Expérience diagnostic CRA 44/49

Pour les personnes qui souhaitent échanger, partager, trouver du soutien, dans l'attente du diagnostic.
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Bambou
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Expérience diagnostic CRA 44/49

#1 Message par Bambou » jeudi 26 février 2026 à 21:04

Bonjour,
Je voulais juste apporter le témoignage de mon expérience concernant le CRA Angers/Nantes. J'ai entamé ma démarche de diagnostic avec cet établissement en mars 2020 et ai obtenu mon premier rendez-vous, à Saint-Herblain, 4 ans et demi plus tard, rendez-vous reporté deux fois car la psychologue qui devait me recevoir était en arrêt maladie. Enfin, je peux la rencontrer et l'entretien se passe plutôt bien. J'y expose tous les éléments qui m'autorisent à penser que je présente beaucoup de symptômes du TSA. En 4 ans et demi, j'ai eu le temps de beaucoup me documenter sur le sujet et de lire à peu près tout ce qui se rapporte à l'autisme féminin. Alors, oui, après 50 ans à "faire avec" et surtout à faire semblant, j'ai appris à m'adapter, à échanger, à me protéger ou à fuir les situations que je ne suis pas capable d'affronter. Je connais aussi très bien mon parcours et mes difficultés. Sans les détailler ici, je pense pouvoir affirmer sans présomption que mon existence comporte suffisamment d'éléments pour alerter un spécialiste du TSA. Au cours de ce premier rendez-vous, classiquement dédié à mon anamnèse, je n'effectue qu'un test, celui de la figure de Rey. Il me faudra encore attendre deux mois pour obtenir la restitution de cet entretien. Et là, surprise ! S'appuyant sur le fait que je ne jouais pas avec les autres lorsque j'étais enfant, notamment au ballon (ai-je dit à lors de l'entretien), la médecin psychiatre, qui a visualisé mon anamnèse filmée, me diagnostique un trouble de psychomotricité, qui m'aurait isolée des autres et justifierait mes difficultés sociales ultérieures.... S'ensuivent quelques conseils pour m'orienter vers un psychomotricien (des fois que j'aurais envie d'apprendre à jouer au ballon à mon âge !), et aurevoir madame.
Je n'ai jamais reçu le compte-rendu écrit de cette évaluation. Après un temps de réflexion et passée l'incrédulité, je me décide à écrire au CRA ce que je pense de la logique de ce raisonnement, et conteste ce diagnostic très fantaisiste : si mes difficultés sociales sont reconnues, pourquoi, alors que c'est l'un des deux critères de diagnostic du TSA, en imputer la responsabilité à autre chose plutôt que d'investiguer dans le sens d'un TSA ? Pourquoi ne parle t'on pas des intérêts restreints et très envahissants qui ont jalonné ma vie ? De mon hyposensibilité à la douleur ? De mon agnosie des visages ? De ma naïveté sociale et des expériences parfois douloureuses qu'elle a engendrées ?
Suite à mon courrier, qui conteste donc ce premier "diagnostic", le CRA me propose une deuxième consultation, à Angers cette fois.
Me voici rassurée. Ce que je ne sais pas encore, c'est qu'il me faudra patienter une année supplémentaire pour obtenir une date de rendez-vous, reporté encore une fois...
Entre temps, je me spécialise encore sur le sujet, et me décide à entamer une démarche auprès d'une neuropsychologue et d'un psychiatre en libéral. Le bilan neuropsychologique se déroule en 4 séances, assez éprouvantes, avec, à nouveau une anamnèse et une batterie de tests variés. Je ressors de là bien fatiguée mais avec l'impression d'avoir affaire à une professionnelle sérieuse, attentive et compétente. Lors de la dernière séance, les résultats de ces tests me sont détaillés et certains me surprennent beaucoup, notamment ceux concernant le traitement de l'information rapide, qui ne sont pas bons du tout. Ma perception des situations sociales est également assez désastreuse, révélant un réel déficit de la théorie de l'esprit. Mon QI est hétérogène, pas de déficiences intellectuelles, et des capacités qui m'ont permis de m'adapter aux situations, au prix d'un épuisement psychologique et physique certain. Pour cette neuropsychologue, l'hypothèse d'un TSA est tout à fait plausible.
Celle-ci sera confirmée un peu plus tard par un psychiatre, puis par mon médecin traitant.

C'est alors que le CRA d'Angers me propose enfin mon deuxième rendez-vous, où je décide de me rendre, par curiosité, et afin d'aller au bout de ma démarche entamée 6 ans plus tôt !
Je me rends à ce rendez-vous avec une certaine émotion et un peu d'appréhension malgré tout, et suis reçue par un psychiatre et une psychologue (qui n'interviendra pas du tout pendant l'entretien). Les questions s'enchaînent, avec une incitation très perceptible à me faire dire que j'appréhendais les situations sociales, que je craignais l'opinion d'autrui et angoissais à l'idée de ce que les autres pensaient de moi. A plusieurs reprises, je tente d'expliquer que non, ce n'est pas le problème mais que, oui, à force de vivre des expériences difficiles, je me méfie un peu de ces situations pour lesquelles je ne suis effectivement pas douée. Le psychiatre insiste : "oui, vous êtes angoissée". Et, comme je conteste, ne ressentant pas cette angoisse telle qu'il me la décrit : " Vous ne la ressentez pas mais c'est inconscient!"... Voilà un argument face auquel je ne peux que rester sans voix !
Au final, après trois quart d'heure d'entretien, je m'entends dire que mon auto-diagnostic de TSA s'explique par les quelques articles que j'ai pu lire sur le sujet, que c'est très facile de s'identifier dans ce genre de témoignages, que je peux continuer à les lire si ça me fait du bien (sic)..., que, oui, je souffre d'un vrai handicap, mais celui de "l'anxiété sociale sévère". Et aurevoir madame...

Ma conclusion, suite à ces expériences est que, oui, le personnel du CRA est très gentil, mais semble consacrer toute son énergie à dissuader les personnes adultes de poursuivre leur démarche de diagnostic TSA. Quitte à les aiguiller sur toute autre piste, pourvu que ce ne soit pas l'autisme ! Quant à l'autisme féminin sans déficience intellectuelle chez les adultes, je crains qu'il soit tout particulièrement mal diagnostiqué dans cette structure. Si vous parlez normalement, répondez aux questions, et ne vous roulez pas en boule dans un coin de la pièce, vous ne présenterez, selon eux, aucune caractéristique de TSA. Lassée par cet aveuglement face aux situations pourtant édifiantes que j'ai tenté de relater dans mon anamnèse, face aussi aux tests et au bilan neuropsychologique présentés, et ayant été de toute façon déjà diagnostiquée, j'ai préféré ne pas insister.

Je ne peux cependant m'empêcher de penser à toutes les personnes en souffrance qui ne parviendront pas à faire entendre leur mal-être, et qui continueront peut-être à errer de diagnostic erroné en diagnostic erroné, de traitements médicamenteux en psychothérapies hasardeuses.
Ou qui, faute d'y trouver leur place, choisissent de quitter la scène...
Démarche CRA entamée en Mars 2020
Diagnostic TSA posé en Mai 2025 (libéral)

Yanss49
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Re: Expérience diagnostic CRA 44/49

#2 Message par Yanss49 » mardi 17 mars 2026 à 14:10

Bonjour, je ne suis qu'au départ à parement du cursus (début de la demande de diagnostic TSA en octobre 2024).
J'ai contacté le CRA 49 qui ne font pas le diagnostic pour des personnes comme moi, c'est au CMP de le faire.
Le CMP (en gros) ne prennent pas ne nouveau client.
Voici non "histoire" sur viewtopic.php?p=634321#p634321
ensuite ping-pong entre le CRA et la CMP, silence radio depuis le 15 septembre 2025.
j'ai envoyé un mail au CRA pour les faire réagir trois semaines après le CRA m'appelle je le loupe de justesse je rappelle immédiatement, on me dit que la personne me rappellera dans la journée, 19 h 30 RIEN, le lendemain matin et le sûr lendemain Idem. Depuis 4 semaines silence radio.
n'ayant comme revenu que l'AAH, je ne peux pas aller en libéral.
Je me pose sincèrement la question de continuer ou pas.
Suspicion de TSA

bruta
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Re: Expérience diagnostic CRA 44/49

#3 Message par bruta » mardi 17 mars 2026 à 21:09

La psychiatre que je vois en libéral spé en TSA est conventionné secteur 1. Tout est remboursé (Je crois ? y'a une partie avec la mutuelle, je ne sais pas même pas si je suis effectivement remboursé, mais j'ai tellement la flemme de vérifier...), la seule chose qui me coute, c'est le pétrole pour aller la voir. Hésites pas à toquer chez des psychiatres libéraux conventionnés ! Bon y'a toujours cette histoire de mutuelle et là vu mes compétences administratives, aucune idée.
TSA " asperger?" (Type diagnostic de salle d'attente :lol: ),
TDAH Inatentif,
Dysorthographique,
HPI selon le QI IAG, parfaitement normal selon le QI ICC.
Et on s'arrête là :D

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