Sujet récurrent que cette histoire d'empathie...
Je pense que ce mot est employé à toutes les sauces médiatiques, et qu'il mériterait d'être affiné.
Je pense aussi que ce qui manque aux autistes n'est pas l'empathie. Ce qui manque aux autistes/aspies, c'est la CONGRUENCE, et non pas l'empathie. De même que la compassion ne manque pas plus aux autistes/aspies qu'aux neurotypiques.
L'empathie est la capacité à détecter et analyser les ressentis et fonctionnements émotionnels spécifiques des autres.
La congruence est la capacité à réagir de façon
adaptée aux ressentis et fonctionnements émotionnels spécifiques des autres (nuance !).
La compassion est à la croisée du "ressentir avec" (les autres) et du désir de pallier à la souffrance d'autrui (compassion = souffrir avec), le désir de faire le bien, parce que la souffrance des autres génère de l'inconfort : quand on souffre de voir autrui souffrir, on fait son possible pour aider autrui, afin de moins souffrir soi-même (principe du "gagnant-gagnant").
La sympathie serait un mélange équilibré des trois (?).
L'autisme porte à réagir de façon souvent incongrue, voire à ne pas réagir du tout, face aux ressentis des autres. Ce qui n'indique absolument pas que ces ressentis extérieurs ne soient pas perçus ni compris. Il n'y a qu'à voir avec quelle intensité les autistes sont sensibles aux personnes comme aux ambiances. Un autiste qui éprouve de la compassion est désarmé, il souffre car il ne sait pas comment faire pour aider autrui à moins souffrir, voire il s'y prend mal et peut aggraver la situation, ce qui augmente sa souffrance.
Il existe aussi deux composantes dans l'empathie :
L'empathie cognitive : capacité à comprendre le point de vue de l'autre.
L'empathie émotionnelle : capacité à comprendre les émotions de l'autre.
Si on s'en tient à ces définitions, il apparaît clairement que l'empathie ne fait pas défaut aux autistes. Mais que leur absence ou manque de congruence peut porter à croire que c'est l'empathie qui manque.
Les pervers (narcissiques ou pas) sont des personnes qui nourrissent leur ego par la nuisance envers autrui : contrairement aux idées reçues, les pervers sont des gens très empathiques. Ils savent très bien repérer les états émotionnels et le fonctionnement des autres afin d'agir sur leurs failles pour les affaiblir. Les pervers sont hyper-compétents en empathie, mais n'ont pas de compassion (n'ont aucune envie de faire le bien d'autrui car ils ne souffrent pas de la souffrance des autres). Ils sont aussi très congruents : ils savent agir de façon synchrone avec les ressentis des autres afin de les détruire efficacement.
De par son "incongruence", l'autiste ne peut pas être pervers : il n'est pas capable de vouloir le mal d'autrui du fait de la finesse envahissante de ses ressentis sensoriels. Mais sa maladresse peut l'amener à blesser (par ignorance).
On pourrait présenter tout cela par quelques petites équations :
Empathie + congruence + compassion = sympathie.
Soit les 3 qualités sont moyennement développées (NT "moyen"), soit elles sont très développées de concert (les personnes charismatiques qui irradient de bonté et de justesse).
Empathie - congruence (+ compassion à niveaux divers selon personnalité) = profil autistique.
Empathie + congruence - compassion (compassion absente) = pervers (personnalités nuisibles).
Si on comprend toutes ces nuances, on ne peut que constater que les autistes ont de l'empathie et que les tests visant à soi-disant mesurer l'empathie sont erronés et mériteraient d'être totalement révisés.
Tout cela est assez compliqué et difficile à exposer. J'aurais aimé faire plus simple...
