Re: [Index Politique] La guerre en Ukraine
Posté : lundi 12 septembre 2022 à 9:25
L’Ukraine contre-attaque :
- jusqu’où ?
Forum de l'association Asperansa
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Dans l'est de l'Ukraine, la contre-offensive de Kiev gagne du terrain, dans le nord-est tout d'abord en poussant les soldats russes vers la frontière, mais aussi dans le sud-est, dans le fameux Donbass aux mains des séparatistes pro-russes depuis huit ans. Et le Kremlin a beau feindre de croire à une retraite contrôlée de son armée dans cette région de Donetsk, une série de critiques contre Vladimir Poutine se fait entendre dans son propre pays.
« Nord Stream 1 a deux fuites au nord-est de Bornholm, Nord Stream 2 a une fuite au sud de Dueodde. Les fuites ont été découvertes par l’unité d’intervention d’interception F-16 de la Défense danoise », a en effet indiqué l’état-major des forces armées danoises. Et de préciser que des « bouillonnements allant de 200 à 1’000 mètres de diamètres » ont pu être observés.
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Évidemment, le fait que ces fuites soient survenues quasiment au même moment interroge… D’autant plus que le Réseau national sismique suédois a dit avoir enregistré deux explosions sous-marines, « très probablement dues à des détonations », peu avant la détection des fuites des gazoducs Nord Stream 1 et 2.
Si une partie des Russes s’opposent depuis le départ à l’attaque lancée contre l’Ukraine et protestent publiquement contre la mobilisation qui vient d’être décrétée, d’autres, situés très à droite sur l’échiquier politique, estiment que la Russie retient trop ses coups et prônent le passage à la vitesse supérieure.
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Si personne ou presque en Russie ne se revendique ouvertement « d’extrême droite », il n’en existe pas moins, à la droite du régime de Vladimir Poutine, une « coalition hétérogène » où l’on retrouve pêle-mêle des fondamentalistes orthodoxes, des nationalistes plus ou moins radicaux (des « nationaux-démocrates » aux néo-nazis), des milices se disant « patriotiques », des blogueurs militaires (milbloggers) et d’anciens combattants du Donbass dont la figure de proue est Igor Guirkine, dit Strelkov, brièvement « ministre de la Défense » de l’autoproclamée République populaire de Donetsk, en 2014.
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Cet assemblage de va-t-en-guerre, qui estime que le Kremlin se montre trop mou vis-à-vis du gouvernement ukrainien, devient de plus en plus audible dans la Russie d’aujourd’hui.
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À présent, les acteurs nationalistes exhortent l’État russe à aller plus loin et plus fort en Ukraine pour changer de type de guerre. Selon eux, il est temps de mettre fin à l’« opération spéciale » pour passer à la « guerre totale ».
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Se pose dès lors la question de savoir si tout cela permettra au Kremlin de canaliser le zèle belliciste croissant. Au vu de l’intensité et du maximalisme des propos des multiples chapelles de l’extrême droite russe, il est permis d’en douter : quelle que soit l’issue de la guerre d’Ukraine, la pression nationaliste risque de devenir une menace sérieuse et durable pour la stabilité intérieure de la Russie.
Une quatrième fuite a été rendue publique par les garde-côtes suédois, jeudi 29 septembre. « Il y a deux fuites côté suédois et deux fuites côté danois », a expliqué un responsable suédois à l’Agence France-Presse. Ils n’ont pas pu préciser pourquoi le signalement de cette nouvelle fuite n’a eu lieu que tardivement.
Mais les deux fuites côté suédois sont situées dans le même secteur, ont-ils précisé, sans confirmer des informations de médias suédois selon laquelle cette nouvelle fuite concerne Nord Stream 2. La Suède avait jusqu’ici rapporté une fuite au-dessus de Nord Stream 1 au nord-est de l’île de Bornholm. Le Danemark a lui confirmé une fuite sur Nord Stream 2 au sud-est de l’île, et une autre au nord-est au-dessus de Nord Stream 1.
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Après des observations troublantes de drones et au regard des soupçons concernant les fuites de Nord Stream, la Norvège, désormais principal fournisseur de gaz de l’Europe, a décidé de renforcer la sécurité autour de ses installations pétrogazières considérées comme des potentielles cibles de choix. Un sabotage similaire sur des installations norvégiennes, reliées au continent européen par un vaste réseau de pipelines, aurait des effets catastrophiques pour le continent, qui peine déjà à couvrir ses besoins en énergie à l’approche de l’hiver.
Spoiler : ▮▶ :
Les premières inspections menées cette semaine par les autorités suédoises sur le site des fuites des gazoducs Nord Stream 1 et 2 en mer Baltique « renforcent les soupçons de sabotage », a annoncé le parquet jeudi 6 octobre.
« Nous pouvons constater qu’il y a eu des détonations près de Nord Stream 1 et 2 dans la zone économique exclusive suédoise, qui ont entraîné d’importants dégâts sur les gazoducs », a déclaré le procureur spécial chargé de l’enquête côté suédois dans un communiqué. « Les inspections sur les lieux de l’incident ont renforcé les soupçons de sabotage aggravé. Des saisies [d’éléments de preuve] ont été faites sur place et vont être examinées », a ajouté Mats Ljungqvist.
L'ambassadeur Anatoly Antonov oublie néanmoins dans son outrage un détail, d'importance: le principal fournisseur d'armes de Kiev n'est nulle autre que la Russie elle-même, au point comme l'explique le Wall Street Journal d'avoir dépassé à elle seule, de la tête et des épaules, l'ensemble des pays occidentaux.
Ce fut déjà le cas lors de la contre-offensive de Kiev au printemps, et rebelote il y eut ces dernières semaines dans l'oblast de Kharkiv: en reprenant en un éclair des milliers de kilomètres carrés de territoire et en poussant les armées russes à des déroutes désordonnées, les forces ukrainiennes mettent la main sur des dizaines, des centaines de chars, véhicules blindés ou pièces d'artillerie ainsi que des tonnes de munitions, une denrée qui s'était faite rare dans le courant de l'été.
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Au total depuis le début de la guerre, Kiev aurait ainsi mis la main sur 460 chars de combat, 92 pièces d'artillerie automotrice, 448 véhicules de combat d'infanterie, 195 blindés légers et 44 lanceurs de missiles russes: c'est colossal, et c'est sans nulle doute l'un des facteurs expliquant le sensible changement de rapport de force opéré ces dernières semaines entre les deux camps.
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Beaucoup de ces armes peuvent être réutilisées contre ceux qui les ont apportées sur le champ de bataille. De conception ou de philosophie «soviétique», elles ne nécessitent pas un long apprentissage de la part des militaires ukrainiens, habitués au fonctionnement de ces types de matériel.