Re: TSA et HPI : la convergence de deux spectres ?
Posté : mercredi 20 avril 2022 à 7:43
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Cela m'a vraiment intéressée de passer le test de QI, cela m'a apporté des éléments pour mieux connaître mon mode de fonctionnement. A toi de voir.
C'est quoi pour elle une personne équilibrée ? Une personne dite "normale" ? Une personne NT sans doute ? Je pense que c'est avec des personnes ayant le même profil que nous-mêmes que la compréhension est la meilleure, même s'il y a toujours des exceptions.
Il ne me semble pas que ce soit automatique. Beaucoup de personnes sur ce forum n'ont pas passé de tests de QI.
En ce qui me concerne, je suis passé de 114 à 131 entre deux versions du WAIS (4 et 5), donc je suis un peu sceptique sur l'intervalle de confiance de 5 points. Mais il semblerait que mon cas soit assez inhabituel.*Eulalie* a écrit : ↑mardi 19 avril 2022 à 20:23 je constate que lors de sa première passation du WISC, l'enfant était à 120, et qu'il a franchi la barre des 130 la deuxième fois... Comment est-ce possible ? Tout ce que j'ai lu jusque-là sur les tests de QI stipule que le résultat d'un test de QI est fiable, avec un "intervalle de confiance" d'environ cinq points
Curiouser a écrit : ↑mardi 19 avril 2022 à 21:13 Je ne suis pas du tout spécialiste des tests de QI (même si je m'y suis intéressée il y a une dizaine d'années), mais, de ce qu'on peut lire de ce témoignage, en 2011, l'enfant avait un QIT (QI Total) « non homogène » (ce qui veut dire que, techniquement, s'il y a trop de points d'écarts entre les différents subtests, on ne peut pas, en théorie, calculer de QIT. Mais cela semble varier assez fortement selon les praticiens, il y en a qui ne vont pas conclure au HQI s'il y a trop d’hétérogénéité, alors que d'autres vont conclure à un HQI... Enfin, les pratiques se sont peut-être homogénéisées ces dernières années, je ne sais pas...).
Un autre problème de la dépression est qu'elle a tendance à gonfler le score à l'ADOS, et je ne sais pas dans quelle mesure les professionnels sont informés du fait (manifestement ils ne l'étaient guère en 2016, mais ça a peut-être changé depuis).Flower a écrit : ↑vendredi 22 avril 2022 à 11:18 Concernant le test de QI, effectivement ce n'est pas recommandé pendant un épisode dépressif car la dépression entraîne une baisse des capacités intellectuelles. Même si je connais des gens qui ont eu les résultats pour le HQI malgré une dépression...
Je me fais la même réflexion régulièrement. J'ai d'abord rejeté en bloc l'hypothèse diagnostique de l'autisme, il a fallu que des proches me fassent prendre conscience que ce n'était pas absurde du tout ; puis je me suis souvenue que je m'étais moi-même périodiquement posé la question bien avant que des professionnels l'évoquent, avant de la balayer très vite car je tombais, en cherchant superficiellement, sur des descriptions très stéréotypées de l'autisme ; et surtout, je me suis rappelé qu'une jeune femme autiste était carrément venue me voir quelques années auparavant en me suggérant que je pouvais être concernée (j'avais dû quitter brutalement une situation sociale bruyante car j'étais épuisée), et qu'une autre jeune fille autiste, lorsque je lui ai dit que cette hypothèse avait été posée, m'a d'emblée répondu : "ça ne m'étonne pas, je pense depuis le début que tu es concernée, mais je ne me suis pas sentie autorisée à te le dire" ; je repense aussi au fait que des personnes qui ont fréquenté de près des autistes m'ont dit que cette hypothèse leur semblait très crédible... Bien sûr, cela ne "prouve" rien, mais m'encourage en tout cas à aller au bout de la démarche...
J'avoue, je m'attends aussi à la conclusion "traits autistiques, mais pas suffisamment pour être sur le spectre"... Je pense qu'il faut m'y préparer pour ne pas tomber de trop haut si l'hypothèse ne se confirmait pas (ce n'est pas que je tienne absolument à m'étiqueter, c'est simplement que j'ai besoin d'une explication quant à mon mal-être et à mes difficultés et, le cas échéant, des aides concrètes ad hoc ; je crois que toutes les personnes diagnostiquées le comprennent...), mais ton témoignage me rassure beaucoup dans le sens où les professionnels semblent suffisamment connaître la combinaison TSA/HPI (surtout maintenant où on parle beaucoup du HPI), ou déceler un TSA très compensé pour une raison ou pour une autre - j'avais jusque-là le témoignage de Julie Dachez affirmant qu'elle pensait qu'il y avait beaucoup de "faux négatifs", mais je ne sais pas de quand il date, et ce que je lis sur ce forum laisse penser que les choses ont plutôt bien évoluées.Flower a écrit : ↑vendredi 22 avril 2022 à 11:18 Lors de la procédure de diagnostic, je me suis dit que ça allait probablement aboutir à une conclusion du genre "traits autistiques mais en-dessous du seuil de diagnostic". Finalement, il s'est avéré que pour le médecin, c'était assez évident que je sois concernée par un TSA... Et j'ai eu ce genre de retour de la part d'autres professionnels.
Le fait que tu ne te retrouves pas dans tous les traits ne veut donc pas dire grand-chose. Seul un professionnel saura faire la différence.
Flower a écrit : ↑vendredi 22 avril 2022 à 11:18 Concernant le test de QI, effectivement ce n'est pas recommandé pendant un épisode dépressif car la dépression entraîne une baisse des capacités intellectuelles. Même si je connais des gens qui ont eu les résultats pour le HQI malgré une dépression...
C'est surtout mon état dépressif qui me retient, à vrai dire. Plus le temps passe, plus je regrette de ne pas avoir insisté auprès de ma psychiatre pour passer le test à une époque où je prenais quand même des médicaments, mais où j'allais beaucoup mieux que maintenant... J'imagine que cela viendra bien un jour !
Oui, je crois que ce sont principalement ceux qui sont passés par le libéral qui n'ont pas eu de test de QI. Comme j'ai fait une demande d'évaluation en diagnostique en Centre Expert, normalement, le bilan sera complet, test de QI compris (je crois que certains items évaluent l'intelligence sociale...) ; j'espère trouver un professionnel en libéral pour ne pas attendre deux ans avant d'avoir une réponse, mais rien ne m'interdit a priori de faire dans un deuxième temps une évaluation complète en Centre Expert où je suis sur liste d'attente : un bilan complet permet normalement de mieux orienter ensuite la prise en charge...Winona a écrit : ↑samedi 23 avril 2022 à 21:42 *Eulalie* a écrit : ↑
dimanche 17 avril 2022 à 22:25
De toute façon, comme j'ai l'intention de faire une évaluation diagnostique de l'autisme, il y aura sûrement un test de QI à passer.
Il ne me semble pas que ce soit automatique. Beaucoup de personnes sur ce forum n'ont pas passé de tests de QI.
Je pense que pour elle, une personne "équilibrée", neuro-typique ou neuro-atypique, c'est une personne bien dans sa peau, tout simplement, qui n'a pas besoin de prendre de médicaments psychotropes, qui n'a rien à prouver aux autres ou à elle-même, qui s'est bien insérée dans la société. Par définition, selon elle, ceux qui rejoindraient ces groupes ne rempliraient pas ces critères. Mais je me demande jusqu'à quel point je partage ce point de vue... Il me semble parfaitement normal que des personnes avec un même fonctionnement neuro-atypique cherchent à se rencontrer, car comme tu le dis, ils se comprennent mieux mutuellement. A la réflexion, la position de la psychiatre me semble refléter celle d'une personne à haut potentiel qui aurait grandi dans un environnement où sa différence, officiellement détectée ou pas, a été reconnue, comprise, et qui aurait par conséquent pu se développer de manière harmonieuse - notamment en rencontrant et en se liant avec d'autres personnes à haut potentiel, détectées ou pas, parce qu'elles faisaient partie de l'environnement "naturel". L'existence de ces groupes me semble finalement primordiale pour les personnes à haut potentiel qui n'ont pas grandi dans un milieu porteur et qui peinent à trouver leur place.Winona a écrit : ↑samedi 23 avril 2022 à 21:42 *Eulalie* a écrit : ↑
dimanche 17 avril 2022 à 22:25
J'en avais justement parlé avec la psychiatre en question et elle m'avait objecté que ce n'était pas dans ces milieux qu'on trouvait les personnes les plus équilibrées...
C'est quoi pour elle une personne équilibrée ? Une personne dite "normale" ? Une personne NT sans doute ? Je pense que c'est avec des personnes ayant le même profil que nous-mêmes que la compréhension est la meilleure, même s'il y a toujours des exceptions.
C'est aussi ce genre de témoignage qui alimente mes réticences. Sandrine Gianola, dans l'introduction de l'ouvrage collectif Les surdoués et les autres. Penser l'écart, a clairement, à propos des tests de QI, écrit quelque chose comme "chacun sait qu'on peut allègrement y sous-performer"... C'est aussi ce que m'avait laissé entendre ma psychiatre quand j'ai évoqué l'éventualité de le passer... Donc je ne sais vraiment que penser
Deux petites corrections: il s'agissait des versions 3 et 4 du WAIS (je confondais avec les numéros des versions du DSM). Et mon score à la première version était de 113, ce qui aggrave encore l'écart...
Il me semble que les études documentant une influence de la dépression sur l'ADOS sont relativement récentes et n'étaient pas connues à l'époque. En tous cas ce point n'a pas été mentionné lors de mon bilan psychologique (passé en 2016) alors même que celui-ci mettait en évidence une dépression caractérisée. (La question du haut potentiel n'y a pas été abordée non plus, ce qui est un peu étrange vu le score de 131 au WAIS, mais je suppose que les spécialistes de l'autisme ne sont pas forcément au fait du sujet - la réciproque étant également vraie, d'ailleurs).*Eulalie* a écrit : ↑lundi 25 avril 2022 à 19:27 Effectivement, c'est une question que je me pose souvent : mes difficultés sociales sont-elles dues à mon état dépressif persistant ("dysthymie" dans l'ancien DSM), ou mon état dépressif est-il en partie engendré par mes difficultés sociales ?...
Si ce n'est pas indiscret, Carapa, qu'est-ce qui te fait dire que les professionnels n'étaient pas informés en 2016 du fait que la dépression a tendance à gonfler le score à l'ADOS ?...
Je pensais aussi qu'il y avait convergence entre TSA et HPI, mais apparemment, il n'y a pas de données pour supporter ça.*Eulalie* a écrit : ↑dimanche 22 mai 2022 à 13:22 Oui, c'est exactement ça... J'ai lu pas mal de tes posts, Compte_Pseudonyme, j'ai vu que tu avais été identifié HPI à ta grande surprise, alors que tout semblait pointer vers le TSA, et que tu es loin d'être un cas isolé... Je m'interroge beaucoup sur le lien entre les deux, et sur l'origine de cette "confusion" ; comme on m'a parlé du HPI très tôt (sans que j'aie passé aucun bilan, car mon état psychologique ne s'y prêtait pas), j'ai très peur que ce ne soit "que" ça, et finalement, je ne serai pas plus avancée (puisque le HPI ne peut être à lui seul l'origine d'un mal-être) ; mais ce n'est pas le sujet de cette discussion.
Je n'ai peut-être pas été assez claire dans ma manière de présenter les choses : je sais qu'il n'y a pas plus de personnes HPI parmi les autistes que dans le reste de la population, mais je demande comment se concrétise la combinaison de ces deux fonctionnements neuro-atypiques - et si un TSA chez une personne HPI serait plus difficile à déceler.Comte_Pseudonyme a écrit : ↑mercredi 25 mai 2022 à 14:29 Je pensais aussi qu'il y avait convergence entre TSA et HPI, mais apparemment, il n'y a pas de données pour supporter ça.
En ce qui me concerne, je suppose que c'était un part de biais d'examinateur, ainsi que de réelles similarités.*Eulalie* a écrit : ↑mercredi 25 mai 2022 à 18:53 En revanche, la grande question qui demeure est : pourquoi donc a-t-on tendance à soupçonner un TSA chez une personne qui serait "simplement" HPI (j'ai lu dans une autre discussion de ce forum que beaucoup de personnes s'étaient inscrites car elle avaient une suspicion de TSA, mais s'étaient finalement révélées être HPI, ce serait donc une confusion relativement fréquente...) ?... Quels sont les points de convergence - et de divergence ?
Comte_Pseudonyme a écrit : ↑mercredi 25 mai 2022 à 19:12 Que ce soit à cause du TSA ou du HPI, il est plus difficile de nouer des relations sociales et donc il manque certains codes. Il me semble que c'est ça qui tend à confondre les psychologues.
Fluxus a écrit : ↑mercredi 25 mai 2022 à 19:13 les seules explications que j'avais pu trouver en terme de similitudes entre une personne avec TSA (HPI ou non) et une personne HPI, c'est très certainement le décalage ressenti d'un point de vue social qui peut amener de l'isolement et le fait d'avoir parfois des centres d'intérêts qui divergent de ceux des autres. En gros, le sentiment de décalage avec la société, principalement.
D'une part, il y a effectivement le fait que l'on amalgame "autisme de haut niveau" (c'est-à-dire sans déficience intellectuelle) et "haut potentiel" ; et d'autre part, le sentiment de décalage commun aux HPI et aux TSA, et les difficultés sociales qui peuvent en découler (inévitables dans le cas d'un TSA, pas obligatoire pour un HPI)... ça se tient tout à fait, comme explication, Fluxus, merci pour cet éclairage !Fluxus a écrit : ↑mercredi 25 mai 2022 à 19:13 Idem, j'avais aussi évoqué le fait que dans le TSA, d'un point de vue de "performances cognitives", on dit souvent que les scores d'une personne TSA ont tendance à être hétérogènes et peuvent présenter des pics d'habiletés, donc des scores dans certains indices qui se démarquent largement des autres.
Du coup, souvent, par abus de langage ou pas, le fait qu'il y ait des scores très élevés peut aussi pousser à la comparaison.
Je me demande également si la vision de l'interne qui a beaucoup insisté sur l'hypothèse de l'autisme dans le troisième service de psychiatrie où cela a été évoqué (elle est allée jusqu'à me prêter La différence invisible de Julie Dachez) n'était pas aussi biaisée du fait qu'elle "accompagnait" une jeune fille autiste et à haut potentiel de 17 ans... en même temps, dans ton cas comme dans le mien, Comte_Pseudonyme, on peut aussi faire le raisonnement inverse : ton psychologue comme l'interne en question connaissent bien l'autisme, leur intuition a peut-être plus de chances d'être bonne. Encore une fois, tous les HPI (la majorité, à en croire Franck Ramus) n'ont pas de troubles psychiques anxio-dépressifs, ni de difficultés d'intégration sociale majeures. Et il semblerait, d'après ton témoignage, que le CRA où tu as effectué ton évaluation diagnostique ne soit pas des plus rigoureux, et serait plus ou moins imprégné de psychanalyse... à ta place, je ne m'en tiendrais pas là. Il pourrait être judicieux d'avoir un second avis en libéral (ou ailleurs... ? Je ne sais pas s'il est possible de demander une évaluation diagnostique en Centre Expert une fois qu'on est passé par un CRA...).Comte_Pseudonyme a écrit : ↑mercredi 25 mai 2022 à 19:12 En ce qui me concerne, je suppose que c'était un part de biais d'examinateur
Attention : si le « sentiment de décalage » des HPI est très présent dans les médias et sur internet, il ne repose pas sur des bases scientifiques. Pas plus que le HPI serait une cause de difficultés.
Mais alors, comment expliquer une telle confusion des professionnels qui voient de l'autisme là où il n'y aurait "que" du HPI ?... Cela a été le cas de pas mal de personnes qui se sont inscrites sur ce forum, d'après ce que j'ai lu sur le fil de telle ou telle discussion...