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Message
par chawacee » mardi 7 janvier 2014 à 13:52
Je répond en vrac comme ça me vient.
L'agression pour un regard mal placé, ça m'est arrivé. Rien de grave notez, mais j'ai vécu dans une cité HLM 17 ans et tout mon collège/lycée/fac, je prenais le bus pour me rendre à l'école. Une fois ou deux il m'est arrivé de fixer des gens fixement sans faire gaffe, et du coup, à deux reprises, deux personnes se sont offusquées, principalement des racaillous de cité qui pensaient que je les provoquais. Néanmoins mon bredouillage de plates excuses et mon air profondément désolé les ont calmé les deux fois, ma détresse étant visible. (coup de bol, ils ne cherchaient pas spécialement une victime, j'avais du être dérangeante).
Le coup de savoir quand fixer, ou pas, j'ai parfois l'impression que des gens ont le regard trop "fixe", me scrutent, et du coup, moi qui alterne un peu comme je peux "regarde, regarde pas" (façon "tu me vois, tu me vois un peu, tu me vois plus" de je ne sais plus quel film d'humour..), tomber systématiquement sur leur regard vissé sur moi qui cause, ça m'angoisse. Les gens qui sont dans mon cercle sont du coup soi des amis de très très longue date (qui donc peuvent me regarder sans me mettre en détresse, ma confiance en eux est assez forte pour le gérer tranquillement), soi des personnes naturellement adaptées à cette caractéristique, et qui savent détourner le regard assez souvent pour ne pas m'embarrasser.
Et enfin, le coup de devoir se centrer sur autre chose : rongeage maladif des ongles, des lèvres, et aussi (et là.. un p'tit peu honte vu mon âge), j'ai TOUJOURS un mouchoir en tissu doux dans ma poche, pour conduire, mais aussi pour les cas sociaux ou je sais que je peux me sentir mal à l'aise, hop, je glisse la main dans ma poche et je triture d'une certaine manière pour m'apaiser.
Bref, j'ai 31 ans et un doudou. (DES doudous. Mon homme rigole chaque fois qu'il voit la collection sous mon oreiller, je ne peux trouver le sommeil qu'en les triturant.)
Et si une personne s'avère trop "intéressée" par moi, trop "captivée", et que je suis fatiguée, alors comme Charles, émotivement, ça me brasse énormément.
Maman d'un enfant TED diagnostiqué au CRA de Reims.
Je ne suis pas très typique, sans avoir pourtant creusé la question d'une façon ou d'une autre.