Pour les longues phrases, non, je n'en fait pas trop.
Il m'arrive parfois d'utiliser du vocabulaire "savant". Cela vient sûrement de mon habitude de lire des pdf sur les sciences, et pas des magazines "psychologie de comptoir". Disons que, pour le vocabulaire, le vocabulaire scientifique est plus formel, plus univoque, beaucoup moins souvent polysémique, beaucoup moins souvent connoté. Les personnes non autistes ne discutent pas au quotidien de façon scientifique. Les personnes qui baignent dans la science (étude, enseignement, recherche, etc.) ont plus l'habitude du vocabulaire formel scientifique que les personnes qui n'y baignent pas. Idem pour les sports : je ne m'y connais pas en vocabulaire de football parce que je ne fais pas de football. Je m'y connais mieux en vocabulaire du jeu d'échecs. Je m'y connais mieux en vocabulaire québécois qu'en vocabulaire breton ou chti.
Il m'arrive parfois de parler trop vite, c'est que je suis parfois pressé.

Mais, globalement, j'ai pris l'habitude de parler lentement. Par contre, pour varier mon intonation, ça dépend des contextes. Si c'est pour adapter mon intonation à une histoire <en français suisse> que je raconte à un enfant, ça va. Si c'est pour adapter mon intonation à un discours politique (pour galvaniser les foules), je n'ai pas encore vraiment d'expérience dans le domaine. Je commence à m'habituer à adapter mon intonation au bluff (au poker ; mais bon, il faut habituer tout le langage non verbal, pas seulement l'intonation... et ce n'est pas gagné...).
Il arrive que nos manières de parler ne soient pas adaptées aux personnes non autistes. Aux personnes non autistes, le langage verbal joue un piètre rôle à côté du langage non verbal. La variation d'intonation, la variation de vitesse, la variation du regard, la variation de la gestuelle, tout cela va "parler" à la plupart des personnes non autistes. On doit essayer d'être un peu plus théâtral, même si ce n'est pas aussi spontané chez nous que chez les personnes non autistes. La vie est une pièce de théâtre. Exemple avec la circulation routière :
- Je marche vers un passage piéton. Il y a des voitures qui viennent des deux côtés. Il n'y a pas de feux. Je veux traverser et dois donc regarder à gauche comme à droite. Je regarde le chauffeur, dans les yeux

, qui vient de la gauche. Il me fait signe de la main (de sa droite à sa gauche), que je peux passer. Je regarde la chauffeuse, dans les yeux aussi, qui vient de ma droite. Elle me fait signe de la main (de sa gauche à sa droite). J'avance alors. Je remercie alors le chauffeur de gauche, en levant l'avant-bras* main ouverte et en regardant dans les yeux. Je continue d'avance. Je remercie la chauffeuse de droite, en levant l'avant-bras* main ouverte et en regardant dans les yeux.
(* pas tout le bras) Notez que cette habitude de communication entre différents acteurs de la route a tendance à se perdre dans pas mal de grandes villes.
Pour ma part, j'écoute beaucoup, histoire d'adapter ma manière de parler à chaque autre personne.