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par pollux » jeudi 24 septembre 2009 à 11:57
"Il est très fatigable, sans doute plus que les autres aspies que je connais (peut-être aussi parce que c'est le plus sociable, il "use" plus d'énergie dans les contacts sociaux)".
Tu as raison je pense Mars ; c'est tout à fait ça.
Il a la volonté de se fondre dans la masse, de faire comme les autres et cela lui demande de faire beaucoup d'efforts conscients pour y arriver (et ça ne marche pas toujours).Par contre cela le fatigue beaucoup, voire l'épuise.
Il est très lucide comme tu l'avais déjà écrit, Mars, et est peut-être moins enfermé dans une bulle que certains autres de nos enfants.
C'est à la fois une force et une faiblesse. Car un bulle parfois, ça protège, dans une certaine mesure.
Quand il était plus jeune (primaire) le fait d'être lucide sur sa différence, de vouloir faire comme les autres mais de ne pas y parvenir, de vouloir s'intégrer dans des groupes, notamment dans la cour de récréation, mais d'être rejeté car maladroit, décalé et parfois agressif, l'a fait beaucoup souffrir et a été source d'un certain état de dépression et de grande tristesse. Il nous en voulait de l'avoir fait comme il était.
Depuis la 6ème, tout a changé ; presque par miracle. Par dessus tout son point de vue par rapport à sa différence a changé du tout au tout. Je suis asperger, et alors ...
Pour expliquer ce changement entre la primaire et le collège, il nous a dit (mais seulement l'an passé) : "En primaire tout le monde savait que j'étais débile. J'étais grillé (que ça a été dur à entendre) ; au collège, personne ne me connaissait, j'arrivais tout neuf alors j'ai décidé qu'on allait me faire remarquer et que j'allais observer les autres et faire comme eux".
C'est vrai qu'il observe beaucoup le comportement, les attitudes, le ton de la voix, les postures des gens qui l'entourent. Et en fait des déductions. En revanche, il parle peu.
Pour la sociabilisation, le scoutisme l'a aidé, il a aussi "englouti" tous les "Club des 5" et "6 Compagnons".
Cela, nous a-t-il expliqué plus tard, l'a aidé à mieux comprendre les règles de fonctionnement des neurotypiques en groupe et à progresser dans ses relations avec les autres. Et puis il a très grand copain qui l'a beaucoup coaché et ça je le reconnais, c'est une très grande chance.
"En essayant continuellement, on finit par réussir. Donc : Plus ça rate, plus on a de chances que ça marche" J. Rouxel
Devise Shadok