Asperger et épuisement

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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hazufel
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Re: Asperger et épuisement

#211 Message par hazufel » mercredi 9 août 2017 à 14:12

Manichéenne a écrit :C'est une bonne question.
Personnellement, je suis dubitative sur le fait de chercher à diminuer les effets de l'épuisement sans prendre le problème en amont. Ca ne sert pas à grand-chose de demander comment se reposer si on continue à se saturer de situations épuisantes et anxiogènes...
Si on en arrive à l'épuisement, c'est qu'il faut revoir le mode de vie, pas trouver la bonne tisane. :innocent:
Même si bien sûr que de petits trucs peuvent aider, pour renforcer l'organisme, mieux dormir, chasser l'anxiété, etc.
Je suis absolument d'accord, et pour cette raison je répondais à Nanar02 :
"Personnellement, j'arrive à me défatiguer uniquement chez moi, la tête plongée dans les arbres, en écoutant les oiseaux, en allant écouter la forêt ou à la mer quand je le peux. Loin des autres. S'il y a d'autres personnes que ma famille (mon mari et mes fils), ça ne marche jamais.
Il est donc bien difficile de se ressourcer souvent, surtout quand on travaille."
Et préconisais les autres solutions pour une aide au mieux être.
Des analyses sanguines sont aussi à envisager. J'ai un taux de ferritine très bas, qui ne remonte pas, malgré les compléments de fer. Je n'y peux pas grand chose, mais je le suis avec mon médecin.
Manichéenne a écrit :Personnellement, la médecine traditionnelle m'a apporté la mélatonine, la ritaline, la reconnaissance de mes difficultés afin de pouvoir enfin les prendre réellement en considération, et un arrêt de travail bien nécessaire. Mon psychiatre essaie surtout d'agir sur les causes de mon épuisement, donc sur mes conditions de travail et le TDAH de mon fils. Il me prescrit aussi de la phytothérapie (et pas de la naturopathie).
Tu as trouvé des professionnels de confiance, et ils vous aident à aller mieux, c'est tant mieux parce que pas si simple.
Manichéenne a écrit : Non, mais quand vous parlez de médecines alternatives vous en arrivez à parler "des laboratoires pharmaceutiques qui s'en mettent plein les poches avec des médicaments à moitié efficaces pour qu'on en rachète d'autres", à caricaturer les avis opposés comme tu le fais ici sans répondre sur le fond.
"Vous en arrivez", n'est pas moi. Les laboratoires de tout genre ont le même but : rentabiliser. Boiron est un scandale à lui tout seul.
Manichéenne a écrit :Je ne peux pas laisser dire que "aller voir son médecin (...) n'est pas moins dangereux que de tomber dans une croyance sans limites en des individus qui prôneront la guérison d'un cancer avec des orties". Aller voir son médecin est moins dangereux, et est même souhaitable, même si la possibilité d'une erreur médicale n'est pas nulle et la médecine pas infaillible.
Selon les cas particuliers c'est à nuancer, mais effectivement il n'était pas judicieux de l'appliquer à une généralité.

Thiloup, merci pour la référence du livre, je vais aller voir ça tout de suite !
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TimeLady
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Re: Asperger et épuisement

#212 Message par TimeLady » mercredi 9 août 2017 à 14:13

C'est marrant, mais dès que ce sujet arrive sur le tapis, ça finit toujours en pugilat... 8)

Moi, je pars d'un principe tout bête : chaque individu est libre de se soigner comme il le souhaite, du moment qu'il ne fait pas d'apologie de ci ou de ça, qu'il ne se mêle pas de la façon dont l'autre se soigne et qu'il agit en connaissance de cause... Et dire qu'on préfère se soigner par les plantes, ce n'est pas en faire l'apologie... Evidemment, conseiller à quelqu'un qui souffre d'un cancer d'arrêter la chimio pour se soigner par la méditation ou je ne sais quoi, c'est criminel, mais je ne pense pas qu'on en soit là...
Manichéenne a écrit : Personnellement, je suis dubitative sur le fait de chercher à diminuer les effets de l'épuisement sans prendre le problème en amont. Ca ne sert pas à grand-chose de demander comment se reposer si on continue à se saturer de situations épuisantes et anxiogènes...
Si on en arrive à l'épuisement, c'est qu'il faut revoir le mode de vie, pas trouver la bonne tisane. :innocent:
Même si bien sûr que de petits trucs peuvent aider, pour renforcer l'organisme, mieux dormir, chasser l'anxiété, etc.
Mais le souci c'est que parfois il est impossible de ne pas saturer... Moi, la solution pour ne pas être épuisée, je l'ai trouvée, et depuis longtemps : rester seule chez moi, sans aller travailler, en limitant les contacts au strict minimum. Quand je le fais (vacances, longs weekends) c'est effectivement miraculeux, je retrouve un niveau d'énergie normal. Mais est-ce viable sur la durée ? Si je veux continuer à bien vivre, à avoir un salaire : non. Pour autant il n'existe aucune autre solution. Sachant que certains jours le simple fait de devoir dire "bonjour" me grignote déjà de l'énergie... Et encore, il y a du mieux depuis que j'ai été orientée vers le SA : j'ai inscrit ma vie dans une certaine routine qui régule mes journées et me permet de mieux gérer les choses, et donc de moins fatiguer. Mais ce n'est pas miraculeux. Idem pour la nourriture, mon rééquilibrage alimentaire m'a permis de mieux gérer mes apports, notamment pour les protéines que je boudais jusqu'alors. N'empêche que je finis quand même sur les rotules un soir sur deux. Quant à mieux dormir... J'ai renoncé, ça fait 35 ans que je dors mal, et après avoir essayé toutes les méthodes (naturelles ou pas) j'en suis venue à la conclusion que le sommeil et moi, on ne serait jamais copains. Je l'ai accepté et quand je dors bien, j'en profite... Quand je dors mal, bah...tant pis, je détourne la chose à mon avantage en lisant plus ou en faisant un puzzle. :lol:
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Re: Asperger et épuisement

#213 Message par hazufel » mercredi 9 août 2017 à 14:17

Tugdual a écrit :Sans compter que les industriels des médecines alternatives,
n'étant soumis qu'à des réglementations assez dérisoires,
ont d'autant plus de facilités à frauder que big pharma :
Merci, bien sûr mais pourrait-on également voir les articles et études liés à l'ibuprofène, paracétamol et aspirine pour bien stipuler qu'aucune médication n'est à prendre à la légère ?
Les compléments alimentaires sont dangereux, mais encore faut-il, encore une fois, faire confiance en des pharmaciens qui s'approvisionnent chez de petits labos français AB, et en connaissance de cause. La généralité dans ce sens là, n'est pas juste non plus je trouve.
Quand on a une carence sévère en fer, un SPM hyper fatiguant, on fait quoi ? On mange du boudin et on prend des hormones ? :innocent: c'est pas si simple, il s'agit surtout encore et toujours de se renseigner des alternatives possibles, de rencontrer plusieurs professionnels et de choisir en connaissance de cause.

TimeLady, je dors très mal également, et ce, depuis presque toujours. Je n'ai jamais pris de somnifère mais la seule fois où je n'ai pris qu'un décontractant musculaire pour une contracture abominable, j'ai eu l'impression d'être droguée dure pendant 3 jours, et n'arrivais pas à émerger, alors je n'imagine même pas avec un somnifère.
Je prends des tisanes et plantes et comme toi, si je ne dors vraiment pas, et bien j'essaie la méditation ou vais faire autre chose...
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Re: Asperger et épuisement

#214 Message par Bubu » mercredi 9 août 2017 à 18:08

En réaction à ça, et suite à mes échecs permanents dans cette bulle nébuleuse sociale, je bosse chez moi, tout seul.
J'espère peut-être un jour que mon travail profitera à d'autres, à la société qui me donne tant, mais c'est plus sans espoir, comme une bouteille à la mer.
Diagnostiqué autiste asperger, diagnostic établi à mes 33 ans par le CRA de ma région.
"Ce syndrome est caractérisé chez ce patient par l’absence de détérioration intellectuelle, un syndrome dysexécutif, un déficit d'attention"


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Re: Asperger et épuisement

#216 Message par arius » vendredi 11 août 2017 à 6:52

Je me posais une question par rapport au contacts humain. Est ce que pour les personnes normales, cela est vraiment source d'énergie ? Ça reste une véritable action physique que d'échanger, forcément ça fatigué non ?
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Re: Asperger et épuisement

#217 Message par Tugdual » vendredi 11 août 2017 à 9:36

arius a écrit :Je me posais une question par rapport au contacts humain. Est ce que pour les personnes normales, cela est vraiment source d'énergie ? Ça reste une véritable action physique que d'échanger, forcément ça fatigué non ?
On a souvent tendance à confondre :
  • l'énergie au sens physique : toute activité consomme de l'énergie ;
  • l'énergie au sens symbolique : certaines activités cognitives nous
    fatiguent plus que d'autres par manque d'aisance et/ou d'attrait.
Ce qu'il y a de sûr, c'est que la plupart des gens sont avides
de contacts sociaux (sous la forme d'activités en commun,
de soirées, ...) et que la fatigue physique engendrée est plus
que largement compensée par le plaisir qu'ils y trouvent,
plaisir visiblement jamais comblé, sans cesse à renouveler.

Sur le forum, au contraire, la plupart des gens n'ont pas
grand attrait pour les contacts sociaux, et n'y sont pas doués :
exit tout plaisir, ne reste que la fatigue, augmentée par les
efforts particuliers (attention, analyse, envahissement sensoriel ...)
que réclame la confrontation à ces échanges sociaux ...

D'ailleurs, à lire les compte-rendus des rencontres (voir Actualités),
on se rend compte que les besoins sociaux sont ici vite comblés :
une rencontre d'une après-midi, et les participants sont rassasiés,
ils ont leur dose "sociale" pour une ou deux semaines (voire plus) ...
Bilan le 24/09/2014 : TCS = trouble de la communication sociale.

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Re: Asperger et épuisement

#218 Message par arius » vendredi 11 août 2017 à 9:44

Désolé tugdal je me suis mal exprimé. J'ai parlé de fatigue physique mais ce n'était pas dans ce sens.
C'était plus dans le sens où, une action entraînant forcément une consommation d'énergie, comment un contact social peut il "régénérer" de l'énergie ? N'y a t'il pas que le sommeil ayant cette capacité ? (hors drogue hein :)) que ce soit pour la fatigue physique comme psychique.

Après je te l'accorde, même pour moi j'ai parfois tendance à confondre les deux types de fatigues..
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Re: Asperger et épuisement

#219 Message par Tugdual » vendredi 11 août 2017 à 9:53

Justement, ça n'en "régénère" pas. C'est juste une image
qui exprime plutôt le comblement d'un manque lorsque
ces personnes n'ont pas leur dose d'échanges sociaux ...

Je crois qu'on peut voir ça comme une sorte d'addiction ...
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Re: Asperger et épuisement

#220 Message par TimeLady » vendredi 11 août 2017 à 9:56

Tugdual a écrit :Justement, ça n'en "régénère" pas. C'est juste une image
qui exprime plutôt le comblement d'un manque lorsque
ces personnes n'ont pas leur dose d'échanges sociaux ...
Tout à fait...

En gros, c'est comme nous quand on est fatigués mais qu'on s'attelle à quelque chose qui nous passionne : on a alors l'impression d'être moins fatigués parce qu'on se concentre sur notre passion et que ça nous permet de nous focaliser sur autre chose que sur la fatigue. Mais au final, quand on arrête, la fatigue nous rattrape ! Enfin, c'est comme ça que je le perçois... :innocent:
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Re: Asperger et épuisement

#221 Message par arius » vendredi 11 août 2017 à 9:58

Hum oui, je crois voir. Un peu comme un fumeur qui va fumer sa clope et remonter sa dose de nicotine. Plus ça va diminuer plus il va être mal, et avoir envie de fumer. Une fois qu'il fume, les compteurs sont mis à zéro.

Mais dans ce cas, c'est plus une réserve de solitude qui s'épuise qu'une énergie qui se régénère non ?

Et cette même réserve ne diminue pas pareil chez les autistes ?
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Re: Asperger et épuisement

#222 Message par Tugdual » vendredi 11 août 2017 à 9:59

arius a écrit :Mais dans ce cas, c'est plus une réserve de solitude qui s'épuise qu'une énergie qui se régénère non ?

Et cette même réserve ne diminue pas pareil chez les autistes ?
C'est aussi une bonne façon de voir la chose ...
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Re: Asperger et épuisement

#223 Message par TimeLady » vendredi 11 août 2017 à 10:02

arius a écrit :Hum oui, je crois voir. Un peu comme un fumeur qui va fumer sa clope et remonter sa dose de nicotine. Plus ça va diminuer plus il va être mal, et avoir envie de fumer. Une fois qu'il fume, les compteurs sont mis à zéro.

Mais dans ce cas, c'est plus une réserve de solitude qui s'épuise qu'une énergie qui se régénère non ?

Et cette même réserve ne diminue pas pareil chez les autistes ?
Moi je compare ça aux Sims. :lol: Quand je joue avec un Sim sociable, son "losange" vire au rouge si je l'isole trop longtemps des autres et que je le prive d'interactions. Si je fais un Sim ermite, il va souffrir dès qu'il va se retrouver mêler à une fête et qu'il ne va pas pouvoir s'isoler. Et ses besoins vont en souffrir. ^^ Moi-même, parfois, quand je sature, je m'imagine en train de me promener avec un losange rouge vif au dessus de la tête. Bon, évidemment, si vous n'avez jamais joué aux Sims vous allez avoir du mal à comprendre de quoi je parle. :lol:
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Re: Asperger et épuisement

#224 Message par arius » vendredi 11 août 2017 à 10:03

Ah j'ai trouvé le terme qui irait bien ! Énergie sociale !

Je vois ce que tu veux dire timelady :)
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Re: Asperger et épuisement

#225 Message par Nanouille » vendredi 11 août 2017 à 11:02

Quand vous vous retrouvez crevés physiquement est-ce qu'il vous suffit de quelques jours chez vous dans la solitude pour vous régénérer?
Est-ce qu'il vous arrive d'avoir des épisodes de grande fatigue même en étant tranquillement chez vous, sans emploi/sans interractions sociales?

Je me retrouve souvent dans ce deuxième cas de figure. Parfois travailler me fait du bien, ça me donne de l'énergie... jusqu'à ce que ça me la lapide complètement :roll:.
J'ai arrêté de travailler fin juillet, mon corps était épuisé. Je ne sais pas si je devrais m'en étonner mais je n'ai pas encore réussi à retrouver mon énergie, je suis toujours à plat. En réfléchissant je me rends compte que les périodes où j'ai de l'énergie sont très rares, où je vais avoir de l'entrain pour faire des choses (que ce soit passer l'aspirateur ou sortir faire une course), où je vais pouvoir faire du sport sans que mes muscles tremblent au bout de 5 minutes etc. Je voudrais pouvoir profiter plus de la vie, de mon corps et ce qu'il pourrait/devrait être capable de faire. Des fois j'ai envie de m'énerver contre moi-même, j'en ai marre d'être tout le temps crevée! :cry:

Je suis en mode "appitoiement et frustration" aujourd'hui je crois, désolée...
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