Aussi chouette que leurs pratiques, si ton objectif est de te mettre à leur niveau, félicitations…
Bon, sinon, pour mieux expliquer ma réaction…
C'est sûr que dans de trop nombreuses situations la hiérarchie n'est pas du tout à l'écoute des employés alors que ça serait dans leur intérêt au long terme.
Moi j'essaye de faire ça au boulot, et c'est pas tout le temps facile.
Il y a des gens qui reçoivent souvent injustement une étiquette négative dans le milieu du travail, et rectifier cette injustice est d'autant plus difficile que de l'autre côté, il y a des gens qui sont de réels tire-au-flanc profiteurs qui se font mettre une étiquette de saint ou de martyr.
J'ai à l'esprit des gens avec qui j'ai pu travailler qui sont vraisemblablement des manipulateurs et qui n'ont de cesse de s'exclamer et d'essayer de répandre l'idée que moi et mes collègues chefs d'équipes les opprimons... parce qu'on leur demande gentiment de respecter leur temps de pause (des débordements systématiques de plus de 30 minutes) ou de se concentrer sur leurs tâches (au lieu de raconter des blagues oiseuses à la nouvelle jolie blonde du bureau pendant la moitié de la journée, ou de partager des vidéos youtube sur le réseau de l'entreprise).
On est les premiers à écouter et à défendre les collègues souffrant d'hyperacousie, d'anxiété sociale, qui ont besoin d'horaires ou de régimes alimentaires ajustés, etc. On est beaucoup dans le milieu. On discute, on identifie ce qui pose problème, on les défend auprès du big-boss, on fait en sorte qu'ils puissent travailler dans les conditions où ils sont à leur meilleur, et ils font du super boulot. Ces mecs manipulateurs dont je parlais, on a déjà essayé de discuter et de résoudre le problème avec eux, ils ne veulent pas de ce dialogue. Ils crient systématiquement à l'oppresseur précisément parce qu'ils savent qu'on est très soucieux de ça, et ils pensent qu'en disant ça on va culpabiliser et peut-être ne plus rien oser leur dire, et ils pourront faire ce qui leur chante plutôt que de fournir le travail pour lequel on les paie.
Or notre but c'est de manager de façon adaptée des gens qui sont de bonne volonté, mais quand même pas de bichonner des tire-au-flanc agressifs et de mauvaise volonté. On est dévoués mais pas cons. Si on regarde les horaires qu'on fait, on n'est pas mieux payés à l'heure que ceux qu'on encadre, ont fait même pas mal de volontariat. J'ai jamais été chef de quoi que ce soit dans ma vie car j'ai jamais aimé imposer quoi que ce soit aux autres, mais là je me dis que je peux faire quelque chose de bien dans ce sens que ça me permet d'avoir un rôle dans la mise en valeur les talents de chacun, de contribuer à un travail d'équipe harmonieux, de permettre à tout le monde d'apporter et de s'améliorer. Malgré le titre de chef, notre mission ressemble le plus souvent à assister les employés, en fait. Bref, j'y gagne déjà pas grand chose personnellement, mais mon abnégation n'autorise pas qu'on me fasse ce genre de coup et qu'on se serve de moi.
Si par un concours de circonstances quelques manipulateurs arrivent à se mettre à plusieurs contre des gens comme nous, s'ils racontent leurs affabulations aux nouveaux employés qui ne savent encore rien de la boîte, ou au big boss qui n'est pas toujours au courant des détails de ce qui se passe en dehors de son bureau... ils peuvent vraiment monter toute une histoire et mettre tout ce qu'on fait en danger.
Donc je sais bien que la réalité du marché est pleine de petits chefs imbus, de boss abusifs, de gens qui te disent ce qui est bien pour toi, ou qui s'en moquent… il existe aussi des subordonnés malhonnêtes qui ne sont pas tous des Aspies oppressés ni des cœurs purs à l'opinion neutre…
C'est vraiment très difficile d'essayer de faire quelque chose d'un peu plus juste dans ce monde, et c'est d'autant plus décourageant de tomber sur des gens qui abusent, ou sur des gens qui se sont laissés convaincre que tous les chefs sont forcément des méchants.

Donc je voulais juste dire ils sont pas tous comme ça, faut y croire...