , c'est-à-dire plier sans humidifier le papier mais une fois le modèle fini, l’ immobiliser à grand renfort d’ épingles, puis vaporiser l’eau sur celui-ci et passer au sèche cheveux .
Le processus de pliage humide permet à un modèle de conserver une forme incurvée plus facilement. Il réduit également les « faux plis » de manière substantielle. Finalement, le pliage humide permet une rigidité une fois le modèle sec.
Toute la difficulté de la méthode réside dans la maîtrise de l’apport d’eau, fonction de la connaissance « tactile du papier » et bien sûr du modèle à plier.
Les méthodes utilisées pour ce faire sont essentiellement :
-L’éponge ou assimilé pour application direct sur le papier
-Le vaporisateur d’eau pour pulvérisation
Ma réflexion :
Dans tout domaine, plus on travaille, plus on s’améliore. Nous autres plieurs gagnons en expérience après avoir passer beaucoup de temps à plier.
Mais qu’est ce que l’on améliore ?
On remarque que ce n’est pas seulement nos connaissances techniques mais également notre sensation du toucher. C’est effectivement la main qui est en contact permanent avec la feuille et c’est exactement ce contact privilégié avec la matière qui devient plus sensible, qui s’affine.
Alors pourquoi ne pas faire de même avec le « wet-folding » ?
En effet, lors de l’utilisation d’une éponge ou d’un vaporisateur, pas de contact avec la feuille, alors comment pouvons nous déterminer ci celle-ci a suffisamment ou pas d’eau, afin d’obtenir la souplesse et tenue nécessaire à la réalisation du modèle ?
Lorsque j’ai compris pour ma part l’importance de ce contact privilégié, j’ai commencé à utiliser un bol d’eau afin de mouiller suffisamment mes mains pour humidifier la feuille en contact direct, cela permet ainsi de maîtriser le processus, et puisque en contact direct, on peut élever la feuille du support (table …), et ainsi ressentir la souplesse et tenue recherchée.
De la même manière, durant l’avancée dans les étapes de pliage, puisqu’en contact direct, on peut ressentir le besoin de la feuille à l’instant « T » et au besoin ré-humidifier les mains si nécessaire et appliquer à l’endroit désiré, ainsi la maîtrise est totale que ce soit en apport d’eau autant qu’à l’endroit requis.
On pourra éventuellement se détourner du chemin et revenir à ces 2 solutions :
J'ai beaucoup plié en wet-folding ces dernières années :
"Solitude" : papier "peau d'éléphant 110g
La vague d' Hokusai : contre-collé papier lokta 220g (beau placement des couleurs)