Texte publié ce matin sur Facebook par :
https://neurotransmetteurs.be/ (publication, hélas, non visible sur leur site...)
A retrouver, donc, ici :
https://www.facebook.com/10005682728284 ... l/?app=fbl
Contrairement à certaines idées reçues, le Haut Potentiel intellectuel n’est, selon les nombreuses études menées sur le sujet, pas un facteur de risque de présenter d’autres troubles associés, dont l’autisme. Les hautes aptitudes intellectuelles seraient, en effet, corrélées avec de meilleures capacités d’adaptation et donc davantage considérées comme un facteur de protection*.
En outre, le HPI n’est pas nécessairement associé à des difficultés sociales, alors que celles-ci apparaissent centrales dans le trouble du spectre de l’autisme. Bon nombre de personnes présentant un HPI disposent de compétences sociales et émotionnelles largement satisfaisantes et peuvent mettre à profit leurs capacités cognitives dans les relations qu’elles entretiennent (Brasseur in Gauvrit et Clobert, 2021), certains auteurs décrivant même les individus HPI comme “socialement optimaux" et s’intégrant bien à tout âge de la vie (Hollingworth, 1942 ; Terman, 1959)*.
Ces éléments nous invitent donc, de facto, à nuancer le lien possible entre le HPI et l’autisme.
Cependant, les hautes capacités intellectuelles peuvent, dans certains cas, avoir une influence négative sur la gestion des relations sociales. En effet, le décalage entre le rythme de développement cognitif d’un enfant HPI et celui de ses pairs peut être problématique pour certains et gêner l’entrée en relation ou le maintien d’un lien social, notamment lorsqu’il s’exprime au travers de centres d’intérêts différents (Brasseur et Cuche, 2021 ; Gauvrit et Clobert, 2021).
En outre, la sensation d’être “à part” ou “différent des autres” peut également être à la source de certaines difficultés relationnelles. Il est important de souligner, cependant, que ce sentiment ne concerne pas l’ensemble des personnes présentant un haut potentiel et est encore moins spécifique à cette population (toute personne pouvant ressentir cette sensation sans présenter, pour autant, un HPI). (Brasseur et Cuche, 2021)
Ces nuances ne s’apparentent, toutefois, pas aux manifestations caractéristiques du TSA et ne peuvent donc pas y être associées de façon systématique.
Notons, par ailleurs, que certains traits communs ont été identifiés entre HPI et trouble du spectre de l’autisme (TSA), lesquels peuvent parfois prêter à confusion ou laisser penser qu’il existe un continuum entre ces deux entités. Citons, par exemple, l’isolement social, les intérêts spécifiques, la lecture précoce ou les connaissances très étendues dans certains domaines, ces éléments pouvant être considérés comme des symptômes “faux-amis” (Gallagher et Gallagher, 2002). Ceux-ci ont, toutefois, des significations très différentes qu’il s’agisse du HPI ou de l’autisme et il est indispensable de les différencier pour éviter de mauvaises interprétations et permettre un accompagnement aussi ajusté que possible aux besoins de chacun (Gauvrit in Gauvrit et Clobert, 2021).
Par conséquent, aucune des données disponibles actuellement ne permet d’affirmer que le HPI pourrait représenter un facteur de risque pour l’autisme. L’approfondissement des connaissances et de nouvelles recherches sont, toutefois, nécessaires pour mieux comprendre la spécificité du fonctionnement intellectuel des autistes HPI par rapport aux personnes à HPI sans trouble autistique. (Grégoire in Gauvrit et Clobert, 2021)
#stopauxidéesreçues
* Cfr. les publications des 4 avril et 23 mai dernier pour un descriptif plus approfondi de ces données.