Pour rappel historique de l’autisme :
Histoire de l’autisme.
De fait, il n’y a jamais eu d’autisme de Kanner dans aucune classification. Les travaux de Léo Kanner ont servi à la dénomination de la classification d’autisme infantile, présent dans la CIM10 et le DSM4.
Il n’est pas fait mention de niveau intellectuel dans ses travaux, il y avait dans son groupe des enfants avec des QI faibles, d’autres avec des QI élevés.
Il a été un de ceux qui ont rapporté que l’autisme était présent avant les trois ans de l’enfant, et que des particularités de communication et de comportements répétitifs étaient présents (difficultés aux changements).
Il définit ainsi l’autisme tel qu’il est encore indiqué dans les classifications.
On apposait dans le DSM4 l’autisme et le syndrome d’Asperger. La frontière n’a jamais été bien claire, il était parfois question du langage mais ce fut insuffisamment clair pour perdurer, d’où l’actuelle classification de TSA.
Dans le fonctionnement cognitif, Mottron indique les pics de fonctionnement verbal chez les Asperger et un aux cubes dans l’IRP chez les autistes.
Il mentionne les creux dans la partie compréhension.
Pour lui, cette configuration en pics et creux et caractéristique de l’autisme (p133 de
l’Autisme une autre intelligence) mais ce n’est pas non plus une généralité, ce sont des cas trouvés souvent mais c’est surtout l’ensemble de la passation du bilan qui peut permettre d’aider au diagnostic.
Les observations sont aussi importantes que les scores (voire davantage).
Enfin, l’autisme syndromique / prototypique est une notion apportée par Mottron mais qui ne fait pas consensus actuellement.
Pour ce qui est des résultats de QI, tels que mentionnés par Space :
Pour mémoire :
voici une citation de Michèle Mazeau, Médecin de rééducation, spécialiste des troubles du développement cognitif chez l'enfant, en particulier les dys- et troubles spécifiques des apprentissages.
(Note : Ça vaut aussi pour les adultes)
Elle est notamment l’auteur de
conduite du bilan neuro psychologique chez l’enfant, dont voici un passage l'expliquant :
« Il faut distinguer deux fonctions distinctes et complémentaires de l’évaluation psychométrique à l’aide des échelles de Wechsler:
– fonder la différence entre retard psycho-intellectuel (déficience mentale) et trouble cognitif (ou trouble d’apprentissage) spécifique ;
- Orienter le bilan neuropsychologique (d’où leur valeur de tests de « débrouillage »).
Au préalable, étant donné l’importance centrale de la notion d’homogénéité ou d’hétérogénéité des résultats obtenus par l’enfant aux différents sub-tests, il convient d’insister sur le niveau auquel ces différences sont significatives.
De minimes hétérogénéités de performances dans les différents sub-tests, chez un même sujet, peuvent ne refléter que des talents plus ou moins développés selon le type de tâche. Du moins, si les différences entre sub-tests ou entre échelles restent comprises dans les limites de la norme. On rappelle que, dans les tests multi-tâches, l’écart-type à la moyenne (100) est de 15 points: en deçà, la différence n’est pas significative.
Par ailleurs, une différence, même significative, peut être normalement assez répandue dans une population « tout-venant ».
Ainsi Grégoire (1992), retrouve une différence de 15 points entre le QI-verbal et le QI de performance (WISC-R, WISC-III) chez plus du quart des enfants tout-venant, et environ 1 enfant sur 10 a plus de 20 points d’écart entre les deux échelles: ces différences doivent donc être interprétées très prudemment, à la lumière d’autres indices, en particulier qualitatifs.
C’est pourquoi il faut être rigoureux et s’en tenir au seuil de significativité adopté pour définir la limite de la pathologie, à savoir 2 écarts-types. À ce seuil en effet, on ne trouve plus que 3 % des enfants tout-venant qui présentent plus de 30 points d’écart entre QI-V et QI-P (dont 1 % a plus de 35 points de différence).
Il faut donc disposer de plusieurs tests composites et de différents tests mono-tâche: les échelles de Wechsler, sauf cas tout à fait exceptionnel, seront proposées en première intention, puis les autres tests ou épreuves seront proposés en fonction d’un arbre logique dépendant des symptômes de l’enfant, des plaintes explicites, des questions qui naissent au fur et à mesure que se précise la connais- sance de l’enfant.
Enfin, c’est seulement lorsqu’il n’y a pas d’hétérogénéités notables que le calcul des scores des différentes échelles et qu’un QI d’échelle (ou des scores d’indices) peuvent avoir une signification. »
Donc l’hétérogénéité est assez répandue, mais le professionnel menant le bilan doit analyser tous les types d'écart, leurs valeurs, distinguer si elles sont significatives et ensuite donner des pistes, pour des explorations plus poussées dans certains domaines (orthoptie / psychomotricité / ergotherapeute, etc) s’il y a des difficultés prégnantes et seulement dans ce cas là.
Donc, une hétérogénéité particulière et prégnante existe à au moins deux écarts types (soit 30 points)
Ce n’est pas le cas de tes résultats Space.
Les pics d’habileté sont mentionnés par ces grandes différences habituellement.
Pour terminer avec Temple Grandin, j’invite à lire ses ouvrages et ceux où elle explique son mode de communication
(
décoder les mystères de la vie en société), pour comprendre combien elle est extrêmement complexe et qu’à part elle, je ne vois pas qui pourrait s’y comparer.
Son enfance fut loin d’être invisible, et tout son fonctionnement est particulier.
Elle a une pensée en image, ce qui arrive à des personnes autistes comme des non autistes.
Des autistes n’ont pas du tout ce mode de fonctionnement.
Qu’on puisse dire qu’on a une pensée une image je le conçois, mais se comparer à Temple Grandin, là je ne comprends absolument pas.