Le Masking

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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Re: Le Masking

#31 Message par Tugdual » mardi 13 février 2024 à 20:00

Jiheu a écrit : mardi 13 février 2024 à 16:33 Un expert en développement personnel, Adrian Volenik, a révélé 12 traits caractéristiques que l’on retrouve chez la plupart des adultes au début de vie compliquée.
Attention tout de même, « expert en développement personnel » ne veut pas dire grand chose, ce n'est pas réglementé...
TCS = trouble de la communication sociale (24/09/2014).

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Re: Le Masking

#32 Message par Pivoine » mardi 18 juin 2024 à 13:35

Scalt a écrit : vendredi 9 février 2024 à 19:42 C'est une notion qui m' a fait défaut surtout ces dernières années.
Je comprenais pas pourquoi je faisais semblant, depuis très jeune.
Il y a une dizaine d'années, j'ai été en binôme avec un collègue, qualifié plus tard de "personnalité manipulatrice et perverse" par les collègues et médecins de l 'hôpital. J'ai fait un burn out ( un changement de région, la naissance d'un enfant y étaient pour beaucoup aussi).
Je me suis donc renseigné sur la perversion ect et à un moment, j'ai confondu le camouflage autistique avec le camouflage du pervers. Pas vraiment confondu, c'est surtout que je pensais que seuls les pervers camouflaient (je sais que c'est faut aujourd'hui).
Et là, un biais cognitif s'est installé, une boucle sans fin, obsessionnelle (suis je pervers?, peut être que oui vu que je camoufle...)
J'ai fait une "tentative de suicide", un raptus anxieux en fait.
J'avais pas le contrôle, c'est comme si l'angoisse prenait possession de mon corps.
J'ai consulté un psychiatre, tout le monde avait beau me dire que je n'étais pas pervers, la boucle revenait malgré tout car j'avais trop peur d'être mauvais pour mes enfants.|
Aujourd'hui, au bout de 10 ans, c'est terminé, mon esprit est libéré de cette boucle obsessionnelle, depuis que ma psychiatre et mes psychologues m'ont expliqué pourquoi tout le monde masquait, pourquoi je masquait et quelle était le différence avec le camouflage pervers. Que mon camouflage était certainement lié à un TSA... ce qui s'est confirmé ensuite.
Et en plus, apparemment, je porte pas le masque adéquat, trop délétère pour moi :roll: .
Bonjour
Je comprends un peu ton cheminement.
J'ai été mariée 13 ans .... je suis partie et c'est seulement plusieurs années plus tard, en thérapie avec une psychologue, que j'ai réalisé que c'était un pervers narcissique.....
Et après j'ai eu la même réflexion que toi.... suis je manipulatrice aussi puisque je fais semblant.....
Cela a tourné en boucle dans ma tête, à me remémorer plein de situations passées..... au final avec de nombreuses recherches sur internet, j'en suis venue à la conclusion que non, je ne suis pas comme lui.
C'est après aussi que j'ai découvert mon autisme.
Voici un lien intéressant à lire sur le sujet...

https://www.pervers-narcissique.com/per ... -asperger/
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Jiheu
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Re: Le Masking

#33 Message par Jiheu » samedi 22 juin 2024 à 19:30

👉"Le camouflage chez les autistes
est un art qui détruit lentement l'âme."
Le camouflage chez les personnes autistes est une attitude, une façon d'être et d'agir qui consiste à cacher, masquer ses traits autistiques afin de se normaliser, consciente ou inconsciente.
👉Le camouflage provoque :
🔸️du stress,
🔸️de l'anxiété,
🔸️de l'épuisement,
🔸️burn-out,
🔸️dépression
🔸️Voir suicide
🔸️la perte de son identité.
❗Il est donc préjudiciable pour la santé mentale et physique des personnes autistes.
🦋 Le camouflage des autistes est-il vraiment mauvais pour la santé ?
Le véritable impact du camouflage chez les femmes autistes.*
Source :
https://www.psychologytoday.com/.../is-autistic...
Traduction deepl
👉Le "camouflage", également appelé "masquage", est une stratégie utilisée par les personnes autistes pour les aider à "passer" pour "normal" et à se fondre dans la masse de leurs pairs neurotypes.
Le camouflage comprend des comportements tels que le fait de copier ou d'imiter le comportement des neurotypes, de changer constamment son image, d'apprendre des "scénarios" pour des situations sociales futures et de cacher des aspects de sa personnalité qui sont considérés comme inacceptables ou inappropriés.
Les femmes autistes ne sont pas les seules personnes à se camoufler - les neurotypes des deux sexes, ainsi que les hommes autistes, adoptent également ce comportement - mais elles ont tendance à se camoufler davantage que les autres groupes (y compris leurs homologues masculins autistes).
Où est le mal à se cacher, vous demanderez-vous peut-être, en particulier si cela peut vous aider à trouver un emploi ou à vous faire des amis ? Il y a plusieurs points à considérer.
🔹️1. Manque d'acceptation de soi.
Si vous partez du principe que vous devez minimiser votre personnalité et vous exprimer d'une manière qui n'est pas authentique, vous risquez de développer un manque d'acceptation de soi et d'estime de soi. Vous (et les autres) pouvez vous considérer non seulement comme :
▪️ Vous n'êtes pas seulement "timide", mais aussi comme trop timide.
▪️Vous n'êtes pas seulement "direct", vous êtes trop direct.
▪️Vous n'êtes pas seulement enthousiaste, vous êtes trop enthousiaste.
▪️Trop de colère,
▪️ trop d'obsession,
▪️ trop de franchise,
▪️ trop de sensibilité
- la liste est longue.
Il y a un jugement fort inhérent à ces déclarations selon lequel votre vrai moi n'est pas acceptable.
Ainsi, en même temps que vous apprenez à sourire, à poser des questions et à étouffer votre ennui lorsque vous faites la conversation, vous apprenez à cacher, à supprimer et à nier les aspects de votre personnalité que les autres considèrent comme moins acceptables - jusqu'à ce que vous les considériez vous aussi comme inacceptables.
🔹️2. Supprimer les intérêts et faire des choix inauthentiques.
Le fait de vous juger inacceptable parce que vous êtes un peu différent de beaucoup d'autres personnes va bien au-delà de l'apprentissage de quelques compétences sociales.
▪️ Cela signifie que vous cessez d'écouter et de reconnaître ce dont vous avez besoin pour vous sentir épanoui dans la vie.
▪️ Cela signifie que vous devez faire des choix qui ne correspondent pas à vos valeurs ou à vos besoins.
▪️ Et cela signifie que vous n'avez pas le courage de montrer au reste du monde votre merveilleuse personnalité parce que vous avez peur d'être rejeté et jugé.
🔹️3. Les problèmes de santé mentale.
Le camouflage a été lié à des problèmes de santé mentale, notamment la dépression, l'anxiété3 et le suicide.
Des recherches ont montré que les problèmes de santé mentale ont tendance à être liés au degré de masquage auquel une personne se livre, plutôt qu'à la gravité de son autisme5.
Le fait de devoir constamment vérifier avec vous-même si vous suivez le scénario, si vous agissez de manière appropriée et si vous êtes sur le point de dire ou de faire quelque chose de mal crée une énorme pression et, par conséquent, de l'anxiété.
Le sentiment d'être inacceptable tel que vous êtes peut conduire à une faible estime de soi et à la dépression.
🔹️4. Chercher de l'aide.
Les femmes atteintes d'autisme ont souvent du mal à demander de l'aide, en partie parce qu'elles se présentent comme si "normales".6 Les soignants principaux peuvent refuser d'accepter qu'elles ont un problème et peuvent dire des choses comme : "Mais vous avez une conversation et vous me regardez dans les yeux - cela ne ressemble pas à de l'autisme". Il est difficile de faire comprendre aux autres qu'ils ont effectivement des problèmes de communication et d'autres aspects de la vie, mais qu'ils savent très bien les dissimuler.
🔹️5. Perte de l'estime de soi.
Lorsque vous essayez constamment d'être tout pour tout le monde, vous pouvez perdre la conscience de vous-même.
Le camouflage peut entraîner des problèmes d'identité et une incapacité à savoir ce que vous attendez de la vie et comment créer une vie qui semble authentique.
Tant que vous ne serez pas capable d'accepter qui vous êtes et de vous apprécier suffisamment pour faire connaître aux autres votre véritable identité, vous ferez l'expérience d'une incongruité entre vos valeurs et vos actions.
▪️ Si vous continuez à agir d'une certaine manière parce que vous pensez que vous devriez le faire - même si cela vous semble mauvais - vous finirez par être anxieux et désillusionné.
▪️ Si vous n'arrivez pas à entrer en contact avec ce qui vous excite et vous nourrit - parce que ces choses sont considérées comme bizarres et inutiles - vous vous sentirez insatisfait.
▪️ Si vous ne pouvez pas révéler qui vous êtes et ce qui vous importe, vous vous sentirez frustré et invisible.
Pour faire les premiers pas vers l'authenticité, il faut prendre contact avec qui vous êtes et avec ce dont vous avez besoin et ce que vous voulez dans la vie. Lorsque vous avez passé votre vie à être tout pour tout le monde, cela peut être particulièrement difficile. C'est une tâche difficile pour tout le monde et particulièrement difficile pour quelqu'un qui part d'un point différent de celui de la plupart des gens - le point d'être neurodiversifié dans un monde neurotypique.
De nombreuses femmes continuent à utiliser le camouflage comme stratégie d'adaptation jusqu'à ce qu'elles atteignent un point où le camouflage leur cause plus de difficultés qu'il n'est la solution à leurs problèmes.
En apprendre le plus possible sur l'autisme et identifier les façons dont vous avez tendance à vous camoufler - et l'impact que le camouflage a sur vous - est la première étape pour être capable de bouger
Fils de 19 ans dont le diagnostic est confirmé.

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Re: Le Masking

#34 Message par Tugdual » samedi 22 juin 2024 à 20:02

Note : le lien vers la source n'est pas valide.
TCS = trouble de la communication sociale (24/09/2014).

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Re: Le Masking

#35 Message par Scalt » jeudi 25 juillet 2024 à 0:51

Pivoine a écrit : mardi 18 juin 2024 à 13:35
Bonjour
Je comprends un peu ton cheminement.
J'ai été mariée 13 ans .... je suis partie et c'est seulement plusieurs années plus tard, en thérapie avec une psychologue, que j'ai réalisé que c'était un pervers narcissique.....
Et après j'ai eu la même réflexion que toi.... suis je manipulatrice aussi puisque je fais semblant.....
Cela a tourné en boucle dans ma tête, à me remémorer plein de situations passées..... au final avec de nombreuses recherches sur internet, j'en suis venue à la conclusion que non, je ne suis pas comme lui.
C'est après aussi que j'ai découvert mon autisme.
Voici un lien intéressant à lire sur le sujet...

https://www.pervers-narcissique.com/per ... -asperger/
Merci, je crois que je suis tombé sur cet article quand mes thérapeutes ont évoqué le tsa et que je cherchais encore à vérifier s'ils pouvaient pas se tromper. Mais oui, le masking pour utiliser autrui dans le cas du pervers est différent de celui du tsa pour éviter le rejet, s'adapter. Bon courage à toi, je sais le mal que ça fait sur la durée.
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Re: Le Masking

#36 Message par Jiheu » dimanche 12 juillet 2026 à 23:33

Le masking (ou camouflage social) n’est pas juste « faire un effort ».
C’est souvent :
...analyser en permanence les réactions des autres,
...surveiller son langage corporel,
...cacher ses intérêts ou son enthousiasme,
...forcer des conversations qui ne viennent pas naturellement.

Ça consomme une quantité énorme d’énergie mentale. Beaucoup de personnes autistes décrivent une sensation de double travail : vivre la situation + gérer le personnage social en même temps.
Fils de 19 ans dont le diagnostic est confirmé.

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Re: Le Masking

#37 Message par painperdu » jeudi 16 juillet 2026 à 12:46

Comme le suggère ton post du 22/06/2024, le masking, c'est aussi la dissolution de l'identité sous l'effet de la sur-adaptation constante.

Maintenant que je ne suis plus capable de travailler, je ne suis plus qu'une coquille vide.
Toute ma vie a été sous-tendue par le fait d'essayer d'être un employé et un conjoint "normaux".
Maintenant que j'ai perdu l'un et l'autre, je ne sais pas quoi faire de ma vie.
Tout m'est indifférent.
A quoi bon accorder de l'importance à quelque chose puisque j'ai toujours dû renoncer à ce qui me motivait ?
Comment trouver du plaisir à vivre dans ces conditions ?
J'en suis à la dernière étape de ma vie et quand je regarde en arrière, ma vie n'a été qu'imposture et renoncement.

Les questions qui m'obsèdent et auxquelles je n'ai toujours pas trouvé de réponse sont très terre-à-terre : Comment se construire quand on a la soixantaine ? Peut-on espérer une fin de vie digne ?
Diagnostiqué TSA en 2024

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Re: Le Masking

#38 Message par ikh » mardi 21 juillet 2026 à 13:51

painperdu a écrit : jeudi 16 juillet 2026 à 12:46 Les questions qui m'obsèdent et auxquelles je n'ai toujours pas trouvé de réponse sont très terre-à-terre : Comment se construire quand on a la soixantaine ? Peut-on espérer une fin de vie digne ?
« Et maintenant, que vais-je faire de tout ce temps que sera ma vie ? De tous ces gens qui m'indiffèrent ... »
Trouve-t-on jamais de réponse ? N'en est-on pas réduit(e)s à pouvoir seulement bricoler de malhabiles contournements temporaires ?

Se remémorer quelques douceurs nostalgiques du passé, chercher à vivre enfin d'anciennes passions inassouvies, continuer à faire les mêmes conneries (mais un peu moins vite quand même). Et pour qui peut, s'appuyer sur le relationnel restant, voire d'étoffer.

Pour moi, la dignité in fine, ce sera de ne pas éprouver de regret et d'avoir su travailler à surmonter les remords.
Cogito, ergo seum(1).
TSA niveau 1 (ex-Asperger) avec contexte HPI (hétérogène).

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Re: Le Masking

#39 Message par freeshost » samedi 25 juillet 2026 à 0:41

On fait avec les moyens du bord, pas avec les idéaux et les attentes d'autrui. :lol:
Pardon, humilité, humour, hasard, confiance, humanisme, partage, curiosité et diversité sont des gros piliers de la liberté et de la sérénité.

Diagnostiqué autiste en l'été 2014 :)

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Re: Le Masking

#40 Message par ad_astra » lundi 3 août 2026 à 18:26

Par rapport au masking Vs les attentes de la société : je serais tenté de dire que celui-ci tombe proportionnellement au moment ou l'on décide qu'il est sain et OK de ne pas plaire à tout le monde...

Avant mon diag, j'adoptais déjà régulièrement des positions clivantes et singulières sur certains sujets... Depuis mon diag : ça ne les a que renforcé et j'avance de plus en plus à visage découvert en disant ouvertement qui je suis dès lors qu'il y a éventuelle possibilité que des liens / un dialogue se tisse. Ca permet au final de poser un cadre direct, et les personnes en face choisissent ainsi si elles veulent continuer de jouer ou tourner les talons.
Collectionneur de médailles :
Déclaré HPI il y a bien longtemps...
Diagnostiqué TSA + TDAH tardivement en 2025...

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Re: Le Masking

#41 Message par bugmann » lundi 24 août 2026 à 14:27

Sujet « compliqué » qui peut réveiller certaines blessures, certains combats et autant de déceptions. Sujet dont les réponses varient d’une personne à l’autre en fonction d’un grand nombre de variables dont notre vécu.

Je suis pleinement conscience que lorsque le masking (faux-self) devient un rôle joué en permanence, sans espace où l'on peut simplement être soi-même, il finit par épuiser et nous faire perdre de vue qui nous sommes comme ce que nous aimons.

Pourtant, aujourd’hui, la théorie du tout ou rien ne me correspond pas.

J’entends que le masking est parfois présenté comme quelque chose dont il faudrait absolument se débarrasser, comme si l'authenticité ne pouvait exister qu'en refusant toute forme d'adaptation. À l'extrême opposé, certains, dont j’ai eu fait partie, le vivent le masking comme une nécessité permanente pour trouver leur place dans une société et en être accepté malgré les sacrifices nécessaires qui en découlent.

Certains témoignages revendiquent ainsi une forme de retrait social assumé, avec l'idée que l'on peut être pleinement heureux seul. Cette position mérite toutefois d'être nuancée. Si certaines personnes trouvent effectivement un équilibre dans une vie sociale réduite, l'être humain reste une espèce profondément relationnelle car notre développement se construit à travers les liens que nous entretenons avec les autres.

Dans certains cas, je crains que clamer que l’on aime vivre seul constitue une manière de se protéger du fait de ne pas avoir été accepté tel que l'on est. Une manière de transformer une souffrance en choix assumé autrement plus vivable même si oui, je demeure convaincu que nous vivons mieux la solitude. Ne serait-ce que parce que nous en avons besoin pour nous ressourcer.

La réalité me semble plus nuancée. Pour moi, l'enjeu consiste à pouvoir choisir quand, pourquoi et jusqu'où le faire. Un peu comme lorsque l’on enfile un costume pour aller au travail que l’on retire de retour à domicile.

J'aime l'image de cercles sociaux. Plus un cercle relationnel est éloigné de notre intimité, plus il peut être nécessaire de mobiliser certains codes sociaux pour faciliter les échanges et rester connecté au monde qui nous entoure, notamment dans le cadre professionnel. À l'inverse, plus l'on se rapproche de son cercle intime, moins cette adaptation devrait être nécessaire, afin de pouvoir exister avec davantage de spontanéité et de sécurité. Entre les deux se trouvent les relations sociales choisies, où il est possible d'alléger progressivement le masking et de laisser davantage apparaître son fonctionnement naturel, au risque de perdre quelques ami(e)s au passage (mais aussi d’en trouver d’autres qui nous correspondent davantage).

A mon sens, le défi consiste à naviguer entre ces différents cercles pour ne pas être exclu de la société sans pour autant se perdre ou s’épuiser à l’extrême.

Avec l’âge, je ne suis plus à même d’assurer un très haut niveau de masquage en tout temps et en toute situation. Sans entrer dans les détails, j’ai été contraint à opérer de nombreux changements radicaux dans ma vie pour pouvoir continuer. Malgré cela, si je ne masque plus autant, je masque tout de même.
TSA / HPI / TDAH diagnostiqués

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Re: Le Masking

#42 Message par painperdu » lundi 24 août 2026 à 17:18

bugmann a écrit : lundi 24 août 2026 à 14:27 sans espace où l'on peut simplement être soi-même
Ce petit morceau de phrase me permet de comprendre une partie de mon passé, merci ! :)

Quant au reste de ton post, je suis tout à fait d'accord. Le masking est une façon de gérer son énergie et fluidifier les interactions sociales en évitant les tensions inutiles, c'est un processus adaptatif.

Ce qui a été délétère chez moi c'est que je n'avais pas d'espace où être moi-même. Je n'en ai eu ni dans l'enfance, ni à l'adolescence et j'ai par la suite été pris dans une fuite en avant jusqu'à l'effondrement. Maintenant, j'essaie de trouver quoi faire de mes débris et ta petite phrase pourra peut-être m'y aider.
Diagnostiqué TSA en 2024

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Re: Le Masking

#43 Message par bugmann » mardi 25 août 2026 à 8:55

Cet espace où être moi, je ne l’ai trouvé que sur le tard.

Il m’a fallu franchir différents obstacles, dont le masking, pour réellement débuter une quête menant à la découverte de soi.


Obstacle n°1 : le masking

La pose du diagnostic m’a permis de clarifier ce qui jusque là n’étaient que des pressentiments et ainsi de pouvoir regarder en face « ce masking » si ancré dans mon fonctionnement. La pose de du diagnostic m’a aussi permis de tenir compte de mes besoins sachant que ce n’était pas des caprices. Etc...


Obstacle n°2 : certains traumas de l’enfance

Je me suis construis dans la croyance que pour être aimé je devais m’adapter aux besoins de l’autre. Ne laissant ainsi que peu de place à qui j’étais, remplacé par ce que je faisais pour l’autre.


Obstacle n°3 : adaptation sociale

La recherche d’une place socialement valorisée qui ne correspondait pas totalement à qui j’étais.

Dans ce sens, le livre philo de Claire Marin « être à sa place » traite dans l’un de ses chapitres que la place que nous occupons est rarement le fruit d’un choix personnel mais plutôt de répondre à certaines attentes (être un bon enfant, choisir un métier respectable, correspondre à une certaine idée de la réussite, etc…). L’idée étant que cette adaptation sociétale peut parfois nous éloigner de nous. Pour Claire Marin être à sa place n’est donc pas seulement occuper une position sociale. C’est être suffisamment présent à soi-même pour que ce que l’on fait, ce que l’on ressent.

Là aussi il y a une question d’espace puisqu’il s’agit de parvenir à construire un espace où l’on peut être reconnu sans devoir abandonner une partie essentielle de soi.


Il y a eu un moment où je n’ai juste plus pu répondre à ces trois injonctions et où tout s’est écroulé. Un moment durant je n’avais plus aucun pilier sur lequel m’appuyer (famille, couple, travail, …) de sorte que j’ai souffert d’un arrêt de travail. J’ai utilisé ce temps pour me découvrir en accéléré. Une frénésie de lectures (autisme, philo, traumas, dysfonctions familiales, HPI, etc…) et des tentatives dans tous les sens pour me découvrir. Alors que je n’avais jamais vécu seul ni fait des choses pour moi, je me suis mis à tout faire seul : « restaurant, apéro, cinéma, partys, conférences, concerts, spectacles, expositions, balades, randonnées, vacances, cours fitness, …) sans réfléchir. Faire pour faire.

Si la plupart de ces essais ne me correspondaient pas, cela m’a néanmoins permis de mieux discerner ce qui m’appartenait, ce qui me plaisait de ce qui ne me convenait pas. J’ai appris que si j’avais besoin d’entretenir certaines relations sociales, j’aimais aussi être seul. J’ai appris à dire non sans (trop) avoir peur de ne pas être aimé. J’ai découvert un nouvel intérêt spécifique, la photo animalière. J’ai adapté ma vie, notamment socialement en réduisant drastiquement le nombre de relations. J’ai informé mon employeur quant à mon handicap. Je me suis permis d’être très autiste au sein de ma cellule familiale. Etc, etc, etc, …


Cet espace où je peux être moi-même prend forme et s’agrandit au fil du temps.
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Re: Le Masking

#44 Message par painperdu » mardi 25 août 2026 à 10:36

Je me reconnais beaucoup dans ton parcours !

J'ai cumulé un 4ème burn-out avec un COVID long suite au vaccin qui m'ont anéanti et empêché du même coup de continuer à tourner en rond dans les mêmes schémas, je n'en avais plus la force. Je me suis juré de ne plus jamais refaire ce qui m'avait fait du mal jusque là, mais je galère à trouver quoi faire d'autre.

J'ai trop longtemps cherché à être le conjoint idéal et l'employé idéal. Ma vie était totalement dédiée aux autres puisque qu'étant illégitime, je ne méritais rien. Ça me prenait le peu d'énergie que j'avais et je n'en avais plus pour autre chose. De toute façon, si j'en avais eu, je n'aurais pas su quoi en faire - c'est ce qui se passe aujourd'hui. Je n'ai aucune idée de quoi vouloir pour moi, tout m'est indifférent - à quoi bon ? Je me force à tester différentes choses, jusqu'à présent sans succès.

Après avoir tout donné aux autres, je m'en suis quasi-totalement coupé pour me préserver. Pourtant, j'ai l'impression que cet espace où être soi ne peut être que relationnel, mais j'ai tellement souffert dans les interactions sociales que je ne peux imaginer y retourner. Et de toute façon, je ne saurais pas comment faire pour que ça se passe bien.
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