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Le dire à la maîtresse ou bien?
Posté : lundi 12 septembre 2016 à 12:23
par Can152
Hello, je sais que cette question a été posée à propos du centre de loisirs je crois, ou des activités mais je n'ai pas vraiment trouvé de réponse sur les enseignants.
Mon fils a été diagnostiqué l'année dernière Asperger, je crois que ça se voit peu dans l'ensemble. En classe il est discret. Il a toujours un ou deux amis, ses résultats scolaires sont excellents en maths, un peu moins en français et dans tout ce qui relève de l'expression personnelle…mais jusque là il a réussi à compenser et il est passé relativement inaperçu. Personne (dans les professionnels) ne m'a dit qu'il avait besoin d'une AVS, par ailleurs.
Mais là il entre en CM2, où justement l'expression personnelle va prendre plus de place. Par exemple, au moment où les élèves vont réciter une poésie, ils vont devoir faire les gestes aussi, etc. Et ce dernier point a complètement bloqué mon fils. D'habitude il n'a aucun pbl pour apprendre ses poésies, là il ne voulait même pas essayer.
J'ai pris rv avec la maîtresse mais je ne sais pas trop comment aborder la chose. Faut-il mettre un nom précis sur ses "bizarreries" (l'année dernière la maîtresse me disait que quand il voulait lui parler il effectuait une sorte de petite danse nerveuse et qu'il valait mieux ne pas être trop susceptible avec lui…) ou bien rester vague? Les enseignants ont-ils un devoir de confidentialité? L'année dernière, en pleine digestion du diagnostic, j'avais parlé de trouble des interactions sociales…Les rares fois où nous avons parlé de ses particularités avec lui, mon fils était vraiment effrayé qu'on le trouve anormal.
Qu'en pensez-vous?
Re: Le dire à la maîtresse ou bien?
Posté : lundi 12 septembre 2016 à 13:01
par 3enfants
perso, je préfère être explicite, et en tant qu'enseignante je préfère être au courant des particularités de mes élèves.
Re: Le dire à la maîtresse ou bien?
Posté : lundi 12 septembre 2016 à 13:02
par freeshost
Il me semble bien qu'il y a "devoir confidentialité" (secret professionnel).
Il vaut mieux mettre un nom et expliquer aux enseignants les troubles du spectre autistique, le syndrome d'Asperger, etc. Qu'ils n'arrêtent pas d'apprendre, dans divers domaines.
Anormal ? Je dirais plutôt qu'il fait partie de la grande famille des personnes autistes, qui vivent en Autistan.
C'est plutôt à la "majorité" d'accepter la neurodiversité, les différences, au lieu de rêver d'homogénéité comportementale et cognitive.
Il se peut même que toi ou la maîtresse expliquiez aux autres enfants ce que sont les troubles du spectre autistique. Après tout, quand on est enfant, le cerveau est, en général, plus "plastique".

[Une véritable éponge. Alors faisons la pomper la réalité plutôt que les préjugés.]
Re: Le dire à la maîtresse ou bien?
Posté : lundi 12 septembre 2016 à 13:24
par Can152
Merci de vos réponses. Je comprends bien l'intérêt de le dire pour la maîtresse. Elle m'a l'air tout à fait à même de comprendre mais c'est vrai que c'est ma première fois, vu que personne ne le sait parmi nos proches (autant dire que je n'en suis pas encore à communiquer sur la question en classe!). Je sais aussi que les maîtresses discutent entre elles car celle de l'année dernière savait déjà que mon fils était hp…et visiblement l'info était passée aussi du côté des parents déléguées. Donc je me dis que ça va être pareil pour Asperger, il faut juste être prête (et que mon fils soit prêt surtout) au coming out général aspie.
Re: Le dire à la maîtresse ou bien?
Posté : lundi 12 septembre 2016 à 14:27
par freeshost
Ouais, les informations circulent pas mal. Alors faisons connaître les troubles du spectre autistique dans toute leur diversité. Sortons du placard... (le pinard)

Re: Le dire à la maîtresse ou bien?
Posté : lundi 12 septembre 2016 à 14:31
par meï
franchement je pense qu' c'est quasi incontournable de le dire à un moment de la scolarité de l'enfant, en particulier..à la préadolescence, là ou il arrive souvent que les traits autistiques explosent.
ça a été le cas chez nous, mon fils a eu des difficultés mais elles se sont déclarées encore plus vers 11/12 ans.
et de toute façon le dispo qui le suivait a compris qu'il y aavit autre chose que le seul hpi, et a fait avec heureusement pour nous (et pour lui!)
mais francheemnt avant le collège, et pour son bien etre à l'école..mieux vaudrait en parler à la maitresse et au collège, juste quelques mots, un docs bien fait en exprimant le caractère léger si ça peut vous rassurer.
ça lui evitera le zero pour la poesie, déjà..et bien d'autres choses encore ou le SA jouera un role handicapant par la suite.
Re: Le dire à la maîtresse ou bien?
Posté : lundi 12 septembre 2016 à 14:41
par freeshost
Ça me rappelle quand on devait apprendre des poésies à l'école. Pas trop de problèmes pour mémoriser le texte. Par contre, je n'étais pas le plus expressif. Cela dit, pas le plus inexpressif non plus. Pour bien faire, il m'arrivait d'exagérer mon expression.
Ouais, les personnes autistes sont, en général, moins expressives avec le langage non verbal. Mais ça peut s'apprendre. Un peu de patience, que diable.
Avant cela, on apprend l'expressivité de la lecture (sans forcément l'expressivité du langage verbal et gestuel), les petites pauses des virgules, les plus grandes pauses des points, les trois petits points...

Re: Le dire à la maîtresse ou bien?
Posté : lundi 12 septembre 2016 à 15:03
par Benoit
Restez vague, une fois le terme autisme ou même Asperger prononcé il est impossible de revenir en arrière et on peut voir une vie gâchée à cause de celà.
Timidité maladive, efforts plus importants consentis pour s'intégrer, il y a beaucoup de périphrases pour contourner le problème tant que vous ne savez pas à qui vous avez affaire.
Re: Le dire à la maîtresse ou bien?
Posté : lundi 12 septembre 2016 à 15:36
par Can152
Effectivement, le terme "autisme" me paraît fort à entendre, assez pour occulter tout le reste de ce que je pourrais dire…en même temps mon fils n'est pas du tout timide (c'est plutôt le genre arrogant mais en fait fragile, qui pleure facilement. Comme il ne veut pas pleurer devant quelqu'un, il fait des grimaces). Tout va bien (en apparence) et puis à un moment il se bloque.
Si je n'invoque pas d'un diagnostic médical, je trouve ça difficile à appréhender pour la maîtresse: à la limite, dans ce cas tout le monde pourrait venir et dire "oui le mien a mal aux cheveux quand on le force à bien écrire, etc."... Au moins un diagnostic médical a sa légitimité, non?
Par ailleurs, mon souci porte aussi sur la suite de la scolarité: en effet ça fait plusieurs années qu'on se dit avec son père qu'on va le changer en 6eme (son école va jusqu'au bac mais il disait s'ennuyer). Mais là pareil: faut-il le dire au moment de postuler dans un nouveau collège, au risque de voir retoquer sa candidature?
Je comprends tout à fait ce que dit Meï et je m'attends aussi à ce que certaines choses deviennent plus visibles en grandissant. Et là, évidemment, j'aurai moins le choix.
Re: Le dire à la maîtresse ou bien?
Posté : lundi 12 septembre 2016 à 15:47
par freeshost
L'intolérance aux troubles du spectre autistique ne doit pas devenir une règle.
Après tout, les enseignantes et les enseignants ont relevé le défi d'aider les enfants à apprendre, quels qu'ils soient, dans toute leur diversité (TDA/H, surdoués, autistes, schizophrènes, sourds, malentendants, aveugles, paraplégiques, tétraplégiques, hémiplégiques, personnes avec béquilles, trisomiques, Lyme, fibromyalgiques, hémophiles, sidéens, prosopagnosiques, phonagnosiques, dyslexiques, dyspraxiques, dyscalculiques, dysorthographiques, etc.). Et ils ont le droit à l'aide d'autres personnes professionnelles (logopédistes, psychologues, psychiatres, AVS, etc.).
Auraient-elles oublié le mot "inclusion" ? Rappelons-leur ce mot ainsi et expliquons-leur le mot "neurodiversité".
Faudrait pas devoir être contraint de vivre l'autisme dans la clandestinité comme de vivre l'homosexualité, la bisexualité, la transexualité, l'asexualité dans la clandestinité.
Re: Le dire à la maîtresse ou bien?
Posté : lundi 12 septembre 2016 à 15:52
par Benoit
En attendant c'est le cas.
Les grands principes, ça fait tourner en boucle beaucoup de gens sur Facebook mais pour le moment beaucoup de gens rament seuls, et la plupart de ces gens sur FB ne bougeront pas de leur chaise pour aider les ceux que la différence entre la réalité et leur "monde idéal d'inclusion" met dans la merde.
Re: Le dire à la maîtresse ou bien?
Posté : lundi 12 septembre 2016 à 16:04
par freeshost
Facebook, an unsafe book !
Re: Le dire à la maîtresse ou bien?
Posté : lundi 12 septembre 2016 à 18:52
par Controleur
meï a écrit :franchement je pense qu' c'est quasi incontournable de le dire à un moment de la scolarité de l'enfant, en particulier..à la préadolescence, là ou il arrive souvent que les traits autistiques explosent.
ça a été le cas chez nous, mon fils a eu des difficultés mais elles se sont déclarées encore plus vers 11/12 ans.
et de toute façon le dispo qui le suivait a compris qu'il y aavit autre chose que le seul hpi, et a fait avec heureusement pour nous (et pour lui!)
mais francheemnt avant le collège, et pour son bien etre à l'école..mieux vaudrait en parler à la maitresse et au collège, juste quelques mots, un docs bien fait en exprimant le caractère léger si ça peut vous rassurer.
ça lui evitera le zero pour la poesie, déjà..et bien d'autres choses encore ou le SA jouera un role handicapant par la suite.

Complètement d'accord. Il vaut mieux le dire,enfin moi j'avais une très bonne maîtresse et puis d'ailleurs c'est à partir du CM2 que mes parents me trouvaient des traits autistes

Oh ça pour exploser ils ont explosés encore plus dans une structure bureaucratique hyper élitiste complètement bornée et culpabilisante de mes parents.
freeshost a écrit :Ça me rappelle quand on devait apprendre des poésies à l'école. Pas trop de problèmes pour mémoriser le texte. Par contre, je n'étais pas le plus expressif. Cela dit, pas le plus inexpressif non plus. Pour bien faire, il m'arrivait d'exagérer mon expression.
Ouais, les personnes autistes sont, en général, moins expressives avec le langage non verbal. Mais ça peut s'apprendre. Un peu de patience, que diable.
Avant cela, on apprend l'expressivité de la lecture (sans forcément l'expressivité du langage verbal et gestuel), les petites pauses des virgules, les plus grandes pauses des points, les trois petits points...

Oh oui je m'en souviens. Enfin ce qui m'a marqué à l'époque c'est le film la Liste de Schindler ou j'ai vraiment pleuré....
Y'a eut aussi l'histoire avec le Petit Prince que j'avais en VHS aussi...
freeshost a écrit :L'intolérance aux troubles du spectre autistique ne doit pas devenir une règle.
Après tout, les enseignantes et les enseignants ont relevé le défi d'aider les enfants à apprendre, quels qu'ils soient, dans toute leur diversité (TDA/H, surdoués, autistes, schizophrènes, sourds, malentendants, aveugles, paraplégiques, tétraplégiques, hémiplégiques, personnes avec béquilles, trisomiques, Lyme, fibromyalgiques, hémophiles, sidéens, prosopagnosiques, phonagnosiques, dyslexiques, dyspraxiques, dyscalculiques, dysorthographiques, etc.). Et ils ont le droit à l'aide d'autres personnes professionnelles (logopédistes, psychologues, psychiatres, AVS, etc.).
Auraient-elles oublié le mot "inclusion" ? Rappelons-leur ce mot ainsi et expliquons-leur le mot "neurodiversité".
Faudrait pas devoir être contraint de vivre l'autisme dans la clandestinité comme de vivre l'homosexualité, la bisexualité, la transexualité, l'asexualité dans la clandestinité.
Tu sais on parlait du droit à la différence et en pratique bah justement les autistes comme moi qui sont allés à l'école sans diagnostic précoce ont vite mangé les contradictions de ce machin qui était à la mode sous le septennat de François Mitterand.
l'inclusion tu peux toujours le proclamer, concrètement bah y'a la réalité....
Benoit a écrit :En attendant c'est le cas.
Les grands principes, ça fait tourner en boucle beaucoup de gens sur Facebook mais pour le moment beaucoup de gens rament seuls, et la plupart de ces gens sur FB ne bougeront pas de leur chaise pour aider les ceux que la différence entre la réalité et leur "monde idéal d'inclusion" met dans la merde.
C'est sûr que de parler de différence dans un milieu qui n'est pas prêt de l'entendre....
freeshost a écrit :Facebook, an unsafe book !
Les promesses n'engagent que ceux qui les croient.
Re: Le dire à la maîtresse ou bien?
Posté : lundi 12 septembre 2016 à 20:07
par freeshost
Controleur a écrit :l'inclusion tu peux toujours le proclamer, concrètement bah y'a la réalité....
Si tu ne proclames pas, la réalité risque de rester du statu quo.
Controleur a écrit :Les promesses n'engagent que ceux qui les croient.
Il y a tant de naïveté.
Mettre la faute sur les personnes naïves, c'est comme mettre la faute sur les femmes harcelées.

Re: Le dire à la maîtresse ou bien?
Posté : lundi 12 septembre 2016 à 20:26
par Carapa
Je renchéris sur ce que vient de dire Benoît. Je conseille de sonder d'abord le caractère de la maîtresse pour voir si on peut lui annoncer la chose. Tous les enseignants ne sont pas réceptifs: certains feront tout leur possible pour améliorer la situation, mais d'autres peuvent l'aggraver.