Asperger et culpabilité ?
Posté : mardi 24 juin 2014 à 10:52
Ma réponse digressive sur le post de Steph (la peur du regard) me fait écrire ce post, ou plutôt cette question.
Depuis, je crois, toujours, je culpabilise de l'amour que mes parents, et plus largement la famille, me donne, et cela s'est empiré ces dernières années.
On en revient encore et toujours à ce sentiment d'imposture que j'ai. Je sais qu'ils ne me connaissent pas aussi bien qu'ils peuvent le croire, qu'à l'intérieur je suis tout autre que ce que je peux laisser (trans)paraître.
Alors je me dis qu'ils aiment une personne qui finalement n'existe pas, qui n'est qu'un leurre ; et de cela je m'en veux vraiment énormément.
J'ai peur que mon "vrai moi" les déçoive, alors surtout je le cache.
J'ai été jusqu'à faire des trucs absurdes pour masquer cette nature solitaire, car je voyais ça (et le vois toujours) comme finalement un échec, des mensonges etc.
Petit exemple, qui peut peut-être prêter à sourire si l'on n'est pas concerné, mais qui à vivre n'est absolument pas amusant ; durant ma période universitaire (qui fut pour moi très difficile), j'ai vu l'écart entre moi et les autres se creuser, je ne le tolérais absolument pas.
D'autant plus que ce fut la période où mon frère a développé son "moi social", je me suis sentie plus que jamais exclu de ce monde.
Mais je ne voulais pas le montrer, car connaissant la nature anxieuse de ma mère et sa propension à la culpabilité, je ne voulais pas en rajouter et voulais à tout prix "sauver les apparences", montrer que tout allait bien chez moi pour ne pas en rajouter, et pour ne pas qu'elle se fasse du souci.
Cet exemple, donc, c'est que par exemple le midi je lui disais "je ne mange pas à la maison, je mange avec des amis", amis que je n'avais pas, et je passais tout le temps du midi (donc deux heures), enfermée dans mon placard à attendre qu'elle retourne travailler.
C'est absurde, c'est ridicule, ça entraîne une culpabilité pas possible, un sentiment de honte etc. Sans compter que je passais les deux heures à me dire "et si elle rentre et qu'elle me voit là, comment l'expliquer ?" (ce n'est pas explicable, d'ailleurs).
Par la suite, j'ai opté pour des ballades dans des parcs.
C'est difficile pour moi d'écrire cela, j'ai réellement honte, mais je me dis que peut-être, l'écrire sera libérateur.
Peut-être aussi que d'autres ont vécu des choses similaires (même si j'en doute énormément) ?
J'ai de plus en plus de mal à accepter cet amour qu'ils peuvent me porter, car à tout instant j'ai l'impression de les trahir, c'est très lourd à supporter.
C'est aussi ce qui me fait peur en prenant mon indépendance ; que mon vrai moi prenne le dessus et que je n'arrive plus à faire semblant auprès d'eux.
Que je n'ai plus rien à leur dire ; jusqu'alors j'arrivais à meubler, parler de tout et de rien, de l'actu, de leur journée de travail, mais maintenant que l'on se verra moins, je sais par expérience que l'éloignement fait que les gens ne parle plus du superflu mais seulement de l'essentiel, j'ai peur de ne plus rien avoir à leur dire, de devenir à leurs yeux une étrangère qui a une vie misérable et qui les déçoit.
J'aurais voulu que mes parents soient fiers de moi, et je ne vois objectivement rien qui puisse créer ce sentiment de fierté. Et je dis ça sans une once de dépression, c'est simplement un constat.
On m'a rapporté qu'à l'âge de 5 ans je ne cessais de dire que je voulais quitter la maison (jusqu'au jour où n'en pouvant plus, mon père a fait mes bagages, m'a mise devant le pallier de la maison et m'a dit "voilà, tu peux partir" ; je suis allée au bout de ma rue, et finalement suis rentrée, on n'en a plus jamais entendu parler).
Je me souviens aussi de ces soirées d'hiver où à l'âge de 7/8 ans je jouais et me mettais subitement à pleurer disant que je voulais mourir, comme s'il y avait un trop plein en moi, je revois encore la scène, l'ambiance que je trouvais très nostalgique, un éclairage bizarre qui me rendait très triste, une sensation d'angoisse, et de culpabilité.
Ce qu'il y a de terrible avec cette culpabilité, c'est qu'elle est double ; je culpabilise de culpabiliser.
Ce qui me blesse, c'est que je sais qu'ils ont toujours été parfait dans leur rôle de parents, qu'ils ont toujours voulu le mieux pour moi, toujours tout fait au mieux ; tant par le confort matériel que par le confort psychologique.
Cela me blesse car il aurait été plus facile de leur rejeter la faute, de dire "c'est à cause d'eux", alors que là non, je sais que ce n'est qu'à cause de moi.
Les quelques années de "dépression" que j'ai eu (années universitaires et post universitaires) - je mets des guillemets car je ne sais pas si dépression est le mot adéquat dans le sens où je n'ai jamais pensé au suicide ni rien, simplement je me suis totalement refermée sur moi-même - n'ont fait qu'accentuer ce penchant d'angoisse et de culpabilité.
Je pense qu'à l'heure actuelle ça va tout de même un peu mieux, depuis que je travaille, que j'ai repris contact avec les autres, mais il reste des "séquelles".
En fait, je résume là ce qui me fait douter du SA, c'est à dire que c'est vraiment à la fac que "tout a basculé", que les choses ont empiré ; d'un autre côté je me dis aussi que peut-être est ressorti tout ce que j'avais pu enfouir en moi durant mon existence ; je ne sais pas trop, en fait (oui je sais, diagnostique, diagnostique.. ).
Je ne sais comment poser ma question de façon précise, mais si vous pouviez me faire part de vos expériences (similaires s'il y en a, ou au contraire totalement différente), de vos avis etc, surtout n'hésitez pas, c'est ce que j'attends.
Depuis, je crois, toujours, je culpabilise de l'amour que mes parents, et plus largement la famille, me donne, et cela s'est empiré ces dernières années.
On en revient encore et toujours à ce sentiment d'imposture que j'ai. Je sais qu'ils ne me connaissent pas aussi bien qu'ils peuvent le croire, qu'à l'intérieur je suis tout autre que ce que je peux laisser (trans)paraître.
Alors je me dis qu'ils aiment une personne qui finalement n'existe pas, qui n'est qu'un leurre ; et de cela je m'en veux vraiment énormément.
J'ai peur que mon "vrai moi" les déçoive, alors surtout je le cache.
J'ai été jusqu'à faire des trucs absurdes pour masquer cette nature solitaire, car je voyais ça (et le vois toujours) comme finalement un échec, des mensonges etc.
Petit exemple, qui peut peut-être prêter à sourire si l'on n'est pas concerné, mais qui à vivre n'est absolument pas amusant ; durant ma période universitaire (qui fut pour moi très difficile), j'ai vu l'écart entre moi et les autres se creuser, je ne le tolérais absolument pas.
D'autant plus que ce fut la période où mon frère a développé son "moi social", je me suis sentie plus que jamais exclu de ce monde.
Mais je ne voulais pas le montrer, car connaissant la nature anxieuse de ma mère et sa propension à la culpabilité, je ne voulais pas en rajouter et voulais à tout prix "sauver les apparences", montrer que tout allait bien chez moi pour ne pas en rajouter, et pour ne pas qu'elle se fasse du souci.
Cet exemple, donc, c'est que par exemple le midi je lui disais "je ne mange pas à la maison, je mange avec des amis", amis que je n'avais pas, et je passais tout le temps du midi (donc deux heures), enfermée dans mon placard à attendre qu'elle retourne travailler.
C'est absurde, c'est ridicule, ça entraîne une culpabilité pas possible, un sentiment de honte etc. Sans compter que je passais les deux heures à me dire "et si elle rentre et qu'elle me voit là, comment l'expliquer ?" (ce n'est pas explicable, d'ailleurs).
Par la suite, j'ai opté pour des ballades dans des parcs.
C'est difficile pour moi d'écrire cela, j'ai réellement honte, mais je me dis que peut-être, l'écrire sera libérateur.
Peut-être aussi que d'autres ont vécu des choses similaires (même si j'en doute énormément) ?
J'ai de plus en plus de mal à accepter cet amour qu'ils peuvent me porter, car à tout instant j'ai l'impression de les trahir, c'est très lourd à supporter.
C'est aussi ce qui me fait peur en prenant mon indépendance ; que mon vrai moi prenne le dessus et que je n'arrive plus à faire semblant auprès d'eux.
Que je n'ai plus rien à leur dire ; jusqu'alors j'arrivais à meubler, parler de tout et de rien, de l'actu, de leur journée de travail, mais maintenant que l'on se verra moins, je sais par expérience que l'éloignement fait que les gens ne parle plus du superflu mais seulement de l'essentiel, j'ai peur de ne plus rien avoir à leur dire, de devenir à leurs yeux une étrangère qui a une vie misérable et qui les déçoit.
J'aurais voulu que mes parents soient fiers de moi, et je ne vois objectivement rien qui puisse créer ce sentiment de fierté. Et je dis ça sans une once de dépression, c'est simplement un constat.
On m'a rapporté qu'à l'âge de 5 ans je ne cessais de dire que je voulais quitter la maison (jusqu'au jour où n'en pouvant plus, mon père a fait mes bagages, m'a mise devant le pallier de la maison et m'a dit "voilà, tu peux partir" ; je suis allée au bout de ma rue, et finalement suis rentrée, on n'en a plus jamais entendu parler).
Je me souviens aussi de ces soirées d'hiver où à l'âge de 7/8 ans je jouais et me mettais subitement à pleurer disant que je voulais mourir, comme s'il y avait un trop plein en moi, je revois encore la scène, l'ambiance que je trouvais très nostalgique, un éclairage bizarre qui me rendait très triste, une sensation d'angoisse, et de culpabilité.
Ce qu'il y a de terrible avec cette culpabilité, c'est qu'elle est double ; je culpabilise de culpabiliser.
Ce qui me blesse, c'est que je sais qu'ils ont toujours été parfait dans leur rôle de parents, qu'ils ont toujours voulu le mieux pour moi, toujours tout fait au mieux ; tant par le confort matériel que par le confort psychologique.
Cela me blesse car il aurait été plus facile de leur rejeter la faute, de dire "c'est à cause d'eux", alors que là non, je sais que ce n'est qu'à cause de moi.
Les quelques années de "dépression" que j'ai eu (années universitaires et post universitaires) - je mets des guillemets car je ne sais pas si dépression est le mot adéquat dans le sens où je n'ai jamais pensé au suicide ni rien, simplement je me suis totalement refermée sur moi-même - n'ont fait qu'accentuer ce penchant d'angoisse et de culpabilité.
Je pense qu'à l'heure actuelle ça va tout de même un peu mieux, depuis que je travaille, que j'ai repris contact avec les autres, mais il reste des "séquelles".
En fait, je résume là ce qui me fait douter du SA, c'est à dire que c'est vraiment à la fac que "tout a basculé", que les choses ont empiré ; d'un autre côté je me dis aussi que peut-être est ressorti tout ce que j'avais pu enfouir en moi durant mon existence ; je ne sais pas trop, en fait (oui je sais, diagnostique, diagnostique.. ).
Je ne sais comment poser ma question de façon précise, mais si vous pouviez me faire part de vos expériences (similaires s'il y en a, ou au contraire totalement différente), de vos avis etc, surtout n'hésitez pas, c'est ce que j'attends.