A propos de Golem
Posté : mercredi 5 mars 2014 à 1:30
"Ces enfants autistes sont vides comme un golem au sens où leur capacité combinatoire n'a pas de maître ni de limites. Ils ont des capacités de calcul souvent stériles, comme un ordinateur laissé à lui-même. " Charles Melman - Le Télégramme
Tout était prétexte à des dérives verbales: Si nous avions appelée notre dernière Colombine, c’était parce que Césaire était son Arlequin! ». Un jour il s’écrie en regardant notre fils « TU ES LE GOLEM!!! » (en rentrant à la maison nous nous sommes empressés d’aller voir la signification de ce mot). Il prenait Césaire seul afin de le tester et poser un diagnostique. J’ai oublié combien de séances nous l’avons vu, mais je n’ai pas oublié la dernière où il nous a dit « votre fils est autiste grave » et où il s’est tourné vers lui et lui a dit d’une voix solennelle « Tu es gravement atteint, tu souffres, tu es autiste » et notre petit bout de six ans et demi de le regarder sans rien dire. Corinne
Information gracieusement reçue au sujet du Golem :
Dans la mystique juive, le golem est une statue ranimée par l’homme. Le mot « golem » désigne en hébreux l’incomplétude, la non-perfection, et c’est ainsi qu’était perçue cette statue à ranimer : elle n’avait ni de pensée ni de volonté propres, souvent, elle n’avait pas la parole et ne faisait qu’exécuter les ordres de son maître. La croyance en la possibilité de créer une chose repose sur l’idée que les humains disposent d’une force créatrice qui ne saurait toutefois pas égaler celle de Dieu. Le concept du « shem » qui ranime le golem est issu de la kabbale, doctrine qui indique qu’en utilisant la bonne combinaison de lettres formant le nom de Dieu, il est possible de reproduire l’acte créateur divin. Le « shem » étant le plus souvent un bout de parchemin sur lequel ces lettres furent inscrites.
A sa façon, Adam, le premier homme, créé à partir de la poussière, pourrait être assimilé à un golem.
Le golem le plus célèbre serait celui dont la légende dit qu’il fut créé par le rabbi Jehuda Löw ben Becalel. Son rôle devait être de protéger le ghetto juif de Prague contre les chrétiens qui l’assaillaient régulièrement. Le golem était ranimé à l’aide du bout de parchemin – le « shem » – et obéissait à celui qui le ramenait à la vie. C’est en ôtant le « shem » de sa bouche que l’on l’immobilisait. Ensuite, il attendait, immobile, que l’on vienne lui insuffler la vie et qu’on lui donne de nouveaux travaux à exécuter. Il fut détruit par son créateur, le rabbi Löw. En effet, la seule et unique fille de ce dernier tomba malade. Le rabbi, désespéré, partit à la synagogue en oubliant d’enlever le « shem ». Le golem, n’ayant pas de tâches particulières à accomplir, s’est mis à tout détruire sur son passage. La servante courut à la synagogue pour alerter le rabbi. Celui-ci rentra en vitesse, retira le « shem », mais comme ce fut un jour de « sabbat », jour de repos où toute action extérieure est interdite, le Golem fut arrêté une fois pour toute, tombé en poussière. Le rabbi ne regretta toutefois pas sa destruction car, par miracle, sa fille retrouva sa santé.
Le golem est source d’inspiration pour de nombreux ouvrages, plusieurs films ont été tournés sur le sujet, dont un en français, en coproduction franco-tchèque, en 1936 à Prague. Le roman de Gustav Meyrink, romancier autrichien, publié en 1915, est l’une des versions des plus célèbres de l’histoire du golem.
Gustav Meyrink, Le Golem, Bibliothèque électronique du Québec, p. 39-40
« C’est alors que resurgit secrètement en moi la légende du Golem, cet être artificiel qu’un rabbin cabaliste a créé autrefois à partir de l’élément, ici même, dans ce ghetto, l’appelant à une existence machinale, sans pensée, grâce à un mot magique qu’il lui avait glissé derrière les dents.
De même que le Golem se figeait en une figure de glaise à la seconde où le mystérieux verbe de vie lui était retiré de la bouche, il me semble que tous ces humains tomberaient privés de leur âme si l’on faisait jaillir dans leur cerveau n’importe quel microscopique concept, un désir subalterne, peut-être une habitude sans motif ni but chez l’un, voire simplement chez l’autre la sourde aspiration à quelque chose de tout à fait indéterminé, dépourvu de consistance. »
Tout était prétexte à des dérives verbales: Si nous avions appelée notre dernière Colombine, c’était parce que Césaire était son Arlequin! ». Un jour il s’écrie en regardant notre fils « TU ES LE GOLEM!!! » (en rentrant à la maison nous nous sommes empressés d’aller voir la signification de ce mot). Il prenait Césaire seul afin de le tester et poser un diagnostique. J’ai oublié combien de séances nous l’avons vu, mais je n’ai pas oublié la dernière où il nous a dit « votre fils est autiste grave » et où il s’est tourné vers lui et lui a dit d’une voix solennelle « Tu es gravement atteint, tu souffres, tu es autiste » et notre petit bout de six ans et demi de le regarder sans rien dire. Corinne
Information gracieusement reçue au sujet du Golem :
Dans la mystique juive, le golem est une statue ranimée par l’homme. Le mot « golem » désigne en hébreux l’incomplétude, la non-perfection, et c’est ainsi qu’était perçue cette statue à ranimer : elle n’avait ni de pensée ni de volonté propres, souvent, elle n’avait pas la parole et ne faisait qu’exécuter les ordres de son maître. La croyance en la possibilité de créer une chose repose sur l’idée que les humains disposent d’une force créatrice qui ne saurait toutefois pas égaler celle de Dieu. Le concept du « shem » qui ranime le golem est issu de la kabbale, doctrine qui indique qu’en utilisant la bonne combinaison de lettres formant le nom de Dieu, il est possible de reproduire l’acte créateur divin. Le « shem » étant le plus souvent un bout de parchemin sur lequel ces lettres furent inscrites.
A sa façon, Adam, le premier homme, créé à partir de la poussière, pourrait être assimilé à un golem.
Le golem le plus célèbre serait celui dont la légende dit qu’il fut créé par le rabbi Jehuda Löw ben Becalel. Son rôle devait être de protéger le ghetto juif de Prague contre les chrétiens qui l’assaillaient régulièrement. Le golem était ranimé à l’aide du bout de parchemin – le « shem » – et obéissait à celui qui le ramenait à la vie. C’est en ôtant le « shem » de sa bouche que l’on l’immobilisait. Ensuite, il attendait, immobile, que l’on vienne lui insuffler la vie et qu’on lui donne de nouveaux travaux à exécuter. Il fut détruit par son créateur, le rabbi Löw. En effet, la seule et unique fille de ce dernier tomba malade. Le rabbi, désespéré, partit à la synagogue en oubliant d’enlever le « shem ». Le golem, n’ayant pas de tâches particulières à accomplir, s’est mis à tout détruire sur son passage. La servante courut à la synagogue pour alerter le rabbi. Celui-ci rentra en vitesse, retira le « shem », mais comme ce fut un jour de « sabbat », jour de repos où toute action extérieure est interdite, le Golem fut arrêté une fois pour toute, tombé en poussière. Le rabbi ne regretta toutefois pas sa destruction car, par miracle, sa fille retrouva sa santé.
Le golem est source d’inspiration pour de nombreux ouvrages, plusieurs films ont été tournés sur le sujet, dont un en français, en coproduction franco-tchèque, en 1936 à Prague. Le roman de Gustav Meyrink, romancier autrichien, publié en 1915, est l’une des versions des plus célèbres de l’histoire du golem.
Gustav Meyrink, Le Golem, Bibliothèque électronique du Québec, p. 39-40
« C’est alors que resurgit secrètement en moi la légende du Golem, cet être artificiel qu’un rabbin cabaliste a créé autrefois à partir de l’élément, ici même, dans ce ghetto, l’appelant à une existence machinale, sans pensée, grâce à un mot magique qu’il lui avait glissé derrière les dents.
De même que le Golem se figeait en une figure de glaise à la seconde où le mystérieux verbe de vie lui était retiré de la bouche, il me semble que tous ces humains tomberaient privés de leur âme si l’on faisait jaillir dans leur cerveau n’importe quel microscopique concept, un désir subalterne, peut-être une habitude sans motif ni but chez l’un, voire simplement chez l’autre la sourde aspiration à quelque chose de tout à fait indéterminé, dépourvu de consistance. »
