AlexKain a écrit : ↑vendredi 10 mai 2019 à 0:51
Même si, comme je le disais, ça fait quelques temps que je n'écris plus du tout de toute façon. Je ne sais pas si je retrouverais cette envie.
Je ne pense pas que ça disparaisse : ça reste en sommeil, et ça continue sous la surface. Si tu te remets à écrire, tu verras que ça a évolué pendant tout ce temps.
Peut-être aussi que des formes d'écriture différentes correspondent à des périodes différentes dans la vie. C'est peut-être la poésie qui n'est plus ton truc, ou qui ne pourrait plus t'apporter ce que ça t'a apporté à un moment de ta vie.
Je commence à comprendre que l'écriture de poèmes est liée à des personnes précises, comme si j'avais besoin de continuer à leur parler dans ma tête, c'est lié à la souffrance au départ (rupture, abandon, silence, sentiment d'injustice, d'incompréhension), et un moyen de traverser cette épreuve et d'en faire quelque chose (une catharsis). C'est sans doute la raison pour laquelle je n'ai pas envie de les faire lire, sauf ceux qui tendent vers l'apaisement, la fin du "conflit", qui sont donc plus positifs. Il arrive que des poèmes soient du genre "je suis née dans un camp, le crématoire crache ses flammes au-dessus de ma tête..." Sérieusement, je ne vais pas faire lire ça ! D'ailleurs, ce sont les tout derniers, et je n'en ai fait lire aucun.
Avec le temps, je finis par être capable de considérer le "produit fini" en oubliant les gens, mais je te parle de 25 ans plus tard.
En fait, je me demande même parfois si c'est vraiment mon truc, l'écriture, car même pour la fiction, ce que j'aime c'est les recherches. J'y pense tout le temps, mais je n'éprouve que rarement le véritable besoin de passer à l'acte. Et pourtant, quand je le fais, ça me fait du bien, mais seulement l'écriture courte (sorte de contes).
L'écriture intime type journal, je ne la considère même pas comme de l'écriture, et je déteste me relire dans ce domaine. Je ne garde même pas mes cahiers, je les envoie à l'APA (Association pour l'Autobiographie), qui les anonymise, pour qu'ils servent aux gens qui font des sujets d'étude là-dessus.
L'écriture, il faut que ce soit comme la cuisine : tu prends plein d'ingrédients différents, tu les "travailles" (épluches, coupes), bref tu "agis dessus", tu en fais autre chose. Il n'y a que comme ça que ça me "sert".
J'aime bien aussi me créer des contraintes : je me suis amusée à tirer une carte du jeu Dixit au hasard, et de faire un parallèle avec ce que je percevais de ma vie ce jour-là, puis écrire un poème. C'est intéressant, et moins personnel, ça pourrait être lu. J'ai arrêté, mais je vais peut-être reprendre par ce biais.
C'est un aspect que je dois travailler, je ne comprends pas mon fonctionnement.