Mizton a écrit :
Je pense aussi que l'information peut jouer un grand rôle... Quand j'entends mon copain me raconter comme sa camarade de classe niait tout net qu'il était autiste (beeen oui, il ne se balance pas et il parle...! voyons c'est juste qu'il est "très timide" et voilà !) alors même qu'il avait son diag de fait... Sa conseillère mission locale qui elle aussi nie tout net le truc alors qu'il a la RQTH et son diag, donc quand même reconnaissance officielle qu'il n'est pas là à balancer un truc à la légère....! (poste qu'elle lui a trouvé et auquel il a obligation de postuler : du démarchage téléphonique............................................!!!!!!!!!)
Je rencontre exactement les mêmes réactions que ton copain. Je n'ai plus l'âge d'être suivi en mission locale mais je suis suivi par une structure style pôle emploi mais pour les personnes en situations de handicaps, et pourtant....
En général quand la question m'est posée trop abruptement (pourquoi vous avez la RQTH?) je réponds que je ne suis pas légalement tenu de le dire, je n'ai pas envie. Néanmoins il m'arrive de le dire quand la question est amenée plus subtilement et j'ai quasi systématiquement droit à une remise en doute d'un diagnostic avéré et reconnu par des psychiâtres, la MDPH etc. Je me balance mais très discrètement en public donc ça passe pour du stress ou je ne sais pas, je ne regarde pas les gens dans les yeux mais sais en donner l'impression à mon interlocuteur, et même quand j'explique que non je regarde son oreille ou sa bouche ou son nez en gros je passe pour un menteur. Je suis nul en maths donc non je ne peux pas être autiste type Asperger, etc etc etc.
C'est usant.
(Et parfois c'est l'effet inverse, je sais que je peux faire quelque chose, quitte à me fatiguer pour y parvenir, je sais que je peux et je reçois du "non mais ça c'est impossible pour vous, trop de contacts, trop de ceci, pas assez de cela. Comme si un emploi au fin fond d'une grotte sans aucun contacts sociaux existait. D'autre part, je dis moi-même que ce n'est pas ce que je souhaite, je ne veux pas me conforter dans mes difficultés mais la personne décide que non je ne PEUX pas... Bien-sûr, elle me voit genre 3 fois et sait mieux que moi qui me connais depuis plus de 30 ans ce que je peux ou ne peux pas faire/gérer etc.)
A côté de cela, je n'utilise jamais l'autisme comme "une excuse", j'essaie au maximum de faire en sorte de passer au dessus des trucs qui me demandent plus qu'à d'autres, néanmoins, parfois je me heurte à mes propres limites qui sont, je ne peux pas le nier typiquement autistiques... Et, dans ces cas là, le temps de gérer ou d'apprivoiser la situation pour trouver comment la gérer je me vois souvent reprocher le fait d'utiliser l'autisme comme une bonne excuse...
Parfois c'est décourageant.
Je le disais sur un autre fil (je ne sais plus lequel pardonnez-moi) je ne dis quasi jamais que je suis autiste, seules deux ou trois personnes très "proches" sont au courant, je ne veux pas de cette étiquette. Si les gens savaient mieux ce que c'est et ce que ça englobe je ne dis pas, mais en l'état actuel des choses je ne veux pas, les idées reçues me fatiguent.
Je connais une femme d'une soixantaine d'années qui a fait sa vie, de belles études, un mariage pas de tout repos, deux enfants pas des plus simples à élever etc, elle a ressenti le besoin de se comprendre récemment , elle est allé au CRA, au départ ça s'est bien passé, elle a passé des tests & cie, puis elle a eu un rdv avec plusieurs membres de l'équipe et là on lui a dit texto, après lui avoir confirmé quelques semaines plus tôt "c'est évident, vous présentez toutes les caractéristiques du syndrome d'Asperger, on ne vous laissera pas tomber", "Non, vous ne pouvez pas être autiste, parce que vous avez fait des études et que vous souriez".... Mais quelle imbécile d'avoir compensé sans s'en rendre compte après 60 ans d'habitude... (Cette dernière phrase est ironique).
Désolé, je fais peut-être du hors-sujet .
Someone.