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[Index Jeux] Jeu d'écriture : Atelier d'écriture virtuel

Posté : mercredi 28 mai 2014 à 23:34
par Loup
Un site à tester, l'expérience est intéressante... :wink:

http://www.zulma.fr/atelier-ecriture.html


Spoiler : Moi ça donne ça, comme texte -c'est mieux de lire après avoir essayé... : 
Étape 15/16

1. «Tout ce petit monde riait de se découvrir en vie dans cet amas de ferraille.» Nous n'avions jamais été aussi près des frontières de la mort. La mort est un long voyage et elle nous cueille dans ses longs bras. Moi je quémandais juste des miettes d'ombres, un peu de sommeil en graines...

2. «La mort est un artiste médiocre ; les masques qu’elle laisse montrent seulement combien elle défigure la vie.» Ce long voyage nous laisse évidemment sur le carreau. Sur le sol froid, veille l'ange de pierre. Sur mon âme, la forêt.

3. «Mais j'ai pensé qu’il serait toujours temps de décompter les morts plus tard. » Pourtant, je restais compter les carreaux sur le mur des chiottes, j'étais dans cette foutue guerre pour une raison... Mon unique désir était de me caler près des écluses, sous l'ombre du pater.

4. «Quand, pour la vingt et unième fois, l'arbre fut à nouveau en fleurs, elle se réveilla. » Les yeux en guerre, l'escalier en ruine. Le dernier des hommes s'est fait tirer les vers du nez. En ricanant.

5. «Maman dessinait à la peinture rouge des petites croix sur l'écorce des arbres.» Elle avait même taillé un escalier dedans, et s'était fabriqué un petit moulin. Pour l'électricité. Une chambre claire à l'étage, pour voir le monde. À cheval sur le ciel.

Étape 16/16

Nous n'avions jamais été aussi près des frontières de la mort. La mort est un long voyage et elle nous cueille dans ses longs bras. Moi je quémandais juste des miettes d'ombres, un peu de sommeil en graines... Ce long voyage nous laisse évidemment sur le carreau. Sur le sol froid, veille l'ange de pierre. Sur mon âme, la forêt. Pourtant, je restais compter les carreaux sur le mur des chiottes, j'étais dans cette foutue guerre pour une raison... Mon unique désir était de me caler près des écluses, sous l'ombre du pater. Les yeux en guerre, l'escalier en ruine. Le dernier des hommes s'est fait tirer les vers du nez. En ricanant. Il avait même taillé un escalier dans la roche, et s'était fabriqué un petit moulin. Pour l'électricité. Une chambre claire à l'étage, pour voir le monde. À cheval sur le ciel.

Re: Atelier d'écriture virtuel... [jeu d'écriture]

Posté : jeudi 29 mai 2014 à 0:07
par isra
Super sympa ce jeu!

Voici mon texte: Bon chez moi on voit que c'est le printemps :)
Spoiler :  : 
Elle imaginait à chaque instant cette rencontre qu'elle souhaitait effleurer de sa bouche, il ne lui restait plus qu'à tomber sur le "numéro gagnant" lors de ce voyage, me laissant nue au bord de la rivière après notre rencontre.
Son souvenir écrit à l'encre de chine dans mon coeur serré comme une enclume, me souvenant avoir égaré ce billet au bord de la rivière ou de l'étang, mon unique désir fut de le retrouver, je rédigeais donc une affiche...
Ce qui me reste de lui, ses souliers trouvés près de l'étang ainsi que l'intense désir, après cet étrange rendez-vous...
Tranquillement nous y avions ôtés nos manteaux, nos souliers, les derniers hommes venaient de s'en aller, lorsqu'il sorti sa guitare pour entonner un morceau...

Re: Atelier d'écriture virtuel... [jeu d'écriture]

Posté : jeudi 29 mai 2014 à 1:11
par Pupuce
............

Re: Atelier d'écriture virtuel... [jeu d'écriture]

Posté : jeudi 29 mai 2014 à 12:32
par Tugdual
Loup a écrit :Un site à tester, l'expérience est intéressante... :wink:
Effectivement, c'est amusant.

J'imagine qu'il faudrait pratiquer régulièrement,
pour "injecter" des mots pertinents, prometteurs ...
Spoiler :  : 
Il plongea vivement sous les buissons, ignorant les griffures du roncier.
Tombant lourdement sur le dos, le souffle lui manqua, les feuilles si vertes
noircirent, puis tout s'obscurcit. Il rouvrit les yeux sur une contrée inconnue.

Progressant dans les buissons, il tomba bientôt, entre deux mûriers,
sur un vieux coffre en bois. Il écarta les branches qui en bloquaient l'accès.
Comment pouvait-il être là depuis si longtemps, au bout de ce chemin pierreux ?

Pendant tout ce temps, il était resté dans l'ombre, et il fallu cette rencontre,
sur un sentier côtier, pour le ramener en pleine lumière. Il se souvint alors
de cette rencontre, de la voute étoilée se reflétant dans l'eau, toute proche.

Dans le coffre, une épée, dont l'ombre, lorsqu'il la prit, semblait pointer sur
une Bible. Il se demanda d'où sortait ce livre, de quel bois, de quel chêne, était
constitué le papier de ses pages. Curieux questionnement, mais il émanait
de ce lieu, comme un atelier matinal, une telle sérénité, un tel calme.

Il s'imagina seul sur cette île, dans une forêt de chênes, seule présence
capable, encore de le rassurer. De son enfance les chantiers mystérieux,
peu à peu s'éloignaient tandis que plus loin, dans la brume saumâtre,
l'Ankou faisait grincer sa charrette, annonciateur de sa mort prochaine ...

Re: Atelier d'écriture virtuel... [jeu d'écriture]

Posté : jeudi 29 mai 2014 à 16:30
par isra
@Loup comment t'y es-tu prise pour écrire sur la barre spoiler?
Loup a écrit :
Spoiler : Moi ça donne ça, comme texte -c'est mieux de lire après avoir essayé... : 
Étape 15/161. «Tout ce petit monde riait de se découvrir en vie dans cet amas de ferraille.» Nous n'avions jamais été aussi près des frontières de la mort. La mort est un long voyage et elle nous cueille dans ses longs bras. Moi je quémandais juste des miettes d'ombres, un peu de sommeil en graines...

2. «La mort est un artiste médiocre ; les masques qu’elle laisse montrent seulement combien elle défigure la vie.» Ce long voyage nous laisse évidemment sur le carreau. Sur le sol froid, veille l'ange de pierre. Sur mon âme, la forêt.

3. «Mais j'ai pensé qu’il serait toujours temps de décompter les morts plus tard. » Pourtant, je restais compter les carreaux sur le mur des chiottes, j'étais dans cette foutue guerre pour une raison... Mon unique désir était de me caler près des écluses, sous l'ombre du pater.

4. «Quand, pour la vingt et unième fois, l'arbre fut à nouveau en fleurs, elle se réveilla. » Les yeux en guerre, l'escalier en ruine. Le dernier des hommes s'est fait tirer les vers du nez. En ricanant.

5. «Maman dessinait à la peinture rouge des petites croix sur l'écorce des arbres.» Elle avait même taillé un escalier dedans, et s'était fabriqué un petit moulin. Pour l'électricité. Une chambre claire à l'étage, pour voir le monde. À cheval sur le ciel.

Étape 16/16

Nous n'avions jamais été aussi près des frontières de la mort. La mort est un long voyage et elle nous cueille dans ses longs bras. Moi je quémandais juste des miettes d'ombres, un peu de sommeil en graines... Ce long voyage nous laisse évidemment sur le carreau. Sur le sol froid, veille l'ange de pierre. Sur mon âme, la forêt. Pourtant, je restais compter les carreaux sur le mur des chiottes, j'étais dans cette foutue guerre pour une raison... Mon unique désir était de me caler près des écluses, sous l'ombre du pater. Les yeux en guerre, l'escalier en ruine. Le dernier des hommes s'est fait tirer les vers du nez. En ricanant. Il avait même taillé un escalier dans la roche, et s'était fabriqué un petit moulin. Pour l'électricité. Une chambre claire à l'étage, pour voir le monde. À cheval sur le ciel.
Oui, je pense aussi qu'en pratiquant un peu on parviendrait à quelque chose de moins décousu, quoique je trouve que vos textes tiennent bien la route...

Re: Atelier d'écriture virtuel... [jeu d'écriture]

Posté : jeudi 29 mai 2014 à 17:33
par Tugdual
isra a écrit :@Loup comment t'y es-tu prise pour écrire sur la barre spoiler?
Dans la balise ouvrante :

Code : Tout sélectionner

[spoiler=texte] bla bla bla [/spoiler]
(attention : sans guillemets)

Re: Atelier d'écriture virtuel... [jeu d'écriture]

Posté : jeudi 29 mai 2014 à 17:50
par Lilas
Spoiler : Voici mon "oeuvre" : 
J'ai puisé à la source de toute inspiration. Je me suis abreuvé de ses mots, de ses chants, de son cri... pour faire naître un poème. Et je le psalmodie chaque matin, comme un grand cri répercuté par l'écho, comme une prière adressée à l'infini, comme une injonction à vivre.Rien ne nous manquait : ni la source pour nous abreuver, ni la forêt pour nous protéger, ni l'amour pour nous rassembler. Enfin, nous parvenions au but d'un voyage authentique : ce simple espace hors du temps, hors du monde, qui nous avait accueilli.Arpenter cette forêt de béton, ébloui par sa lumière nocturne, ne me fait plus peur. Malgré ma tête lourde à en frapper les murs, malgré ces ombres menaçantes d'humanité enivrée, j'irai de l'avant.Je vois jouer en elle la lumière et les ombres. Aurais-je la chance d'être celui qui saura les chasser ? Serais-je le découvreur de cette terre sauvage et inexplorée, de cet univers inconnu dont elle tait le secret ?Elle rirait comme une enfant, parlant de chance et d'avenir, insouciante, tandis que j'essayais d'enrayer le tumulte de mes émotions et de mes craintes. Ce violent combat était perdu d'avance, malgré toute ma volonté. Car la vérité est que j'étais ainsi, timide et effrayé, et que toute son ardeur n'y pouvait rien changer.
J'avais déjà fait un jeu d'écriture dans ce style qui m'avait donné un résultat très différent, et donné envie d'en tirer un roman (ce que je n'ai jamais fait).
C'est une très bonne source d'inspiration en tout cas.
Merci Loup :D

Re: Atelier d'écriture virtuel... [jeu d'écriture]

Posté : vendredi 30 mai 2014 à 1:30
par Loup
Ils sont bien vos textes! :D

C'est pas loin de l'écriture automatique... :wink:

Re: Atelier d'écriture virtuel... [jeu d'écriture]

Posté : vendredi 30 mai 2014 à 2:25
par isra
Spoiler : Merci Tugdual pour le piston! : 
J'ai pas compris du 1er coup car j'ai essayé d'insérer ça dans "code" mais j'y suis finalement parvenue :)

Re: Atelier d'écriture virtuel... [jeu d'écriture]

Posté : mardi 10 juin 2014 à 0:22
par Faisceau Concentré
C'est sympathique, en effet.

J'ai beaucoup aimé ce passage Loup: "Pourtant, je restais compter les carreaux sur le mur des chiottes, j'étais dans cette foutue guerre pour une raison..."
Et celui-ci Lilas: "Je me suis abreuvé de ses mots, de ses chants, de son cri... pour faire naître un poème. Et je le psalmodie chaque matin, comme un grand cri répercuté par l'écho, comme une prière adressée à l'infini, comme une injonction à vivre."

Pour ma part, voici ce que j'obtiens:

"Sa peau juvénile, autrefois si douce, portait encore les stigmates de cette guerre où la fièvre de la jeunesse l'avait conduite à s'engager alors même qu'elle n'en cernait pas réellement les enjeux. Aujourd'hui, elle ne pouvait plus que vaguement se souvenir des discours idéologiques que cet homme proclamait si fort par le passé, exaltant l'âme du pays pour lequel elle finirait par tout perdre, restant là, condamnée à cette lancinante solitude. Quel avenir y aurait-il pour elle, si ce n'est des mots silencieux étouffés par les larmes amères de ceux qui comprennent la vacuité de leur existence? Pouvaient-elles encore croire que les blessures et la souffrance étaient le prix à payer pour atteindre enfin le lieu de repos qu'elle convoitait? Mais les déchirures que lui avait infligé cet homme étaient vivaces, comme si les carreaux de cette stupide chemise qu'elle portait encore malgré les années étaient voués à devenir les barreaux d'une prison invisible, dont elle ne pourrait jamais s'évader. Les souvenirs amers étaient finalement le seul héritage qu'il lui ait laissé, alors même qu'ils n'avaient jamais été véritablement amant, ami ou compagnon."