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Le langage non verbal avec les langues étrangères ?
Posté : samedi 16 avril 2016 à 3:26
par freeshost
Bonjour tout le monde,
You know, quand j'entends des discussions dans une autre langue que je ne comprends pas textuellement, ben... avec le ton des voix, je comprends qu'il y a débat fort ou conflit d'intérêt...
Et vous, le comprenez-vous via cette forme de langage non verbal (le ton de la voix) ?
Précisez autant que précisément possible si vous êtes autistes, Asperger, aucun, en cours de diagnostic, etc.
En gros, même si vous ne comprenez pas le contenu (notamment verbalisé), comprenez-vous la nature de la relation, de la conversation (notamment le conflit d'opinions, d'intérêts, etc.)
Re: Le langage non verbal avec les langues étrangères ?
Posté : samedi 16 avril 2016 à 3:46
par Micky
Salut,
j'ai été diagnostiqué avec le syndrome d'Asperger en juin 2014 (à l'âge de 23 ans), pourtant je n'ai absolument aucune peine avec ce type de langage, à comprendre la nature de la relation au ton de la voix. Et de façon plus générale, aucune peine avec l'implicite, les non-dits, les expressions faciales, le second degré, etc.
Donc voilà. J'ai toujours douté pas mal de mon diagnostic. Car je ne colle vraiment pas plus que ça au syndrome. (Pas d'hypersensibilités sensorielles non-plus). Mais là, je dis heureusement!
Re: Le langage non verbal avec les langues étrangères ?
Posté : samedi 16 avril 2016 à 15:57
par Salicorne
Ce n'est pas une question facile, car les règles du langage non-verbal ont tendance à varier selon la culture des personnes en interaction...

Ainsi, un balancement de tête pourra signifier "oui" pour les uns, "non" pour les autres !
Le ton de la voix peut recouvrir différentes significations : s'agit-il d'une intonation prosodique (indiquant une question, un ordre, de l'ironie), de l'accent tonique de la langue (sa mélodie), ou d'un tonème (dans le cas d'une langue tonale) ?
Que dire des variations idiosyncrasiques ? Cet homme là qui s'exprime d'une voix monotone : est-il fatigué, ennuyé, triste, peu expressif, japonais ou asperger ?
Les règles de
proxémie peuvent donner des renseignements précieux sur la nature d'une relation, encore faut-il les connaître ! Dans de telles conditions, n'importe qui pourrait se trouver en difficulté de compréhension.
En tant que personne "en cours de diagnostic", j'ai tendance à hésiter. De manière générale, j'interprète souvent comme de la colère ou de l’énervement un parler fort et rapide, mais comment en être certain si je n'ai pas accès au contenu du discours ? Si j'hésite sur l'interprétation d'un signe non-verbal dans une conversation que je comprends, je peux procéder par élimination pour en déduire le sens le plus probable de ce signe (cette méthode n'est pas toujours fiable, mais elle est pratique). Dans un discours que je ne comprends pas, j'en suis réduite à des suppositions basées sur le contexte, les signes les plus communs (rire, pleurs, gestes "agressifs"), et éventuellement les termes que j'arrive à capter.
"En gros", je pense quand-même être capable de détecter les traits essentiels : nature hiérarchique ou pas d'une relation, présence ou pas d'un conflit... Tout dépend du degré de subtilité des signes apparents.

Re: Le langage non verbal avec les langues étrangères ?
Posté : jeudi 20 octobre 2016 à 21:49
par Salicorne
La Tête au Carré a écrit :Les expressions faciales liées à la peur ou à l'étonnement ne sont peut-être pas si universelles que ça.
Des chercheurs espagnols ont montré des photos de visages, classiquement utilisés en psychologie, pour parler d'émotion à des jeunes d'une tribu isolée de Papouasie Nouvelle-Guinée. Bien que le sourire soit pour eux associé à la joie, les mimiques communément associées à la peur ou à l'agacement ne sont pas du tout traduites de la même façon par ces indigènes.
Des résultats étonnants qui montrent que leur réaction et leur interprétation pourraient varier d'une culture à l'autre, un problème nouveau que les créateurs de robots humanoïdes ou de logiciels de reconnaissance faciale n'avaient pas du tout anticipé.
Le psychologue américain
Paul Ekman se serait-il trompé au sujet de l’universalité supposée des émotions de base (incluant la peur et la surprise) ?

Re: Le langage non verbal avec les langues étrangères ?
Posté : vendredi 21 octobre 2016 à 23:59
par Rudy
@Salicorne: Tu aurais la source de ta documentation s'il te plait sur l'étude sur les tribus? Quand je clique sur les hyperliens je tombe sur un article sur le cancer ou sur la page Wikipédia de l'auteur que tu as cité. J'ai essayé de taper le texte sur google mais je n'ai pas non plus trouvé la source...
Et pour la question, comme peu de personnes ont répondu : pas diagnostiquée, en démarche, et je n'arrive pas à déterminer la nature de la relation ou de la conversation au ton de la voix de personne parlant une langue étrangère. Je pense d'ailleurs que la tonalité change d'une langue à une autre. On dit souvent que les français ont une voix plus "plate", "monocorde", que les anglais qui sont plus "chantante", "expressive" (à confirmer mais c'est ce que j'entends souvent), ça doit valoir pour d'autres langues. Est-ce que tu as pu vérifier que tes hypothèses de départ étaient justes ?
Re: Le langage non verbal avec les langues étrangères ?
Posté : samedi 22 octobre 2016 à 0:05
par freeshost
Bon, dans le langage non verbal, je pense que nous pouvons notamment nous aider du ton de la voix et du langage facial, si tous deux sont à disposition.
Il y aurait également le "inside language" (dont font partie les inside jokes), la complicité qui ne peut être comprise et vécue que par des personnes ayant vécu une situation antérieure auxquelles les personnes (usant du inside language) font allusion implicitement.
Re: Le langage non verbal avec les langues étrangères ?
Posté : samedi 22 octobre 2016 à 12:53
par Salicorne
Rudy a écrit :@Salicorne: Tu aurais la source de ta documentation s'il te plait sur l'étude sur les tribus? Quand je clique sur les hyperliens je tombe sur un article sur le cancer ou sur la page Wikipédia de l'auteur que tu as cité. J'ai essayé de taper le texte sur google mais je n'ai pas non plus trouvé la source...
C'est normal, je n'ai fait que retranscrire l'information entendue à la radio lors de la une de l'émission (après 10 minutes d'écoute). Le sujet du jour était effectivement sur les cancers du cerveau.
Après quelques recherches, j'ai trouvé que le chercheur espagnol se nomme José Miguel Fernández Dols.
Voilà d'autres sources sur le sujet :
Re: Le langage non verbal avec les langues étrangères ?
Posté : samedi 22 octobre 2016 à 16:53
par AsperGuerre
Micky a écrit :Salut,
j'ai été diagnostiqué avec le syndrome d'Asperger en juin 2014 (à l'âge de 23 ans), pourtant je n'ai absolument aucune peine avec ce type de langage, à comprendre la nature de la relation au ton de la voix. Et de façon plus générale, aucune peine avec l'implicite, les non-dits, les expressions faciales, le second degré, etc.
Donc voilà. J'ai toujours douté pas mal de mon diagnostic. Car je ne colle vraiment pas plus que ça au syndrome. (Pas d'hypersensibilités sensorielles non-plus). Mais là, je dis heureusement!
Si tu n'es pas toi même convaincu de ton diagnostic, c'est peut être possible qu'il y ait une erreur, non ? Il y a beaucoup de diags différentiels avancés qui recouvrent certaines dimensions du syndrome (notamment la "surdouance").
freeshost a écrit :Et vous, le comprenez-vous via cette forme de langage non verbal (le ton de la voix) ?
Ca dépend, mais je crois que j'interprète beaucoup de choses très mal. Pour les expressions faciales, c'est par déduction et ça ça marche mieux déjà. Les implicites, le second degré, c'est soit par une traduction intellectuelle (donc une réflexion, ce qui est épuisant mais est devenu un automatisme) avec un arbre des probas qui se dresse etc comme à chaque fois et je déduis la bonne (mais je dois souvent demander) soit je ne perçois pas du tout. L'ironie, le sarcasme, je dois très souvent demander aussi si c'en est (donc les gens pensent souvent que je suis "bête" en me rencontrant, ou encore que je me fous d'eux). La colère et les engueulades ça dépend. Les langues hispanophones et latines oui. L'allemand par contre et tous les autres alphabets (russe, serbe, japonais...) j'ai du mal. Il faut que l'expression soit très appuyée en fait, et surtout accompagnée d'une expression faciale, c'est le seul truc que je détecte. Je crois que le ton de la voix, je ne le perçois pas réellement dans certains cas et je déduis par le contexte et la force du son (est-ce que la personne parle fort ou non) si elle pourrait être énervée. Dans d'autres cas ce serait possible de dire qu'il y a un ton mais très souvent j'ai droit à des trucs de gens de ma classe du style "bah oui,
la prof nous a fait comprendre que" et moi je n'avais absolument pas compris, pour la simple et bonne raison que le "
ton de l'implicite" est complètement imperceptible, tout comme le fameux "
ton de la séduction" qui soi-disant n'est pas le même que quand on parle normalement.
Ah et c'est déjà précisé juste en dessous, mais je suis diag HPI en cours de diag Asperger.
Re: Le langage non verbal avec les langues étrangères ?
Posté : samedi 22 octobre 2016 à 20:20
par Rudy
Salicorne a écrit :Après quelques recherches, j'ai trouvé que le chercheur espagnol se nomme José Miguel Fernández Dols.
Voilà d'autres sources sur le sujet :
Merci Salicorne.
