Bonsoir Dehlynah,
Moi, ce que vous décrivez me parle tout à fait... Je pense que la difficulté que vous relatez est due essentiellement à la génération.
Pour ma part, du fait de l'âge de mes parents et de leur "structure intellectuelle", je ne leur ai pas dit... Ils sont désormais âgés, 88 et 85 ans. Je suis fille unique et ils ont perdu ma soeur aînée, que je n'ai pas connue. Bien avant de connaître ma condition, j'avais fait un épuisement professionnel, il s'avère, avec le recul, que c'était un épuisement autistique. Je ne leur ai pas dit, à l'époque, que j'étais arrêtée et ils ne se sont rendu compte de rien. L'éducation qui m'a été donnée est : "marche ou crève". Comme vous, seule est reconnue la maladie physique. Quelque temps après cet épuisement, une fois que j'ai quitté le poste en question, je leur ai expliqué que j'avais fait une dépression. C'est complètement passé au dessus de ma mère, état visible à son regard, elle a décroché quant à mon père, du fait de sa réaction, j'ai réalisé qu'il ne comprenait pas... Pourtant, il n'est pas stupide, loin de là. Je pense même qu'il est, lui aussi, concerné pas le TSA à tendance asperger, car je suis son clone... mais il ne le saura jamais, trop compliqué. Déjà, leur dire que je suis suivie par un psychiatre, inenvisageable.
J'ai dû, pourtant leur expliquer, ce que c'est que le TSA à tendance asperger car j'ai un petit-cousin, du côté de ma mère, qui est concerné et ils l'ont appris, fortuitement. Pour eux, il est "malade", pas "normal", c'est bien triste. J'ai eu beau leur répéter plusieurs fois que ce n'était pas une maladie mais un trouble neuro-développemental du cerveau, il n'y a rien eu à faire... J'étais tellement précise dans mes explications que je me suis demandé si je n'allais pas m'entendre posé la question suivante : "Comment se fait-il que tu en connais autant sur le sujet ?" et comment alors, j'allais répondre... Mais cela ne s'est pas présenté...
Mon interrogation du moment est que j'attends la réponse de la CAF concernant l'attribution ou pas de l'AAH, partie financière... Si elle m'est attribuée, je ne serai plus tenue de chercher du travail aussi "énergiquement". Un jour ou l'autre, je pense que la question va m'être posée par mon père sur "de quoi je vis ?". Comment lui répondre au regard de ce que j'ai écrit précédemment. Si je leur dis la vérité, je vais les accabler, les faire culpabiliser, ce sera douloureux pour eux comme pour moi et je ne veux pas leur mentir...
C'est compliqué...
Dehlynah a écrit : ↑jeudi 31 décembre 2020 à 18:12
mmmmh compliqué ...Mes parents n'ont pas "intégré" le diagnostique, trop compliqué pour eux, même s'ils ont montré une assez bonne volonté pour y participer ( je leur ai parlé de l'importance pour moi de comprendre mon fonctionnement, mais bon ils ont vécu d'après un seul paradigme soit " D. a un sale caractère" mon père a été honnête et m'a dit qu'ils avaient tout mis sur le dos de ce sale caractère - j'imagine que c'est trop difficile pour eux - en terme intellectuel même - de se reprogrammer en fonction de nouvelles données) - mon frère oui, mais lui a aussi fait beaucoup de recherches et il y a de fortes " chances" qu'il soit aussi autiste, on se comprend bien même si on est très différents, il m'aide pas mal niveau organisation - à distance - je lui dis que j'arrive pas à faire un truc - il me donne les étapes à effectuer, il me coache un peu en fait.
Mes parents sont pas mal dans le déni - ils ne reconnaissent ma fatigue que lorsque j'ai un truc physique et que je me retrouve à l'hosto ou comme cette semaine avec mon infection pulmonaire, bon là j'ai le droit d'être fatiguée lol
Quand plus jeune j'ai été à l'hosto pour une grave dépression, bah pour eux c'était du pipeau...
Je sais pas si ça te parle?