L'autisme est-il considéré comme une maladie ?

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Jean
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Re: L'autisme est-il considéré comme une maladie ?

#46 Message par Jean » mercredi 2 avril 2014 à 17:24

Conférence de C. Gillberg à l'IMFAR - How Severe is Autism - Really? Vidéo (anglais non sous-titré)

Résumé dans le dernier bulletin scientifique de l'ARAPI. Extraits :

On a souvent tendance à penser l'autisme comme une pathologie distincte, et pourtant les cas d'autisme pur sont extrêmement rares. Pour illustrer la difficulté à définir la ligne de démarcation entre le normal et le pathologique, Christopher Gillberg s'appuie sur des études épidémiologiques menées par son équipe du «Gillberg Neuropsychiatry Centre » (http://www.gnc.gu.se) en Suède. Le premier exemple est tiré d'une étude menée à Bergen sur plus de 9 500 enfants de 7 à 9 ans (Posserud et al, 2009)avec comme outil le ASSQ (Autism Spectrum Screening Questionnaire, Ehlers et al., 1999) rempli par les enseignants et les parents. Quelques milliers d'enfants n'ont aucun signe d'autisme, un millier présente un signe d'autisme, encore un millier ont 2 signes d'autisme, etc. jusqu'à 42 symptômes d'autisme, sur un maximum possible de 54, présents chez un tout petit nombre d'enfants. C'est une courbe de distribution normale sans coupure nette entre la pathologie et la norme.

(...) Dans la première étude citée, une population importante présente des signes d'autisme. Si on considère qu'un score de 10 ou plus sur l'ASSQ rempli par les enseignants représente une suspicion d'autisme, 8 % de la population se retrouvent dans ce groupe « à risque ». Si on utilise plutôt un score de 15, environ 3 % seraient atteints d'autisme. Mais le diagnostic n'a été posé que chez 0,6 % des enfants. Ainsi seulement 1 enfant sur 5 ayant reçu un score évocateur d'« autisme » en serait vraiment atteint .

(...) Que penser de ces personnes : Hans Christian Andersen,Sir Arthur Conon-Doyle, Alain Robbe-Grillet, Emmanuel Kant, Ludwig Wittgenstein, Albert Einstein, Bêla Bartok, Eric Satie, Anton Bruckner, Wassili Kandinsky, Paul Klee, Edward Hopper ou Stanley Kubrick ? Ont-elles des points communs ? Qui le sait ? Christopher Gillber avoue son ignorance. Mais de nombreux auteurs suggèrent qu'elles ont toutes des traits autistiques marqués.

« Tous ces gens seuls... » Ces personnes étaient certainement solitaires, mais d'où venaient-elles ? Avaient-elles de l'autisme ? Etaient-elles sévèrement handicapées ? Ludwig Wittgenstein, par exemple, a eu effectivement des difficultés importantes mais il a pourtant déclaré : « dîtes à tous que j'ai eu une vie fantastique ! ».

Et si l'autisme n'expliquait pas tout ?

« Je propose d'éviter dorénavant de se focaliser uniquement sur l'autisme. Dès qu'il s'agit d'une personne 'avec autisme ', il faudrait se demander si chez elle l'autisme est vraiment la seule difficulté et même si ce trouble est vraiment le plus sévère qu 'elle présente. »

(...) Qu'est-ce que l'autisme ? Selon Gillberg : les « autismes » sont un groupe de troubles d'origine multifactorielle qui, lorsqu'ils sont handicapants, sont TOUJOURS associés à d'autres troubles développementaux neurologiques(troubles spécifiques du langage, dyspraxie, TDAH, tics, TOC, épilepsie et autres troubles médicaux) et il existe presqu'autant de causes qu'il existe de cas. Les « cas » sans comorbidité ne sont ni repérés durant leurs jeunes années, ni handicapants, bien que ces personnes soient parfois considérées comme des « solitaires », « originaux », « geeks », voire « génies ». Le fonctionnement synaptique et les gènes Clock jouent un rôle important dans les cas handicapants mais les facteurs environnementaux (prématurité, syndrome d'alcoolisation foetale, exposition à des toxines, infections, traumatismes,carence en vitamine D...) contribuent à la présentation clinique , et y sont fréquemment associés, pouvant même être parfois à l'origine de l'autisme. Des anomalies ou variations des réseaux neuronaux par défaut et de la connectivité sont presque toujours mises en évidence. Un déficit de la perception sociale des visages, lié à des régions cérébrales spécifiques, existe dans un sous-groupe important. Des troubles de l'éveil et du sommeil peuvent être fréquents. Aucune frontière nette ne sépare l'autisme des traits autistiques, ni ne sépare les traits autistiques de la « normalité ». Qu'il soit handicapant ou non, l'autisme ne disparaît jamais, il perdure toute la vie. Le degré du handicap, par contre, peut fluctuer au fil des années. Il est en général un « effet » des comorbidités davantage que de l'autisme comme tel.
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Re: L'autisme est-il considéré comme une maladie ?

#47 Message par FinementCiselé » jeudi 3 avril 2014 à 0:24

Benoit a écrit :
FinementCiselé a écrit :D'un côté du a Charybde qui te dit malade, on s'en fou de ton handicap, de l'autre Scylla qui te dit que t'as un problème de santé mentale et qui s'en fou de ton handicap également, au millieu l'autiste en pauvre Ulysse doit faire de son mieux pour réussir a passer au milieu avec le moins de dégâts possibles ?
M'enfin pour le moment je trouve que "Scylla" est plus dangereuse que "Charybde", peut être pour ça qu'on les laisse "parler", ça tend a équilibrer la balance ?
Mais moi, quitte a choisir, je préférerais grandement avoir accès a tout le panel plutôt qu'a choisir entre l'un et l'autre, puisque les deux selon moi, on torts dans leurs approches, faut tout inclure et pas seulement prendre une partie du "problème" :|
Puisque tu parles de Charybde et Scylla, un truc que j'ai appris (j'espère me souvenir du truc) l'autre jour c'est que les deux ne sont pas équivalentes.
Charybde incarne la part aléatoire, le risque de s'en tirer totalement ou pas du tout avec une certaine probabilité. Un choix binaire donc.
Scylla incarne au contraire le risque calculé, maitrisé, mais avec obligatoirement une part de sacrifice.

Du coup pour s'en sortir sans dégâts il faudrait choisir Charybde (au risque de ne pas s'en sortir du tout) tandis que Scylla te causera dans tout les cas des dégâts, à toi de voir s'ils sont acceptables.

Personnellement je pense que je préfère faire un détour.
Tiens t'es allé plus loin que moi dans la réflexion et tu m'a devancé, je suis triste :'( (je plaisante bien sur :mrgreen: ). Mais poussons un peu plus loin la réflexion encore : si la psychanalyse était justement bel et bien comparable a Scylla, un risque calculé a gros coups d'explications fumeuses ? Et le behaviorisme où le traitement symptomatique de la "maladie" quelque chose au final d'assez aléatoire, puisque ça peut fonctionner, mais aussi n'avoir aucuns effet notables, qualitativement en rapport avec la vie et les handicaps de l'autiste ?

Moi aussi je préfère faire un détour, mais rappel toi d'Ulysse, le temps qu'il y a passé est monstrueux et malheureusement l'entourage poussera inexorablement la personne a faire un choix, car même si elle n'est pas en souffrance, son entourage le sera en partie. La Société en général également poussera a faire un choix, d'où leurs débats, parce que dans la société, si il n'y a pas de définition, ça n'existe pas.
Jean a écrit :Conférence de C. Gillberg à l'IMFAR - How Severe is Autism - Really? Vidéo (anglais non sous-titré)

Résumé dans le dernier bulletin scientifique de l'ARAPI. Extraits :

On a souvent tendance à penser l'autisme comme une pathologie distincte, et pourtant les cas d'autisme pur sont extrêmement rares. Pour illustrer la difficulté à définir la ligne de démarcation entre le normal et le pathologique, Christopher Gillberg s'appuie sur des études épidémiologiques menées par son équipe du «Gillberg Neuropsychiatry Centre » (http://www.gnc.gu.se) en Suède. Le premier exemple est tiré d'une étude menée à Bergen sur plus de 9 500 enfants de 7 à 9 ans (Posserud et al, 2009)avec comme outil le ASSQ (Autism Spectrum Screening Questionnaire, Ehlers et al., 1999) rempli par les enseignants et les parents. Quelques milliers d'enfants n'ont aucun signe d'autisme, un millier présente un signe d'autisme, encore un millier ont 2 signes d'autisme, etc. jusqu'à 42 symptômes d'autisme, sur un maximum possible de 54, présents chez un tout petit nombre d'enfants. C'est une courbe de distribution normale sans coupure nette entre la pathologie et la norme.

(...) Dans la première étude citée, une population importante présente des signes d'autisme. Si on considère qu'un score de 10 ou plus sur l'ASSQ rempli par les enseignants représente une suspicion d'autisme, 8 % de la population se retrouvent dans ce groupe « à risque ». Si on utilise plutôt un score de 15, environ 3 % seraient atteints d'autisme. Mais le diagnostic n'a été posé que chez 0,6 % des enfants. Ainsi seulement 1 enfant sur 5 ayant reçu un score évocateur d'« autisme » en serait vraiment atteint .

(...) Que penser de ces personnes : Hans Christian Andersen,Sir Arthur Conon-Doyle, Alain Robbe-Grillet, Emmanuel Kant, Ludwig Wittgenstein, Albert Einstein, Bêla Bartok, Eric Satie, Anton Bruckner, Wassili Kandinsky, Paul Klee, Edward Hopper ou Stanley Kubrick ? Ont-elles des points communs ? Qui le sait ? Christopher Gillber avoue son ignorance. Mais de nombreux auteurs suggèrent qu'elles ont toutes des traits autistiques marqués.

« Tous ces gens seuls... » Ces personnes étaient certainement solitaires, mais d'où venaient-elles ? Avaient-elles de l'autisme ? Etaient-elles sévèrement handicapées ? Ludwig Wittgenstein, par exemple, a eu effectivement des difficultés importantes mais il a pourtant déclaré : « dîtes à tous que j'ai eu une vie fantastique ! ».

Et si l'autisme n'expliquait pas tout ?

« Je propose d'éviter dorénavant de se focaliser uniquement sur l'autisme. Dès qu'il s'agit d'une personne 'avec autisme ', il faudrait se demander si chez elle l'autisme est vraiment la seule difficulté et même si ce trouble est vraiment le plus sévère qu 'elle présente. »

(...) Qu'est-ce que l'autisme ? Selon Gillberg : les « autismes » sont un groupe de troubles d'origine multifactorielle qui, lorsqu'ils sont handicapants, sont TOUJOURS associés à d'autres troubles développementaux neurologiques(troubles spécifiques du langage, dyspraxie, TDAH, tics, TOC, épilepsie et autres troubles médicaux) et il existe presqu'autant de causes qu'il existe de cas. Les « cas » sans comorbidité ne sont ni repérés durant leurs jeunes années, ni handicapants, bien que ces personnes soient parfois considérées comme des « solitaires », « originaux », « geeks », voire « génies ». Le fonctionnement synaptique et les gènes Clock jouent un rôle important dans les cas handicapants mais les facteurs environnementaux (prématurité, syndrome d'alcoolisation foetale, exposition à des toxines, infections, traumatismes,carence en vitamine D...) contribuent à la présentation clinique , et y sont fréquemment associés, pouvant même être parfois à l'origine de l'autisme. Des anomalies ou variations des réseaux neuronaux par défaut et de la connectivité sont presque toujours mises en évidence. Un déficit de la perception sociale des visages, lié à des régions cérébrales spécifiques, existe dans un sous-groupe important. Des troubles de l'éveil et du sommeil peuvent être fréquents. Aucune frontière nette ne sépare l'autisme des traits autistiques, ni ne sépare les traits autistiques de la « normalité ». Qu'il soit handicapant ou non, l'autisme ne disparaît jamais, il perdure toute la vie. Le degré du handicap, par contre, peut fluctuer au fil des années. Il est en général un « effet » des comorbidités davantage que de l'autisme comme tel.
Ce monsieur a l'air de rester a l'origine de se qu'est le patient avec autisme pour le définir qualitativement non pas sur son autisme même mais sur ses handicaps, je trouve son approche très intéressante.
Aspie "cru 2014".

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Re: L'autisme est-il considéré comme une maladie ?

#48 Message par Benoit » jeudi 3 avril 2014 à 0:33

FinementCiselé a écrit : Moi aussi je préfère faire un détour, mais rappel toi d'Ulysse, le temps qu'il y a passé est monstrueux et malheureusement l'entourage poussera inexorablement la personne a faire un choix, car même si elle n'est pas en souffrance, son entourage le sera en partie. La Société en général également poussera a faire un choix, d'où leurs débats, parce que dans la société, si il n'y a pas de définition, ça n'existe pas.
Ce que je veux retenir, c'est qu'Ulysse est resté fidèle à ses convictions, à lui même jusqu'au bout même si Calypso donne l'impression qu'elle ne lui voulait certainement aucun mal.

On peut sans doute y voir une analogie sur l'inutilité de certaines pratiques en matière de S.A., qu'elles sont bien intentionnés, mais infondées.

Et puis à la fin il extermine tous les prétendants, ce qui n'est pas forcément un mal non plus. (Là je laisse les gens libre d'interpréter qui sont les prétendants).
Identifié Aspie (広島, 08/10/31) Diagnostiqué (CRA MP 2009/12/18)

話したい誰かがいるってしあわせだ

Être Aspie, c'est soit une mauvaise herbe à éradiquer, soit une plante médicinale à qui il faut permettre de fleurir et essaimer.

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Re: L'autisme est-il considéré comme une maladie ?

#49 Message par FinementCiselé » jeudi 3 avril 2014 à 0:34

Benoit a écrit :
FinementCiselé a écrit : Moi aussi je préfère faire un détour, mais rappel toi d'Ulysse, le temps qu'il y a passé est monstrueux et malheureusement l'entourage poussera inexorablement la personne a faire un choix, car même si elle n'est pas en souffrance, son entourage le sera en partie. La Société en général également poussera a faire un choix, d'où leurs débats, parce que dans la société, si il n'y a pas de définition, ça n'existe pas.
Ce que je veux retenir, c'est qu'Ulysse est resté fidèle à ses convictions, à lui même jusqu'au bout même si Calypso donne l'impression qu'elle ne lui voulait certainement aucun mal.

On peut sans doute y voir une analogie sur l'inutilité de certaines pratiques en matière de S.A., qu'elles sont bien intentionnés, mais infondées.

Et puis à la fin il extermine tous les prétendants, ce qui n'est pas forcément un mal non plus. (Là je laisse les gens libre d'interpréter qui sont les prétendants).
:lol:
Aspie "cru 2014".

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Re: L'autisme est-il considéré comme une maladie ?

#50 Message par Laura Ingalls » samedi 5 juillet 2014 à 14:50

freeshost a écrit :Le cerveau n'arrive-t-il pas à s'adapter, au fil des années, à cette polydactilie (développer la coordination) ? Cool ! avec six doigts, on peut jouer de nouveaux morceaux de piano, ou on peut fabriquer des flûtes avec plus de trous. :)
ça doit être cool! lol PIs de la guitare avec plus de doigts! C'est où qu'on peut se faire greffer des doigts en plus? lol *je plaisante, bien-sûr!*
Benoit a écrit :
freeshost a écrit :Le cerveau n'arrive-t-il pas à s'adapter, au fil des années, à cette polydactilie (développer la coordination) ? Cool ! avec six doigts, on peut jouer de nouveaux morceaux de piano, ou on peut fabriquer des flûtes avec plus de trous. :)
Par contre, pour apprendre le nombre de jours dans les mois, ça doigt être coton quand un polydactyle dépasse décembre et qu'il lui reste des trous et des bosses.
..heu nous aussi il nous reste un trou et une bosse en arrivant à décembre! C'est plutôt pour juillet-août que ça problème! Nous, quand on arrive à juillet sur la dernière bosse (31) de la main, on part sur l'autre main et on a encore une bosse pour août (31), et on a 31-31 pour le nombre de jours et la suite de l'année est juste aussi. Mais un polydactyle, avec un doigt en plus, après juillet, il doit avoir un trou (30) ce qui est faux, et ça fausse toute la suite! Ou alors faut trouver une astuce, genre sauter un creux (j'peux pas mettre trou, là mdr :lol: ) pour juillet-août et revenir sur la même main!

passe du coq à l'âne
Jean a écrit :Dans cette discussion, tout dépend du sens qu'on donne aux mots maladie, handicap, trouble, syndrome, altération, pathologie ...
alors, ça, ça me pose un problème. Comment peut-ont chacun donner un sens différent à un même mot? Les mots ont des significations, des définitions, je ne crois que Pierre, Paul ou Jacques puisse décider de les changer en fonction de ce qui les arrange! A ce moment là, pour moi, une fraise (le fruit, pas celle du dentiste), c'est un agrume de couleur jaune. Tout dépend du sens qu'on donne au mots fraise, agrume et jaune!

Je ne pense pas que la définition des mots dépendent de notre point de vue!

Pour reprendre l'exemple très-cité du non-autiste dans une classe d'autiste qui deviendrait alors l' "autiste", le "handicapé", celui qui a du mal à s'adapter (un peu comme Penny qui se retrouve au milieu de Léonard, Sheldon, et leurs potes, dans "The Big Bang Theory"), si on fait une analogie avec quelque chose d'autre, par exemple un cancer, si on prend un non-cancéreux et qu'on le met dans un groupe de cancéreux, je ne crois pas qu'il deviendrait le cancéreux et que les cancéreux n'auraient plus de cancer! A priori, ce qui se passerait, c'est que tous les autres seraient malades, et nécessiteraient des traitements, sauf lui! Et tu peux remplacer le cancer par autre chose, rougeole, grippe, sida et même dépression, ça marche aussi!
Si l'autisme était une maladie, si on mettait un NT au milieu d'une classe d'autistes, il devrait être alors, comme pour les cancéreux (grippés, sidéens, etc...) le seul normal et sain au milieu de la classe d'handicapés/malades et les autistes devraient tjs avoir des problèmes! Si c'était réellement une maladie, logiquement, c'est ça qui devrait se passer!
Jean a écrit :En utilisant les différentes classifications, les médecins considèrent que l'autisme est une maladie, qui plus est une "maladie mentale".
ça je sais que les médecins considèrent que c'est une maladie mentale. Mais, au risque d'avoir l'air folle, les médecins ne sont pas des dieux, omniscients, dépourvus de la capacité de se tromper. Les médecins considéraient aussi, en utilisant les différentes classifications de l'époque, que l'homosexualité était une maladie! Des médecins, à une époque encore plus lointaine, considéraient que les saignées soignaient à peut près toutes les maladies en enlevant le sang pourri du corps et pensaient que s'essuyer les mains c'était amplement suffisant pour passer d'un patient à un autre et prenaient pour des cons, voir pour des débiles ceux qui ceux qui ont commencé à suggérer de se laver les mains d'arrêter de saigner les gens! Et pour revenir à une époque plus récente, les médecins considéraient aussi que la mère était responsable de l'autisme de son enfant. Et ils avaient tort!

Alors utiliser la classification actuelle comme un fait établi et irréfutable.........bof!
Jean a écrit :Cela n'est pas éternel. Par exemple, le syndrome de Rett était un trouble envahissant du développement dans la classification américaine des troubles mentaux (DSM-IV) et vient d'en sortir dans le DSM5. Il n'est plus considéré comme un trouble mental, mais comme une maladie résultant d'une anomalie génétique identifiée.
ce qui montre bien que parfois ça peut arriver qu'ils se soient trompés et reclassifient!
"L'autisme n'est pas contagieux et je trouve que c'est bien dommage d'ailleurs!" J. Schovanec

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Re: L'autisme est-il considéré comme une maladie ?

#51 Message par Laura Ingalls » samedi 5 juillet 2014 à 14:53

had a écrit : si vous ne reconnaissez pas que l'autisme est un trouble mental, vous êtes dans le déni. et c'est tout : c'est comme ça ! ya pas à discuter. ceux qui croient que l'asperger n'est ni un handicap, ni un trouble mental se trompent lourdement. avec l'image du trouble mental & handicap, soudainement, l'asperger est moins acceptable, moins cool à porter, moins à la mode.
Si on est pas d'accord avec toi, on est dans le déni, on se trompe lourdement, c'est comme ça et y a pas à discuter? Wow! Carrément! :shock:
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Re: L'autisme est-il considéré comme une maladie ?

#52 Message par FloretteRanou » samedi 5 juillet 2014 à 15:57

Certains spécialistes de l'autisme anglophones préfèrent parler de ASC "Autistic Spectrum Condition" à la place de ASD "Autistic Spectrum Disorder", c'est-à-dire designer le spectre autistique comme une condition et non un trouble.

Parmi ces personnes on trouve le professeur Simon Baron-Cohen http://www.autismmind.com/Blog_Entry_sr ... __ASC_bek/

Donc il y a bien un débat possible sur l'utilisation ou non des termes "trouble" et "maladie".
Le refus d'employer ces termes n'est pas seulement un complexe d'autistes qui ne veulent pas se sentir stigmatisés.
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Re: L'autisme est-il considéré comme une maladie ?

#53 Message par normal » samedi 5 juillet 2014 à 16:14

ma mere est aveugle .
on a changé ça en "non voyant"
vous croyez que sa vie en est changée ?
mieux vaut un qui sait que dix qui cherchent, et je suis celui là

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Re: L'autisme est-il considéré comme une maladie ?

#54 Message par Nova » samedi 5 juillet 2014 à 18:43

pour l'asperger ce n'est pas un trouble mental ni une maladie mais bien une condition, un fonctionnement différent, un trouble mental suppose qu'il y a dysfonctionnement, c'est comme 2 voitures, une fonctionnant a l'essence et une autre fonctionnant à l'electrique, aucune des deux n'a un trouble du fonctionnement mais bien un fonctionnement différent
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Re: L'autisme est-il considéré comme une maladie ?

#55 Message par Manichéenne » samedi 5 juillet 2014 à 18:53

Dans ce cas il manque un mot pour désigner tout ce qui peut causer des comportements différents mal-adaptés à notre société. Troubles du comportement, de l'humeur, neurologiques, etc.
Déjà qu'on parle de "troubles" pour éviter les "maladies", qu'on a évincé la folie, ...
On est tellement à la recherche du mot juste et non choquant que soit on n'arrive plus à communiquer clairement, soit il faut créer de nouveaux mots.

(c'est seulement mon opinion)
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Re: L'autisme est-il considéré comme une maladie ?

#56 Message par isra » samedi 5 juillet 2014 à 18:55

J'aime bien la définition de condition différente,
c'est vrai qu'à la base je ne vois pas de trouble du fonctionnement
mais c'est bien cette condition différente part rapport à la majorité,
qui se répercute en des troubles divers...
Les troubles sont les conséquences de cette condition différente.
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Re: L'autisme est-il considéré comme une maladie ?

#57 Message par Nova » samedi 5 juillet 2014 à 23:23

Je me plais a considéré mon syndrome comme une mutation, une évolution
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Re: L'autisme est-il considéré comme une maladie ?

#58 Message par budakesi » dimanche 6 juillet 2014 à 14:18

Personne n'ira dire à un HPI qu'il est malade ou handicapé, et pourtant sa "condition" se confond parfois avec celle d'un Asperger.
Un HPI ne se sent pas "handicapé" avec d'autres HPI, un Asperger ne se sent pas "handicapé" avec d'autres Asperger.

Pour moi la notion de différence est la base, au sens le plus large où L. Mottron a défini l'autisme:
"Une différence caractérisant une minorité constitutive de la diversité de l'humain".

Partant de là, tout commence dès lors qu'il s'agit d'interagir avec d'autres. L'autisme est une différence qui peut être handicapante, invalidante, souffrante, le tout en même temps, mais surtout une différence dynamique, dont les impacts pour le sujet évoluent avec le temps et l'environnement auquel il est exposé. C'est je dirais "un trouble systémique", un trouble d'"adaptation", qui affecte plus ou moins profondément le sujet plongé dans des environnements variables dans le temps et l'espace.

J'ai vu ce matin la magnifique exposition "Van Gogh, le suicidé de la société", tableaux de Van Gogh sur un texte de Antonin Artaud. Cela m'a beaucoup fait pensé au thème de ce fil de discussion. C'est la vulnérabilité des "différents" minoritaires qui les conduits à être rejetés par la majorité numérique, qui se croit forte du simple fait de cette majorité.

Parmi les réflexions de A. Artaud, j'ai noté par exemple, parlant d'un auto-portrait de Van Gogh:
"Un fou, Van Gogh ?
Que celui qui a su un jour regarder une face humaine regarde le portrait de Van Gogh par lui-même, je pense à celui avec un chapeau mou.....
Je ne connais pas un seul psychiatre qui saurait scruter un visage d'homme avec une force aussi écrasante et en disséquer comme au tranchoir l'irréfragable psychologie"


Alors qu'est-ce qui est normal, pathologique, un trouble, une maladie, un handicap, une différence ? La réponse varie suivant les points de vue: celui du sujet, celui du médecin, celui de la société, celui du politique, celui qui doit payer pour cacher, soigner, aliéner, entretenir...
Et selon quel(s) critère(s) va-t-on qualifier une différence de pathologique ? subjective (ce que ressent le sujet) ? objective (des comportements observables ?)

De plus ne plus, je pense que chaque sujet qui dispose du langage (quel qu'il soit, et la peinture de Van Gogh est un langage comme un autre) a le droit de dire comment il se perçoit, c'est lui qui se connaît le mieux (Van Gogh et ses auto-portraits saisissants). Donner aux autres ce pouvoir n'a de sens que s'ils en font quelque chose de bien pour la personne concernée.

Des livres entiers ont été écrits sur les notions évoquées et pas seulement à propos de l'autisme.

Je viens de lire par exemple "le normal et le pathologique" de Georges Canguihem. Il s'agit d'une thèse de médecine écrite en 1943, complétée 20 ans après par de nouvelles réflexions.
"Le normal n'est pas un concept statique, ou pacifique, mais un concept dynamique et polémique............ Une norme, une règle, c'est ce qui sert à faire droit, à dresser, à redresser. Normer, normaliser, c'est imposer une exigence à une existence, à un donné, dont la variété, la disparité s'offrent, au regard de l'exigence, comme un indéterminé hostile plus encore qu'étranger."

Il cite aussi un article de John A. Ryle 1947 "the meaning of normal", dans lequel l'auteur s'est efforcé de définir des critères pour distinguer normalité/anormalité:
"Ryle distingue deux sortes de variations relativement à la norme, à propos desquelles il peut se faire qu'on ait à décider de l'anormalité, en vue de certaines résolutions à prendre d'ordre pratique: variations affectant un même individu selon le temps, variations, à un moment donné, d'un individu à l'autre, dans une espèce. Ces deux sortes de variations sont essentielles à la survivance. L'adaptabilité dépend de la variabilité. Mais l'étude de l'adaptabilité doit toujours être circonstanciée, il ne suffit pas de procéder à des mesures et à des tests en laboratoire, il faut étudier aussi le milieu physique et le milieu social, le mode et les conditions de travail, la situation économique et l'éducation des différents classes, car le normal étant considéré comme l'indice d'une aptitude ou d'une adaptabilité, il faut toujours se demander à quoi et pour quoi on doit déterminer l'adaptabilité et l'aptitude.

Et ces phrases que je trouve sublimes:
"La définition psycho-sociale du normal par l'adapté implique une conception de la société qui l'assimile subrepticement et abusivement à un milieu, c'est-à-dire un système de déterminismes, alors qu'elle est un systèmes de contraintes contenant, déjà et avant tout rapport entre l'individu et elle, des normes collectives d'appréciation de la qualité de ces rapports. Définir l'anormalité par l'inadaptation sociale, c'est accepter plus ou moins l'idée que l'individu doit souscrire au fait de telle société, donc s'accommoder à elle comme une réalité qui est en même temps un bien".

Je en sais pas ce qu'il en est vous, mais lire cela me fait du bien :)
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Re: L'autisme est-il considéré comme une maladie ?

#59 Message par normal » dimanche 6 juillet 2014 à 18:54

non, ça ne me fait pas du bien de lire que pour etre normal il faut adherer au systeme etabli par la collectivité , le groupe .
Les conventions fondées sur l'humain et donc la culture me derangent car trop sujettes à polemique argumentation raisonnement , toutes choses dans lesquelles je n'excelle point.
pour en revenir à la question originelle il me parait evident que , pour les non autistes , l'autisme est une maladie
et le malade est traité comme un handicapé et l'inverse .
le rapport de l'handicapé ou du malade à la société est simple :pour les non malades ou non handicapés , c'est un humain qui n'a pas toutes ses capacités.
et c'est vrai il faut le reconnaitre , nous avons moins de capacité d'adaptation à notre environnement meme si certains se sentent geniaux dans leur interet restreint ils n'arriveront à rien sans la mansuetude des "normaux" (NT) , c'est à dire leur aide financiere et morale .
mieux vaut un qui sait que dix qui cherchent, et je suis celui là

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WinstonWolfe
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Re: L'autisme est-il considéré comme une maladie ?

#60 Message par WinstonWolfe » dimanche 6 juillet 2014 à 19:03

Normal, normal, toi qui peut être normal sans avoir à être normal...

Je ne pense pas que l'autisme implique un défaut de capacité d'adaptation. Au contraire, ces facultés d'adaptation sont tellement mises à l'épreuve que, comme un muscle souvent sollicité, elle devient hypertrophiée. C'est juste que l'écart avec la norme est grand. Je ne serais pas là où j'en suis, quasi indétectable, sans une forte capacité d'adaptation. Et on est sûrement nombreux dans ce cas.
(Diagnostiqué aspie en 2013, à 40 ans)

Je sème des cailloux, ils m'échappent des doigts,
Mais je prends bien garde qu'ils ne mènent à moi.

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