Bonjour à vous,
On m'a parlé de ce sujet et après vous avoir lu j'avais aussi envie d'apporter mon vécu sur la question de l'écriture
C'est quelque chose qui est venu tôt chez moi (mon premier souvenir est d’avoir écrit une mini-nouvelle d’horreur quand j’avais 8 - 9 ans) et n'a jamais arrêté de revenir et repartir ; toujours en laissant quelques traces et aspirations diffuses, un peu comme un poids à l'intérieur qui n'arrive pas à sortir.
Ça m’a souvent amené à me questionner sur le fait de savoir si je n’avais pas encore trouvé le « bon » mode d’expression ou si j’étais simplement fait pour écrire dans la frustration.
Parce que je crois que, paradoxalement, je n’aime pas écrire. M’y mettre est extrêmement complexe, je ne prends pas un grand plaisir à le faire et encore moins à me relire et affiner (je suis plutôt dans l’optique de « plus vite ça sort plus vite je passe à autre chose »).
Pour aller plus loin dans la contradiction être lu ne m’est pas agréable, voire même carrément désagréable parfois, mais si ce que j’écris n’a pas pour visée d’être lu (ou juste diffusé) je n'arrive pas à écrire.
Et si je n'écris pas, je sens que quelque chose "ne va pas". J'ai besoin d'être dans une sorte d'émulation créatrice. J’ai souvent compensé différemment, par le biais de relations e-épistolaires notamment.
Par moment j’ai essayé de créer des univers, répondre à des appels à textes... la période la plus notable étant vers mai - août 2017, où j’ai dû écrire une vingtaine de participations sur un laps de temps assez court, dans des styles et formes différentes : fantasy, sf, fantastique, poésie en prose et en vers (et contre tout ; mes excuses, je n'ai pas pu ne pas la faire).
J’ai d’ailleurs ressentis à ces moments, durant l’élaboration des nouvelles (pour lesquelles je n’avais pour ainsi dire jamais de plan, plutôt une sensation de départ, un concept et une toile qui s’élaborait au fur et à mesure) une sorte de rencontre avec moi ou des thématiques sous-jacentes et omniprésentes dans ma vie s’invitaient dans le texte par des formes très détournées. On m'a d'ailleurs souvent pointé, positivement, que mes textes étaient courts mais à plusieurs niveaux de lecture. Ce qui est venu plutôt naturellement.
Par moment aussi j’ai eu l’envie d'écrire sur des univers imaginaires, comme de travailler aux cohérences historiques et conceptuelles de jdr amateurs.
D’autres où je me suis longuement interrogé sur le fait de créer un blog, pour parler notamment de perception du monde et de ressentis (en essayant d’adapter la forme des phrases aux ressentis plus qu’en en explicitant le fond).
J’ai bien perçu qu’il m’était difficile d’écrire pour être publié : au-delà d’un style perfectible (parce que ça peut toujours se travailler) il y a surtout que l’attente d’un éventuel public contraste beaucoup trop avec mon mode d’expression.
On m’a souvent reproché ça de ne pas assez détailler l’Univers, qu’il était incohérent alors qu’en fait chaque exemple qu’on m’opposait était réfutable, je les avais pensé, je n’en avais juste pas donné tous les indices car le prisme de mon texte était le ressentis émotionnel. Ou que le style ne détaillait pas assez l’histoire alors que mon objectif de base était de faire tenir un univers entier en très peu de signe.
Bref, un rapport composite et un peu compliqué à interpréter pour moi, et surtout un peu exclusif : j'ai du mal à avoir envie de travailler plus qu'une approche (je vais souvent choisir entre l'émotion ou l'univers par exemple, les deux à la fois c'est compliqué).
Et aussi la compréhension que les lecteurices ont une attente typée qui ne s'embarrasse pas de l’intention de l’auteurice (ce qui se comprends, mais ce qui n’est pas forcément évident à percevoir, quand on écrit).
Il y a une sorte d'injustice vécue à recevoir un "tu devrais travailler si" plutôt que "je n'aime pas ce que tu as voulu transmettre" (ou toute autre variante, comme le fait que ça ne rentre pas dans une ligne éditoriale). C'est quelque chose qui m'a beaucoup heurté sur le moment et que je comprends mieux maintenant.
Bref, c'est un sujet complexe chez moi et je ne sais pas trop encore comment et si je dois évoluer dessus. Mais vous lire m'a donné beaucoup de pistes et permis déjà de poser cette réflexion sur mon rapport avec l'écriture, alors merci
