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Re: L'empathie

Posté : mercredi 23 mai 2018 à 10:12
par Benoit
Percevoir /= Comprendre.

Re: L'empathie

Posté : mercredi 23 mai 2018 à 10:26
par Meddio
Il me semble que - en tout cas dans la littérature - l'auteur a envie de bien se faire comprendre et parsème son second degré de signes clairs. A titre d'exemple : trop d'emphase ou trop d'insistance apparaît concrètement dans le texte par des marques textuelles et, par contraste avec le reste, sont des signes révélateurs du second degré.

A l'oral, ces marques sont plus subtiles et on n'est pas focalisé sur le texte. D'ailleurs, il me semble qu'à l'oral, le second degré n'apparaît pas forcément "dans le texte" (dans le script des mots dits) mais plutôt dans les hauteurs de voix, dans une expression du visage.

Re: L'empathie

Posté : mercredi 23 mai 2018 à 10:34
par freeshost
lulamae, l'humour avec ton frère passerait très mal avec certaines personnes autistes que je connais et qui sont peu fans ou aguerries du second degré, d'autant plus si celui-ci se voit rajoutée une touche de trash.

D'ailleurs, on a déjà eu un épisode sur Slack (une application meilleure que Whatsapp :mrgreen: ). Une autre personne autiste et moi blaguions (sur les prisons américaines et "Tu veux y aller ?"). Une troisième personne autiste, à qui je ne m'adressais pas, s'est insurgée. Le ton est monté. Et ça m'avait amené à ouvrir cette discussion.

Ça peut être rendu encore plus problématique avec des personnes qui ont tendance "à le prendre perso'" (à se sentir visées alors qu'elles ne le sont pas) ou qui sont susceptibles ("j'te charrie" :mrgreen: ).

Re: L'empathie

Posté : mercredi 23 mai 2018 à 12:28
par lulamae
freeshost a écrit :lulamae, l'humour avec ton frère passerait très mal avec certaines personnes autistes que je connais et qui sont peu fans ou aguerries du second degré, d'autant plus si celui-ci se voit rajoutée une touche de trash.

D'ailleurs, on a déjà eu un épisode sur Slack (une application meilleure que Whatsapp :mrgreen: ). Une autre personne autiste et moi blaguions (sur les prisons américaines et "Tu veux y aller ?"). Une troisième personne autiste, à qui je ne m'adressais pas, s'est insurgée. Le ton est monté. Et ça m'avait amené à ouvrir cette discussion.

Ça peut être rendu encore plus problématique avec des personnes qui ont tendance "à le prendre perso'" (à se sentir visées alors qu'elles ne le sont pas) ou qui sont susceptibles ("j'te charrie" :mrgreen: ).
Je l'ai mis en spoiler, car je ne suis pas sûre du tout qu'il ne choque pas. Il faut une certaine complicité pour pratiquer ce type d'humour. Comme disait Pierre Desproges "on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde."
Mon frère est du genre à dire qu'il va poser des bombes (au boulot, dans le métro), et à côté de ça il est foncièrement gentil. Je suis rassurée également sur le fait que ce soit de l'humour, parce que je le connais, je l'ai "vu à l'usage". Sinon, peut-être que je le prendrais pour un dangereux psychopathe !

C'est drôle ta dernière phrase, parce que je suis très susceptible ! Il m'est arrivé de ne pas apprécier du tout qu'on me charrie (sauf de rares personnes de qui je l'accepte). Je suis capable de rire de moi avec quelqu'un... si c'est moi qui le fais. :roll:

Re: L'empathie

Posté : mercredi 23 mai 2018 à 12:36
par freeshost
Vive l'auto-dérision. :mrgreen:

Ça manque à une ère où beaucoup de personnes se soucient trop de leur apparence, de leur réputation.

Re: L'empathie

Posté : mercredi 23 mai 2018 à 12:39
par lulamae
hazufel a écrit :Une étude parue dans Science l'évoquait également (parmi d’autres encore) Littérature, empathie et intelligence émotionnelle.

Je pense que ce sont les livres qui m’ont le plus appris en matière d’échanges, de relations humaines, ces études ne m’étonnent pas du tout.
Je pensais à Dostoïevski en lisant ton post, j'ai lu l'article et...
Nicolas Gary a écrit : Ainsi, un auteur comme Dostoïevski, brosse le tableau de personnages multiples, qui représentent autant de vision de la réalité, multipliant les points de vue, autant que les motivations et les interactions. Aucun d'entre eux n'a plus de valeur que les autres, et tous sont faillibles, mais dans cette dialectique, le lecteur est soumis aux aléas des focalisations proposées : il expérimente la vie - l'avis - de chacun, adoptant tour à tour leurs positions.
Bingo ! :lol:

En revanche, l'article cite Joyce comme rebutant : j'ai lu Ulysses intégralement l'an dernier, je n'ai pas tout compris, mais j'ai aimé.

Re: L'empathie

Posté : mercredi 23 mai 2018 à 12:43
par lulamae
freeshost a écrit :Vive l'auto-dérision. :mrgreen:

Ça manque à une ère où beaucoup de personnes se soucient trop de leur apparence, de leur réputation.
Oui, mais si tu as du mal quand ça vient d'autres personnes, c'est douteux, non ?

En fait, si j'ai confiance dans les intentions de la personne, je le prends bien, ça me fait même beaucoup rire, mais si je suis méfiante, je prends ça pour "balancer une vacherie sous couvert d'humour" et ça me rend d'humeur plutôt sombre. Je fais carrément la gueule dans ce cas.
Ca témoigne quand même de... comment je vais appeler ça ? un "narcissisme à géométrie variable" ? Tantôt je m'en fiche totalement, tantôt je prends la mouche.

Re: L'empathie

Posté : mercredi 23 mai 2018 à 12:50
par freeshost
Si c'est toujours avec les mêmes personnes, que je sais qu'elles rient de tout le monde, je m'y habitue. :lol:

Si ça vient de personnes que je connais peu, avec lesquelles j'ai peu de relations, je peux éventuellement moins bien le prendre, mais je vais vite en faire abstraction, continuer mon chemin, me changer les idées, ne pas me montrer attaqué/émotionné, jouer l'indifférence. :mrgreen:

Re: L'empathie

Posté : mercredi 23 mai 2018 à 13:36
par Anahata
Salut Lulamae, j'ai la même réaction que toi :) narcissisme à géométrie variable mdr.
C'est fou ce que je suis capable d'entendre des fois (avec le recul je me dis ouahh t'as fait des progrès mdr) alors qu'en fait la clé du mystère c'est d'être bien avec la personne.

Re: L'empathie

Posté : mercredi 23 mai 2018 à 16:56
par lulamae
Anahata a écrit :Salut Lulamae, j'ai la même réaction que toi :) narcissisme à géométrie variable mdr.
C'est fou ce que je suis capable d'entendre des fois (avec le recul je me dis ouahh t'as fait des progrès mdr) alors qu'en fait la clé du mystère c'est d'être bien avec la personne.
Oui, je crois que c'est la clé aussi. :D

Re: L'empathie

Posté : mercredi 23 mai 2018 à 18:13
par Siobhan
lulamae a écrit :
hazufel a écrit :Une étude parue dans Science l'évoquait également (parmi d’autres encore) Littérature, empathie et intelligence émotionnelle.

Je pense que ce sont les livres qui m’ont le plus appris en matière d’échanges, de relations humaines, ces études ne m’étonnent pas du tout.
Je pensais à Dostoïevski en lisant ton post, j'ai lu l'article et...
Nicolas Gary a écrit : Ainsi, un auteur comme Dostoïevski, brosse le tableau de personnages multiples, qui représentent autant de vision de la réalité, multipliant les points de vue, autant que les motivations et les interactions. Aucun d'entre eux n'a plus de valeur que les autres, et tous sont faillibles, mais dans cette dialectique, le lecteur est soumis aux aléas des focalisations proposées : il expérimente la vie - l'avis - de chacun, adoptant tour à tour leurs positions.
Bingo ! :lol:

En revanche, l'article cite Joyce comme rebutant : j'ai lu Ulysses intégralement l'an dernier, je n'ai pas tout compris, mais j'ai aimé.

Je n'ai jamais lu "l'idiot", mais c'est un roman qui m'intrigue depuis un certain temps, et sur lequel j'aime bien lire des articles ou entendre des interviews.

Et oui, pour moi l'excellente littérature c'est aussi ça : une forme d'humanité impartiale dans l'écriture, terrible mais aussi très bienveillante par la même occasion.

Re: L'empathie

Posté : mercredi 23 mai 2018 à 20:01
par lulamae
MudBloodKnowItAll a écrit : Je n'ai jamais lu "l'idiot", mais c'est un roman qui m'intrigue depuis un certain temps, et sur lequel j'aime bien lire des articles ou entendre des interviews.

Et oui, pour moi l'excellente littérature c'est aussi ça : une forme d'humanité impartiale dans l'écriture, terrible mais aussi très bienveillante par la même occasion.
Il faut que je le relise : je n'en ai malheureusement plus qu'un vague souvenir, je l'ai lu à 17 ans. J'ai le souvenir de l'avoir lu comme s'il me donnait physiquement la fièvre. Le Journal de Kafka m'a fait le même effet, et ensuite j'ai toujours eu envie de m'y replonger et peur en même temps.
Pour moi, ce que tu décris = c'est ça les classiques ! :) L'alternance de points de vue (focalisation interne de plusieurs personnages et narrateur omniscient permet cela), je trouve que cela correspond bien aux auteurs du XIXe s.

Re: L'empathie

Posté : jeudi 7 juin 2018 à 7:55
par pédeuceu
jhgfdfghjklm

Re: L'empathie

Posté : jeudi 7 juin 2018 à 8:42
par hazufel
Les autistes ont des difficultés à percevoir, comprendre et exprimer les émotions des autres et les leurs.
Ça ne veut absolument pas dire qu’ils ne sont pas capables de souffrir en voyant la douleur de l’autre.
La difficulté de perception et d’expression n’a rien à voir avec l’existence de l’émotion. Elle est difficile à identifier, à analyser, à comprendre, à exprimer, mais elle est pourtant souvent très envahissante. D’où les difficultés de gestion d’émotions.
Le test de EQ mesure la capacité de perception, de reconnaissance et d’expression de l’émotion et de l’empathie.

« Pour une femme » parce qu’il est communément accepté que les femmes seraient plus empathiques que les hommes. Mais là aussi, il faut distinguer l’empathie cognitive et émotionnelle et si les femmes sont sans doute plus expressives dans l’émotionnelle, ça ne veut pas dire que les hommes n’éprouvent pas la cognitive, voire l'émotionnelle sans le montrer, chez beaucoup d’entre eux.
Et pour beaucoup de gens, ce qui ne se voit / dit pas, n’existe pas.
Et que de fait, les barèmes du test sont différents H/ F (merci Olivier, j’avais bien le tableau en tête en plus)

Re: L'empathie

Posté : jeudi 7 juin 2018 à 8:42
par olivierfh
pédeuceu a écrit :La psy m'a dit que j'avais un quotient empathique très bas pour une femme.
Ça fait partie de tests avec un seuil différent pour homme et femme.