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QI verbal et non verbal

Posté : samedi 22 octobre 2016 à 21:13
par Florent_P
Hello,

Une petite question à tous les SA : est-ce que lors d'éventuels tests de QI on vous a trouvé un QI verbal et un QI non verbal (logico-mathématique) très différents ?
Moi à mon premier test de QI, à 12 ans, on m'a trouvé un QI non-verbal de 126 et un QI verbal de 148, ce qui se traduisait par un QI de 146. A mon deuxième test, à 18 ans, on m'a trouvé un QI non-verbal de 100 (oui, ça avait diminué, peut-être la faute à un arrêt des mathématiques après le bac un an et demi auparavant !), et un QI verbal "supérieur à 150", résultat il était impossible de calculer mon QI.
J'ai entendu dire que cette grande différence entre les deux était une caractéristique du syndrome d'Asperger.

Re: QI verbal et non verbal

Posté : samedi 22 octobre 2016 à 21:36
par Ixy
C'est très bien expliqué par Tony Atwood c'est très courant en effet (80% des personnes avec diagnostic du syndrome d'Asperger).

Moi je n'ai pas de diagnostic j'ai néanmoins effectué quelques tests et j'ai comme toi une différence de 40 entre qi verbal (env 130) et qi performance (env 90), et pourtant j'étudie les mathématiques :mrgreen: je pense aussi que ça s'est dégradé en grandissant pour ce qui est du qi performance :crazy:

Re: QI verbal et non verbal

Posté : samedi 22 octobre 2016 à 21:40
par Samfelsouth
Ce n'est pas une caractéristique à proprement parler mais il est fréquent de trouver des scores hétérogènes parmi les aspies qui ne permettent pas de calculer un QI général.

Dans mon cas, j'avais un écart significatif mais inférieur à 14 et il permettait donc calculer et de conclure à un THQI.

Je laisse les pro du QI t'expliquer ça mieux que moi :wink:

Re: QI verbal et non verbal

Posté : samedi 22 octobre 2016 à 21:58
par Florent_P
Mais est-ce que cela ne pourrait pas être considéré comme un outil de diagnostic ?
Je veux dire, il semblerait qu'un QI verbal supérieur au non verbal soit une caractéristique du syndrome d'Asperger, et l'inverse (QI non verbal > QI verbal) une caractéristique des autistes de haut niveau.
Dans ces conditions je ne comprends pas pourquoi le dernier DSM ne fait plus la différence entre Asperger et autisme de haut niveau. Je trouve vraiment que ces caractéristiques au niveau du QI sont significatives et permettent de faire la différence entre les deux.

Re: QI verbal et non verbal

Posté : samedi 22 octobre 2016 à 22:31
par Manichéenne
Ca peut être pris en compte lors du diagnostic si on cherche à différencier AHN et SA.
Par exemple mon fils ainé était jugé TED par la psy qui le trouvait très atypique dans son TSA, même elle a finalement noté un SA au vu du test de QI (42 de plus au verbal).
Il me semble qu'il y avait quelqu'un dans le cas inverse sur le forum, dont le test avait fait pencher la balance vers AHN.

Que l'ont puisse faire la distinction entre un profil plus fort au niveau verbal ou pas ne change pas grand-chose dans la manière de prendre en compte les besoins, je pense que c'est le parti-pris du DSM4. Et puis, il y a toujours des cas limite, un continuum qui fait que parfois on ne sait pas décider entre l'un ou l'autre, ou avec les années la "catégorie" change.

Re: QI verbal et non verbal

Posté : samedi 22 octobre 2016 à 22:51
par bézèdach44
Il me semble que c'est ce qui a fait pencher la balance vers le SA plutot que AHN pour moi aussi. D'après ce que j'ai compris, au vu de mon développement etant petite, ça relève plutot de l'autisme typique, mais vu la suite de mon parcours et le résultats du test de QI (30 pts d'écart en verbal et performance), on a fini par me "donner" plutot SA comme diag. Mais bon c'est vrai que dans le fond, je trouve que ça ne change pas grand chose :innocent:

Re: QI verbal et non verbal

Posté : samedi 22 octobre 2016 à 22:58
par Lilas
Florent_P a écrit :Mais est-ce que cela ne pourrait pas être considéré comme un outil de diagnostic ?
Je veux dire, il semblerait qu'un QI verbal supérieur au non verbal soit une caractéristique du syndrome d'Asperger, et l'inverse (QI non verbal > QI verbal) une caractéristique des autistes de haut niveau.
Dans ces conditions je ne comprends pas pourquoi le dernier DSM ne fait plus la différence entre Asperger et autisme de haut niveau. Je trouve vraiment que ces caractéristiques au niveau du QI sont significatives et permettent de faire la différence entre les deux.
Dans quel but faire cette différence ?

Re: QI verbal et non verbal

Posté : samedi 22 octobre 2016 à 23:14
par Florent_P
Lilas a écrit :
Florent_P a écrit :Mais est-ce que cela ne pourrait pas être considéré comme un outil de diagnostic ?
Je veux dire, il semblerait qu'un QI verbal supérieur au non verbal soit une caractéristique du syndrome d'Asperger, et l'inverse (QI non verbal > QI verbal) une caractéristique des autistes de haut niveau.
Dans ces conditions je ne comprends pas pourquoi le dernier DSM ne fait plus la différence entre Asperger et autisme de haut niveau. Je trouve vraiment que ces caractéristiques au niveau du QI sont significatives et permettent de faire la différence entre les deux.
Dans quel but faire cette différence ?
"Parce que cette différence existe", aurais-je envie de dire, à la limite. Parce que je ne pense pas que les mêmes zones du cerveau soient impliquées dans les résultats du QI verbal et du QI non verbal (i.e. cela laisse supposer peut être quelques différences neurologiques entre AHN et SA). Et puis c'est vrai qu'il y a d'autres différences entre AHN et SA, d'après ce que j'ai lu la maladresse est plutôt une caractéristique des personnes atteintes du SA par exemple.

Re: QI verbal et non verbal

Posté : dimanche 23 octobre 2016 à 8:28
par philigram
Idem. Fort QI verbal et impossible de conclure ... Sauf que c'est un signe de difficulté et un indice pour le diagnostique TSA. Ce que l'on m'a dit au CRA.

Re: QI verbal et non verbal

Posté : dimanche 23 octobre 2016 à 8:42
par Lilette
Florent_P a écrit :
Lilas a écrit :
Florent_P a écrit :Mais est-ce que cela ne pourrait pas être considéré comme un outil de diagnostic ?
Je veux dire, il semblerait qu'un QI verbal supérieur au non verbal soit une caractéristique du syndrome d'Asperger, et l'inverse (QI non verbal > QI verbal) une caractéristique des autistes de haut niveau.
Dans ces conditions je ne comprends pas pourquoi le dernier DSM ne fait plus la différence entre Asperger et autisme de haut niveau. Je trouve vraiment que ces caractéristiques au niveau du QI sont significatives et permettent de faire la différence entre les deux.
Dans quel but faire cette différence ?
"Parce que cette différence existe", aurais-je envie de dire, à la limite. Parce que je ne pense pas que les mêmes zones du cerveau soient impliquées dans les résultats du QI verbal et du QI non verbal (i.e. cela laisse supposer peut être quelques différences neurologiques entre AHN et SA). Et puis c'est vrai qu'il y a d'autres différences entre AHN et SA, d'après ce que j'ai lu la maladresse est plutôt une caractéristique des personnes atteintes du SA par exemple.
Les 2 sont de l'autisme de haut niveau, je ne vois donc pas pkoi faire la différence.
D'ailleurs le DSM ne fait plus de différence entre SA, AHN & " autisme sévère " non plus, le tout est regroupé sous le terme "autisme" et c'est très bien ainsi.
Ça évite que certains se croient supérieurs aux autres par ex, entre autres choses.

Re: QI verbal et non verbal

Posté : dimanche 23 octobre 2016 à 9:30
par philigram
Pour e que m'en a dit le psychologue qui s'occupe des enfants autistes, il y a une différence entre autisme de haut-niveau et Asperger pendant l'enfance et qu'à l'âge adulte les 2 sont un même syndrome.
Je ne me souviens plus exactement ce qu'il a dit mais il s'agissait de problème d'apprentissage notamment de la lecture et de langage. Un a un vocabulaire très développé pour son âge et pas l'autre qui a du retard.

Après c'est sa parole.

Re: QI verbal et non verbal

Posté : dimanche 23 octobre 2016 à 9:47
par AsperGuerre
Moi aussi on a pas pu me calculer mon QI (indices pas assez homogènes) à cause des écarts.

On ne m'a pas calculé de QI verbal et non verbal, par contre elle m'a expliqué que tout ce qui était verbal, j'avais des "scores" très élevés alors que le reste était beaucoup plus bas (déficit dans la reconnaissance visuelle par rapport à un des exercices des formes)

Re: QI verbal et non verbal

Posté : dimanche 23 octobre 2016 à 10:42
par Florent_P
Lilette a écrit : Les 2 sont de l'autisme de haut niveau, je ne vois donc pas pkoi faire la différence.
D'ailleurs le DSM ne fait plus de différence entre SA, AHN & " autisme sévère " non plus, le tout est regroupé sous le terme "autisme" et c'est très bien ainsi.
Ça évite que certains se croient supérieurs aux autres par ex, entre autres choses.
Je ne pense pas que les Aspies se sentent supérieurs aux AHN par exemple, ou l'inverse ! Chacun a ses capacités, moi par exemple je ne suis pas excellent en calcul mental et je suis toujours impressionné par les AHN capables de faire des opérations très complexes de tête en quelques secondes !

Mais c'est intéressant de voir que je ne suis pas le seul dont on n'a pas pu calculer le QI à cause de la différence verbal / non verbal, ça me rassure un peu. :)

Re: QI verbal et non verbal

Posté : dimanche 23 octobre 2016 à 10:47
par Manichéenne
Florent_P a écrit :Chacun a ses capacités, moi par exemple je ne suis pas excellent en calcul mental et je suis toujours impressionné par les AHN capables de faire des opérations très complexes de tête en quelques secondes !
Euh... les AHN n'ont pas plus cette capacité que les personnes avec SA.
D'ailleurs Daniel Tammet est Asperger.
Les calculateurs de génie sont plus fréquents chez les autistes (je crois) mais il ne me semble pas qu'il y a un lien plus marqué avec telle ou telle "forme" d'autisme ?

Re: QI verbal et non verbal

Posté : dimanche 23 octobre 2016 à 11:10
par Rudy
Vis à vis du syndrome d'Asperger VS AHN, j'ai trouvé ce pdf (2010): https://doc.rero.ch/record/28529/files/ ... 103-NZ.pdf

Les infos qui m'ont semblées pertinentes que je vais résumé car les textes sont trop long à copier (à corriger si besoin):
Spoiler :  : 
-Les chercheurs se posaient la question de faire entrer le syndrome d'Asperger dans les spectres autistiques ou de le considérer comme une entité distincte, car les critères n'étaient pas les mêmes (3 critère au lieu de 6, et pas de retard ou d'absence de langage à contrario de l'autisme).
-Le retard ou l'absence de langage sont déterminés sur la référence de mots isolés à l'âge de 2 ans, et de langage courant à l'âge de 3 ans (autisme de haut niveau VS syndrome d'Asperger).
-On perçoit une communication orale qualitativement plus forte pour les Aspergers.
-On diagnostiquait généralement les enfants autistes vers l'âge de 5,5 ans au lieu de 11 ans pour les Aspergers.
-Les études montrent un langage davantage pédant chez les personnes Asperger que chez les AHN.
-Les études montrent une difficulté pour les Asperger à faire une approximation sémantique verbale.
-Les études montrent davantage de trouble du langage chez les AHN que les Asperger.
-Les études montrent des troubles de la motricité fine en "plus" des critères de diagnostic chez les Asperger.

Hors.

-Les critères de retard ou d'absence de langage ne sont pas assez précis, car l'acquisition de mots isolés à 2 ans et de langage courant à 3 ans n'est pas synonyme d'aucune altération du langage.
-Un retard dans l'acquisition du langage peut être "rattrapé" après trois ans, et l'enfant présentera un profil cognitif et verbal d'un Asperger.
-Selon les études, l'aspect qualitatif de la communication est interdépendante avec la sévérité des symptômes (continuum) et non un profil symptomatologique différent (AHN VS Asperger). La différence est donc davantage quantitative.
-Les AHN présentent plus de symptômes autistiques en bas âge, mais il n'y aurait plus de différence langagière entre AHN et Asperger à l'adolescence et l'âge adulte.
-Les études menées ne sont pas assez rigoureuses dans la sélection des sujets qui peuvent fausser les résultats (choix de personne ayant un langage plus développé VS personnes ayant eu des retards significatifs).
-De nombreux auteurs dénonçaient qu'il était pratiquement impossible de diagnostiquer le syndrome d'Asperger selon les critères du DSM IV.
-Les études comparant QIV et QIP afin de distinguer les deux groupes ont ressorti des résultats contradictoires.
-Selon l'âge il est difficile de les différencier.
-Les services offerts aux personnes autistes doivent se faire en référence à la personne et non le type de diagnostic posé.
Il apparait que les critères de distinction demeurent flous et comportement des limites. L'outil qui permet d'objectiver le retard de langage n'était pas considérée fiable.

Je n'ai pas trouvé d'autres études plus récentes. Mais de ce que j''en ai compris, il ressort que ce regroupement est positif pour les autistes concernés. Premièrement dans le fait de considérer Asperger comme un TSA et pouvoir le diagnostiquer plus précocement. Deuxièmement parce que les différences entre AHN et Asperger ne sont pas suffisamment déterminées pour pouvoir clairement distinguer les deux groupes, les études donnant des résultats contradictoires et la sélection des sujets étant complexe et insuffisamment rigoureuse pour avoir des résultats claires. Troisièmement, pour ne pas catégoriser les individus selon leur profil symptomatologique, mais plutôt leur personne et la sévérité de leurs symptômes.