On pourrait en débattre dans la discussion sur l'économie.
Il pourrait y avoir des discussions très intéressantes. Ce n'est pas si simple. On pourrait être tenté par une société sans argent mais... :
- la monnaie a aussi un effet de régulation sur nos comportements (surtout quand on n'est pas riche ; on ne se sert pas de ce qui ne nous appartient pas [1]) ; sans monnaie, qu'est-ce qui régulerait nos comportements ? N'y aurait-il pas le risque que règne la loi du plus fort ?
- tout bien ou tout effet/sensation peut, sans qu'on ne s'en rende compte, devenir une récompense, une monnaie.
[1] Cela fait appel aussi aux débats sur ce que sont la propriété, la copropriété, l'appartenance, le partage, la consommation, le prêt, le remboursement, le don, le contre-don, le sacrifice, la sacralisation, la banalisation, etc. L'anthropologie s'invite.
Heureusement, il n'y a pas que la "nature" (ce mot, dans ce sens, laisse déjà poindre une pointe, une essence d'essentialisme... ; de
natura rerum, de la nature des choses ; ou de La condition humaine, d'André Malraux ?), mais aussi la culture, l'éducation. La philosophie s'invite aussi.
Les personnes initiées voient les erreurs mais ont de la difficulté à les corriger. Mais les personnes non initiées ne les remarquent même pas. Car elles n'ont pas d'idéal. Avoir un idéal (ou plusieurs idéaux), c'est déjà avoir une certaine initiation.