Une partie de la discussion sur l'article de L. Mottron publié par Mediapart. Intégralité en ligne :
http://blogs.mediapart.fr/edition/les-i ... mmentaires
14/02/2014, 16:04 | PAR ALAIN GILLIS
Merci Laurent Mottron de préciser aussi clairement les réticences que j'avais pu avancer il y a quelques jours dans un billet de blog ici même.
En tant que praticien il m'apparaissait que nombre d'approximations pouvaient entacher les résultats et devaient, une fois encore incliner vers un peu moins d'enthousiasme automatique à l'idée de disposer d'un traitement correspondant à LA cause de THE Autism.
Mais les effets planétaires, comme vous le dites, ne nous seront pas épargnés. Il nous sera demandé, au nom de la science, d'augmenter le débit urinaire des sujets présentant quelque déficience.
Il y a un problème évident côté modèle. Un homme = une souris
Il y a un problème côté génôme. Un X fragile = un autiste
Et bien d'autres problèmes encore du côté de l'interprétation.
Pour ma part, le fait de retrouver cette particularité - taux de chlore élevé - dans des pathologies qui n'ont rien à voir avec l'autisme ( dans les traumatismes crâniens par exemple) constitue une raison immédiate de douter de la pertinence de cette "découverte". Il s'agit d'une particularité non spécifique de l'autisme.
13/02/2014, 19:12 | PAR VÉRONIQUE HURTADO
En tant que personne intervenant pour assister les parents d'enfants autistes ou les autistes adultes, la préoccupation première pour un être qu'on aime est de le soigner.
Excusez-moi de devoir réécrire ce désir fou qui dérange tant les psychanalystes :
- de le guérir !
Ou à tout le moins de rendre autonomes les personnes autistes, dans l'intérêt mutualisé de l'Etat, des citoyens et des autistes.
Cet article a le mérite d'être clair et précis, donc de fermer des portes là où s'ouvraient des fantaisies et des utopies de guérisons, à partir de tests réalisés sur des souris.
Il est "sain" de corps et d'esprit qu'Alain Gillis nous le rappelle. N'est pas souris qui veut ! Et peut être autiste qui ne le sait pas, tant le syndrome autistique en France relève de tout et de rien.
Cependant, je maintiens que la recherche clinique des causes physiologiques de l'autisme est tout aussi légitime que celle effectuée pour lutter contre le cancer et le sida.
Pourquoi l'autisme devrait-il être vécu comme une "fatalité" avec laquelle les familles doivent s'arranger, sachant qu'en France, peu d'aide est apportée aux familles et aux autistes pour les arranger ?
Pourquoi est- ce déranger que s'interroger sur les causes physiologiques de l'autisme ?
Ou alors il faut être sérieusement "dérangé" pour ne pas vouloir déroger à la règle absurde qu'on serait autiste sans savoir pourquoi et qu'il faudrait rester autiste à l'idée de tout savoir.
La raison commande de chercher encore et toujours ce qu'est l'autisme et d'en explorer toutes les facettes.
L'espérance demande de trouver des voies de guérison, car seule la mort est fatale.
15/02/2014, 04:15 | PAR JEAN VINÇOT EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE ALAIN GILLISLE 14/02/2014 À 15:45
La pensée magique, l'idéologie à plein tube : regardez-vous dans un miroir.
Il n'y a pas de pensée magique dans le bumétanide. Cela marche assez bien, comme la mélatonine. C'est suffisant pour vouloir en savoir plus.
Si vous avez vu "A ciel ouvert"', ce magnifique et plaisant film de psychanalyse-fiction, vous avez pu constater qu'un des jeunes prend du Risperdal depuis 8 ans sans que cela pose problème. Commentaire ?
15/02/2014, 04:07 | PAR JEAN VINÇOT EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE TAKY VARSÖLE 14/02/2014 À 15:52
où avez-vous trouvé l'idée que les chercheurs croyaient avoir trouvé une cause et un traitement ? Ils défendent l'idée d'avoir trouvé un mécanisme avec un traitement qui agit souvent - sans être spécifique à l'autisme.
Et le Pr Ben-Ari insiste toujours pour dire que le traitement doit être associé à une prise en charge comportementale.
Nous pensons - parents d'enfants autistes ou adultes autistes utilisant le burinex depuis des mois ou des années - qu'il s'agit le plus souvent d'un facilitateur. Les interactions sociales sont plus faciles, moins coûteuses en énergie pour la personne autiste. Ce n'est pas suffisant, ce n'est pas irréversible. Et ce n'est pas un morceau de viande !
15/02/2014, 10:19 | PAR ALAIN GILLIS EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE JEAN VINÇOTLE 15/02/2014 À 04:07
S'il avait été fait mention d'un traitement qui, comme vous le dites, facilitait les interactions, certes de façon insuffisante et non irréversible, il n'aurait pas été nécessaire de faire des mises au point qui finissent en batailles rangées. Lisez ou relisez mon blog et vous verrez que je n'ai rien contre "le chlore".
Je vais citer ce passage : Cette affaire chlorée n'est pas négligeable, certes, mais elle ne concerne pas directement et de manière univoque la constitution d'une "maladie autistique" dont on aurait encore une fois trouvé la cause.
C'est pourquoi je ne suis pas d'accord pour présenter ça comme une explication et un immense espoir de guérison.
(j'ai répondu en lieu et place de Taky, veuillez m'en excuser)
15/02/2014, 18:14 | PAR JEAN VINÇOT EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE ALAIN GILLISLE 15/02/2014 À 10:19
"je ne suis pas d'accord pour présenter ça comme une explication et un immense espoir de guérison." Ce n'est pas une explication de l'autisme, c'est une hypothèse sur un mécanisme intervenant dans l'autisme - et peut-être dans d'autres troubles - avec la production de plus en plus de constatations cliniques, d'études en double aveugle, de travaux de recherche fondamentale. Et il ne s'agit pas de guérir, mais de faciliter la vie des autistes.
15/02/2014, 19:01 | PAR ALAIN GILLIS EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE JEAN VINÇOTLE 15/02/2014 À 18:14
Ce n'est pas une explication de l'autisme, nous sommes d'accord !
C'est une hypothèse sur un mécanisme intervenant dans l'autisme... Oui, même si ce n'est pas le seul mécanisme
Et peut-être dans d'autres troubles. Il est dit que oui, dans l'épilepsie et dans les traumatismes crâniens...
Il ne s'agit pas de guérir mais de faciliter la vie... Bien, je n'ai rien contre cette manière de concevoir l'intérêt d'une intervention sur le taux de chlore.
15/02/2014, 19:37 | PAR JEAN VINÇOT EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE ALAIN GILLISLE 15/02/2014 À 19:01
OK. Mais vous serez surpris par les autres troubles ...
15/02/2014, 19:58 | PAR ALAIN GILLIS EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE JEAN VINÇOTLE 15/02/2014 À 19:37
C'est en tous cas un point crucial car si l'on découvrait que les variations du taux de chlore intra cellulaire sont corellées à un grand nombre de dysharmonies du fonctionnement cérébral... (c'est juste une idée) ce serait aussi intéressant mais un peu différent.
15/02/2014, 23:28 | PAR JEAN VINÇOT EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE ALAIN GILLISLE 15/02/2014 À 19:58
Les recherches sur le bumétanide - en lien avec les variations du taux de chlore des neurones - pour d'autres "dysharmonies du fonctionnement cérébral" sont encore à l'état préliminaire. Mais la question est bien posée.
14/02/2014, 00:25 | PAR JEAN VINÇOT
Pour ceux qui prennent la peine de lire l'anglais, il y a une réponse de Ben-Ari et Lemonnier à l'article publié l'année dernière sur le site de la SFARI. On a l'impression que Mottron n'a pas lu la fin de la page :
https://sfari.org/news-and-opinion/news ... for-autism
Laurent Mottron semble ignorer l'étude publiée en janvier par Nouchine Hadjikhani sur les effets mesurés par IRM de la prise de bumétanide pendant 10 mois par 8 jeunes adultes autistes bretons ("Autism").
Ainsi que la publication qui présente un cas d'effet du bumétanide pour un enfant avec X fragile. Le Programme Hospitalier de Recherche Clinique va faire des essais sur le bumétanide dans le maximum de situations où une cause notamment génétique d'autisme est connu, parce qu'on sait qu'il y a une diversité importante de causes.
Semble ignorer également la publication sur les effets sensoriels de la prise de bumétanide chez une jeune fille Asperger.
Ses remarques sur les phases pour la mise sur le marché du médicament sont fausses : mais il ne vit pas en Europe, et il ne s'est manifestement pas renseigné.
Mais quand il compare le bumétanide à la sécrétine, il exagère. Il n'y a aucun rapport entre l'unique cas (dans mon souvenir) qui a déclenché la diffusion de la sécrétine, avec l'expérience accumulée depuis 4 bonnes années et les études menées à Brest, et aujourd'hui aussi à Lyon, Marseille, Nice, Pays Basque. Et ailleurs.
En attendant, pour éviter tout problème, il est nécessaire qu'une autorisation temporaire d'utilisation soit donnée pour le burinex qui est le médicament actuel. Cela permettra un suivi médical sérieux, qui est nécessaire.
14/02/2014, 02:22 | PAR SNIP
Les parents dont les enfants suivent le traitement doivent bien rire de tous ces sachants hostiles aux progrès de la science.
Pouquoi ces sachants ne sont-ils pas informés des nombreuses études sur la piste synaptique et encore moins des études convergentes en cours et de la probance des résultats que constatent les parents du seul fait que quand ils arrêtent le traitement les troubles disparus réapparaisent ?
Ont-ils simplement une approche non scientifique ou sont-ils motivés par des intérêts corporatistes pour ne pas vouloir ou savoir s'informer ?
Ce que n'importe quel parent qui prend le temps de s'informer peut savoir, pourquoi ne le savent-ils pas ?
Des études vont fatalement être publiées par d'autres équipes dans divers pays et ce que constatent les parents n'importe quel scientifique le constatera.
Alors laissons ces sachants s'exprimer et créer le discrédit où l'histoire les conduira pour avoir privilégié des intérêts corporatistes au raisonnement scientifique, à l'expertise profane et à l'intérêt des enfants.
Laissons les parler et enregistrons ces pages pour que s'il advenait qu'ils veuillent les retirer de l'internet, l'histoire de ceux qui se sont opposés à apporter une aide significative aux enfants autistes ne puisse pas être réécrite.
Comment un traitement avec un médicament à 4,50€ par mois pourrait-il être source de conflit d'intérêts ?
Et comment pourrait-on croire que les enjeux économiques ne sont pas dans la menace que fait peser ce traitement à 4,50€ à l'ensemble des acteurs historiques du marché de l'économie du handicap autisme?
Comme le disait Coluche quand on ne sait pas on est autorisé à fermer sa ...
Et quand on ne le fait pas, on mérite bien de recevoir la leçon que l'histoire en marche finit tôt ou tard par apporter.
15/02/2014, 18:16 | PAR JEAN VINÇOT EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE SNIP LE 14/02/2014 À 02:22
Sur la question du conflit d'intérêts : Mediapart a écrit là-dessus. Ce n'est pas une raison d'en faire une tarte à la crème à jeter à la tête du moindre passant. Ce qui permettra de dédouaner le mafieux, au motif que tout le monde est dans un conflit d'intérêts.
Laurent Mottron pousse le bouchon beaucoup trop loin. Ben-Ari a fait une déclaration d'intérêt car il est actionnaire et dirigeant de la société Neurochlore. Le conflit d'intérêt, c'est différent : c'est lorsqu'une personne prend une décision pour le compte d'une autorité alors qu'elle est par ailleurs concernée à titre privé. Cela se passe, par exemple, lorsque les experts qui décident pour le médicament sont par ailleurs rémunérés par le laboratoire qui demande l’autorisation. Dans les études sur un médicament, la plupart des chercheurs ont un lien avec le laboratoire qui finance les études. Ce qui importe, c'est que ce soit d’autres scientifiques qui participent à des comités de lecture avant publication dans des revues scientifiques ou au processus de décision pour une autorisation de mise sur le marché ou un retrait de cette AMM.
Ce qui m'étonne le plus dans la tribune de LM, c'est qu'il ne mentionne pas également que le Dr Lemonnier est en "conflit d'intérêt". En effet, Lemonnier est aussi actionnaire de Neurochlore (société dont le capital est passé de 45.000 € à 66.000 € environ : vous pouvez vérifier au Kbis, çà a du me coûter 4 €). Je crois qu'un des autres chercheurs est aussi actionnaire. Le Dr Lemonnier a une autorisation officielle, en tant que fonctionnaire, pour être actionnaire.L. Mottrron, en omettant ce fait, semble démontrer ne pas avoir lu l'article de Science. Ce que je trouve scandaleux dans l'histoire, c'est que l'Etat ne finance pas directement ces recherches, et que l'Inserm ait demandé aux chercheurs de créer leur société privée pour que ce progrès thérapeutique soit possible.
A noter sur ce point les propos du chef de service qui a éjecté le Dr Lemonnier du CRA de Bretagne : « Ce n'est pas le cas, je suis connu de nombreux professionnels mais il n'y a pas conflit d'intérêt. Je n'en dirais pas autant de ceux qui ont utilisé un médicament non autorisé hors AMM chez des enfants »
http://www.letelegramme.fr/.../autisme-le-devenir-du... Alliance "objective" entre "un pied nickelé de l'autisme" (suivant J-L. Racca sur son blog de Mediapart) et un adversaire franco-québécois de la psychanalyse ? Parce que ce que dit Mottron de Ben-Ari est applicable à Lemonnier.
14/02/2014, 07:34 | PAR JEAN VINÇOT
Publications antérieures à l'étude parue le 7 février dans "Science"
dans des revues à comité de lecture
Lemonnier E., Ben-Ari J., Decreased autistic behaviour in 5 infants treated with the NKCC1 cotransporter inhibitor bumetanide (bumex), Acta Paediatr., 2010 Dec;99(12):1885-8.
Lemonnier E., Degrez C., Phelep M., Tyzio R., Josse F., Grandgeorge M., Hadjikhani N., Ben-Ari Y., A randomized controlled trial of bumetanide in the treatment of autism in children, Trans Psychiatry, 2012, 2, e202; doi:10.1038, 2012.124
Lemonnier E, Robin G, Degrez C, Tyzio R, Grandgeorge M, Ben-Ari Y. Treating Fragile X syndrome with the diuretic bumetanide: a case report. Acta Paediatr. 2013 Jun;102(6):e288-90.
Nouchine Hadjikhani Nicole R Zürcher Ophelie Rogier Torsten Ruest Loyse Hippolyte Yehezkel Ben-Ari4 Eric Lemonnier Improving emotional face perception in autism with diuretic bumetanide: A proof-of-concept behavioral and functional brain imaging pilot study
Marine Grandgeorge , Eric Lemonnier , Céline Degrez, Nelle Jallot -The effect of bumetanide treatment on the sensory behaviours of a young girl with Asperger syndrome
Revues sans comité de lecture
Lemonnier E et Ben-Ari Y., Des diurétiques pour traiter l’autisme : histoire riche d’enseignement d’une découverte, La lettre des neurosciences (Bulletin de la société des neurosciences), 2011, 41, 13-15
14/02/2014, 12:46 | PAR JOËL MARTIN EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE JEAN VINÇOTLE 14/02/2014 À 07:34
Merci pour cette documentation.
Outre que je recommande ce commentaire, je recommande la lecture de cette documentation aux personnes qui condamnent hâtivement cette étude avec des arrière-pensées qu'on devine facilement : si ce type d'études conduisait à un traitement efficace de l'autisme, c'en serait fini des "soins" basés sur la psychanalyse et autres hydrothérapies textiles qui peut-être apaisent ponctuellement le malade mais en aucun cas ne le guérissent.
Ce serait la fin d'une poule aux oeufs d'or pour ces thérapeutes sentencieux et inefficaces.
15/02/2014, 18:26 | PAR JEAN VINÇOT EN RÉPONSE AU COMMENTAIRE DE JOËLMARTINLE 14/02/2014 À 12:46
Je suis d'accord, mais je voudrais nuancer : l'autisme n'est pas une poule aux oeufs d'or pour les psychanalystes, parce qu'ils n'y peuvent rien et qu'ils ne s'en occupent en général que dans le cadre du secteur public (qui paye bien moins que le secteur privé). A Paris, çà peut peut-être payer en libéral et en cumul avec le revenu garanti du public, mais c'est rarement le cas en province.
Je suis persuadé qu'il n'y aura aucun traitement chimique ou manipulation génétique qui éliminera l'autisme. Ce qui veut dire qu'une prise en charge psychologique restera intéressante pour ceux qui découvriront leur différence.
La prise en charge psychologique des professionnels qui assureront un suivi de ceux-là passera peut-être par la psychanalyse ?
Liens vers résumé des articles :
Decreased autistic behaviour in 5 infants treated with the NKCC1 cotransporter inhibitor bumetanide (bumex)
A randomized controlled trial of bumetanide in the treatment of autism in children
Treating Fragile X syndrome with the diuretic bumetanide: a case report.
15/02/2014, 19:28 | PAR JEAN VINÇOT
L. Mottron écrit : " L’étude a été qualifiée de « controversée » par le site du magazine Nature." L'étude dont il est question est celle publiée en décembre 2012. Et l'article de "Nature" cité explique que la nouvelle étude de Ben-Ari soutient l'étude controversée en fournissant un mécanisme biologique clair comme explication de résultats de l'essai en double aveugle. Maisd il faut lire plus qu'un adjectif du sous-titre pour le savoir.
16/02/2014, 22:27 | PAR JEAN VINÇOT
Un commentaire sur FB d'un jeune participant à l'étude de Lausanne (IRM avant et après 10 mois de bumétanide) : Il est normal que les autistes et leurs familles essaient un peu de tout.
Au sujet de la sécrétine : elle a eu un grand succès à la fin des années 90, à la suite de trois cas d'enfants autistes qui semblaient s'être nettement améliorés après injection. De nombreux parents en ont acheté à prix d'or.
Mais, quand il a fallu vraiment tester l'efficacité, pour pouvoir commercialiser une formule plus pure et moins coûteuse, l'étude en double aveugle sur 56 cas n'a rien donné ; en fait, les deux groupes s'étaient améliorés, mais le groupe placebo s'était encore plus amélioré que le groupe sécrétine !
Et pourtant, après avoir été informés des résultats négatifs, 69 % des parents de l'étude voulaient quand même donner de la sécrétine à leurs enfants. Il y a 15 autres études avec les mêmes résultats.
Notons aussi que Rimland, un des principaux promoteurs de l'époque, était lui-même très engagé en faveur des familles (entre autres, il avait aidé à discréditer la théorie des mères-réfrigérateurs) ; mais la bonne foi n'est malheureusement pas une garantie de succès. Il y avait aussi eu une grande attention des médias. Pas étonnant donc que certains fassent un parallèle avec cette histoire.
(source : Paul Offit, Autism's false prophets et
Autisme et Pseudoscience )
Dans le même genre, il y a aussi l'histoire de la communication facilitée.
Il y a bien d'autres causes possibles, traitements et thérapies avec des recherches en cours. Il faudra encore pas mal de recul pour savoir ce qui va se détacher du lot ou être réfuté.
De manière générale, je butine pas mal sur les pseudosciences dans d'autres domaines ; et bien c'est parfois terrifiant le nombre faramineux de personnes (pourtant intelligentes) qui peuvent se lancer à corps perdu dans une voie sans issue ou une charlatanerie. Et, oui, les discours soutenant ces pseudosciences tiennent parfois du prosélytisme religieux, ça fait peur. Vous n'en êtes pas encore là, mais faites gaffe.
Donc oui, même si la piste du bumétanide a l'air mieux partie au niveau recherche, je trouve normal que certains professionnels ne débouchent pas le champagne trop vite. On ne prouve pas qu'une théorie scientifique marche en étant gentils avec les auteurs, mais en pinaillant un max dessus pour trouver des failles.
18/02/2014, 15:26 | PAR JEAN VINÇOT
Il ne reste plus qu'à attendre la publication des réponses de Y. Ben-Ari et d'E. Lemonnier à L. Mottron. A moins qu'ils ne soient pas dignes d'êtrte "invités" de Mediapart ?
Modifications (Tugdual) : - 10/09/2022 : Remplacement des liens de "charlatans.info" par les archives du web.