Bonjour à tous !
Voilà, j'ai officiellement fini ce mémoire que j'ai soutenu il y a peu. Un grand merci à vous tous pour vos remarques et votre participation. Le mémoire a été apprécié par mes enseignant et je vous le dois en partie
Avant tout,
@Space, je te comprends et je trouve ça extrêmement frustrant également ! Malheureusement c'est un test psychologique utilisé par des professionnels. Je n'ai pas le droit d'en partager les données... Si jamais, il est édité par
Pearson, on peut retrouver des explications générales sur le test. Il existe beaucoup de versions, malheureusement, j'ai eu beaucoup de mal à trouver des articles sur celle utilisée pour ce mémoire. En revanche, je peux te conseiller quelques
articles (si cela t'intéresse bien sûr) sur l'analyse d'erreur. Beaucoup s'attardent sur les SPM mais ce sont les APM qui sont utilisées dans ce mémoire (pour adultes). Mais l'analyse permet de comprendre les logiques à utiliser, les principes sont similaires. Cela peut t'aider à comprendre le fonctionnement de chacune (petit post
ici également) ! Je suis désolée de ne pas pouvoir fournir un feed-back clair, mais c'est hors la loi, ce test ne m'appartient pas.
Résultats du mémoire
L'objectif était de :
- Comparer les particularités de profil sensoriel chez les personnes avec ou sans autisme chez l'adulte ;
- Comparer les capacités de reconnaissance des émotions pour ces mêmes groupes dans deux conditions différentes, à savoir statique (les photos) et dynamiques (les vidéos) ;
- Vérifier l'existence d'un lien entre profil sensoriel et reconnaissance des émotions, voire même, vérifier si les particularités sensorielles ne pourraient pas interférer avec les capacités de reconnaissance des émotions
Contexte :
Pourquoi ces objectifs ? En faisant des recherches sur les émotions, je me suis rendue compte que, finalement, beaucoup d'études s'attardent sur les enfants et un peu moins sur l'adulte. Pourtant, en grandissant, les apprentissages ou stratégies de compensations font qu'il peut exister des différences concernant les difficultés retrouvées chez l'enfant. Les particularités sensorielles sont reconnues comme critère de diagnostique du TSA (depuis 2013 avec le DSM 5). Celles-ci impactent la façon dont on perçoit notre environnement. Chez l'enfant avec TSA, on retrouve des difficultés de reconnaissance des émotions. Mais si les particularités sensorielles interfèrent avec ce que l'on perçoit, qu'en est-il alors de la perception des émotions ? Et plus particulièrement chez l'adulte qui a pu apprendre, s'adapter et compenser ? Voilà comment j'en suis venue à réaliser cette recherche.
Mesures :
Pour cela, deux mesures de profil sensoriel ont été utilisés (j'ai choisi des auto-questionnaires, ce qui veut dire que c'est la personne elle-même qui répond. Un hétéro-questionnaire, c'est-à-dire qu'une tierce personne répond en tant qu'observateur ou proche par exemple, me paraissait limité. Le plus important reste le point de vue et ressentis de la personne elle-même, seule elle peut nous renseigner avec précision). Et ensuite deux mesures de reconnaissances des émotions (les photos et les vidéos). J'ai également mesurer le temps de réponse pour les vidéos. C'est pourquoi la présentation des réponses était montrée avant, toujours avec le même ordre de réponse (alphabétique) pour éviter d'interférer avec le temps de réponse.
A quoi servaient les matrices me direz-vous ? Tout simplement à éviter qu'une difficulté cognitive (concernant les grandes fonctions mentales) viennent impacter les résultats. En effet, si je présentais des difficultés cognitives, alors il est possible que mes capacités de reconnaissance émotionnelle soit impactées. Alors on ne pourrait pas faire de lien avec l'autisme. Il fallait donc éliminer cette éventualité.
Evidemment, aucune étude n'est parfaite (certainement pas à mon niveau

) et présente donc des limites. Par exemple ici, je n'ai mesurer que la reconnaissance des émotions faciales (mais il y a la tonalité de la voix, la posture, la congruence entre visage et voix par exemple, etc.). Il y a plusieurs autres limites, mais tout vous décrire serait un peu long
Les résultats :
- Oui, le profil sensoriel est plus atypique pour les personnes avec TSA ;
- Oui-Non. La reconnaissance des émotions est plus difficile en condition statique (photo) pour les personnes TSA, mais pas en condition dynamique (vidéo). En revanche, ce groupe met plus de temps pour répondre ;
- Entre les 4 variables (2 pour le profil sensoriel + 2 pour la reconnaissance des émotions), on ne retrouve qu'un seul lien. Si on se penche sur ce lien, le profil sensoriel pourrait prédire seulement 22% des réponses au test de reconnaissance des émotion. On ne peut pas vraiment dire qu'il y ait un lien !
Petit bonus : sachez que le groupe TSA avait des performances supérieures aux matrices que l'autre groupe ! On pouvait donc largement éliminer une interférence avec un trouble cognitif !
Ce qu'on peut en dire :
- Rien d'étonnant pour les particularités sensorielles
- Pour la reconnaissance des émotions c'est intéressant ! Il faut savoir qu'il y avait beaucoup de différence entre les personnes du même groupe (TSA). Donc l'interprétation est difficile ! Le fait que les vidéos soient mieux réussies est assez logique. Les vidéos sont plus proches du réel, c'est plus représentatif. Par contre, le temps de réponse plus long peut soit s'expliquer par autre chose (il aurait fallu que je mesure le temps partout, s'il était tout le temps plus long, alors on aurait pu dire que la durée est due à autre chose). En effet, il est possible que le temps de réponse soit plus long, du fait que les personnes avec TSA utilisent des stratégies de reconnaissance des émotions plus coûteuses et donc plus longues. Cela va dans le sens des résultats d'une autre études, qui avait utiliser l'imagerie cérébrale pour montrer que des zones différentes étaient activités dans les tâches de reconnaissances des émotions.
Conclusion : il est primordial de prendre en compte ces différences chez l'adulte. En effet, les stratégies de compensations utilisées peuvent conduire à une certaine fatigue ou pénibilité au quotidien. On ne se rend pas toujours compte des efforts que l'on fait/que les autres font. Ce n'est pas forcément conscient, mais ces efforts existent.
Evidemment, il faudrait poursuivre l'étude en considérant toutes les limites et à plus grande échelle pour pouvoir valider les résultats et pouvoir les interpréter. Mais voilà ma contribution (et la vôtre), à mon échelle. Merci infiniment à vous tous !