Grenoble -Autisme et Aide sociale à l'enfance

Toutes discussions concernant l'autisme et le syndrome d'Asperger, leurs définitions, les méthodes de diagnostic, l'état de la recherche, les nouveautés, etc.
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bidouille
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#166 Message par bidouille » dimanche 26 juin 2016 à 8:30

Crabouiff est de retour , le forum va mal tourner, c'est triste...
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Re: [2016/01/22] Grenoble -Autisme et Aide sociale à l'enfan

#167 Message par nouvo » dimanche 26 juin 2016 à 8:43

nouvo a écrit :
Bruno Jean a écrit :S'informer sur le Syndrome de Münchhausen par Procuration (SMPP) :

DSM IV-TR : Cote F68.1 [300.16 à 300.19 pour les "sous-types"] Trouble factice non spécifié, page 597
Le code F68.1 correspond à un codage CIM10

S'informer sur les ophtalmos, certains font des miracles :geek:


Et si les autres infos sont de ce calibre, il va falloir fournir un burin aux lecteurs..

:innocent:
Bruno Jean a écrit :Capture d'écran affichant la page 597 du DSM-IV-TR en français, Editions Masson, 2005 :
Spoiler : capture ecran : 
Image
Comme je vous l'ai écrit, le code (et non "cote" ^) F68-1 est relatif à la CIM10

Ce pourquoi, quand vous parlez de DSM IV, ne vous contentez pas de reproduire ce qui est sous vos yeux mais apprenez à déchiffrer ce que vous lisez.
Un très bon ophtalmo pourrait sans doute vous aider, du moins je l'espère pour vous si cela pouvait se régler aussi facilement.


" Compte tenu du manque d'études le caractérisant, le DSM-IV-TR classe le trouble factice par procuration (syndrome de Münchhausen par procuration), parmi les troubles nécessitant des études complémentaires."
https://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_factice

Et si vous avez une capture d'écran de la CIM10 avec le SMPP n'hésitez pas à transmettre.
Sur mes accès il est introuvable / inexistant sur la CIM10 -
diagnostiqué asperger en 2015, à 38 ans

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#168 Message par WinstonWolfe » dimanche 26 juin 2016 à 8:48

bidouille a écrit :Crabouiff est de retour , le forum va mal tourner, c'est triste...
Bruno Jean a été banni du forum suite à ses interventions de cette nuit, pour trollage.
(Diagnostiqué aspie en 2013, à 40 ans)

Je sème des cailloux, ils m'échappent des doigts,
Mais je prends bien garde qu'ils ne mènent à moi.

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#169 Message par bidouille » dimanche 26 juin 2016 à 9:01

ouf ca me rassure , j'aime beaucoup de forum j'ai peur que ce type de troll vienne le pourrir merci au moderateurs.
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#170 Message par gog » dimanche 26 juin 2016 à 10:09

:bravo: !
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Re: [2016/01/22] Grenoble -Autisme et Aide sociale à l'enfan

#171 Message par Allan » dimanche 26 juin 2016 à 12:30

Je n'ai pas la connaissance pour comprendre ce que Nouvo expliquait avec des sigles... mais un mot me tracasse depuis hier, c'est le "burin" :
Spoiler :  : 
Merci, de m'expliquer en quoi un burin facilite la lecture... j'aimerais savoir, je sens que quelque chose m'échappe, j'ai besoin de comprendre. je vois bien comment on peut écrire avec un burin dans la pierre auquel cas on peut fournir un burin au scripteur, mais fournir un burin à un lecteur, je ne vois pas bien...

nouvo a écrit :Et si les autres infos sont de ce calibre, il va falloir fournir un burin aux lecteurs..

:innocent:
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Re: [2016/01/22] Grenoble -Autisme et Aide sociale à l'enfan

#172 Message par Daredevil » dimanche 26 juin 2016 à 12:47

Tugdual a écrit :
Daredevil a écrit :quelle est la probabilité que Rachel soit à la fois autiste et atteinte d'un Syndrome de Münchhausen par procuration ?
Jean a déjà abordé ce point plus avant sans la discussion.
Merci Tugdual ! J'ai trouvé ma réponse, comme quoi ce que je pensais (non ! impossible ! ) se confirme :D
Jean a écrit : À cela s’ajoute la consultation « des meilleurs pédopsychiatres de l’enfance et de l’adolescence au plan européen, comme le docteur Joaquin Fuentes », qui attestent que la mère ne peut pas être atteinte d’un syndrome de Münchhausen par procuration comme l’a déclaré l’experte judiciaire dans son rapport. « Ce n’est pas possible dans le cas de l’autisme ! », s’insurge-t-elle.
Jean plus avant
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Re: [2016/01/22] Grenoble -Autisme et Aide sociale à l'enfan

#173 Message par Daredevil » dimanche 26 juin 2016 à 13:13

Spoiler : Burin nouvo : 
Allan a écrit :Je n'ai pas la connaissance pour comprendre ce que Nouvo expliquait avec des sigles... mais un mot me tracasse depuis hier, c'est le "burin" :
nouvo a écrit :Et si les autres infos sont de ce calibre, il va falloir fournir un burin aux lecteurs..
:innocent:
Moi j'y voyais un retour vers l'âge préhistorique dans la discussion ainsi que dans la difficulté de décryptage et l'imprécision des références, le lecteur devrait se munir d'un "burin" sous-entendu pour répondre? Donc de revenir à une pensée préhistorique, d'un autre temps révolu. Manque plus que la peau de bête pour se mettre dans l'ambiance. ;)
Un burin est un outil préhistorique de pierre taillée

Ou alors plus simplement un outil d'archéologie afin de retirer les morceaux de terre incrustés dans une tablette égyptienne , il manque alors le pinceau pour retirer la poussière ;)
J'attends moi aussi la réponse de Nouvo :o
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Re: [2016/01/22] Grenoble -Autisme et Aide sociale à l'enfan

#174 Message par nouvo » dimanche 26 juin 2016 à 13:58

Ah, nous allons causer outils, bricolage (et même jardinage) :wink:
Allan a écrit :Je n'ai pas la connaissance pour comprendre ce que Nouvo expliquait avec des sigles... mais un mot me tracasse depuis hier, c'est le "burin" :
Spoiler :  : 
Merci, de m'expliquer en quoi un burin facilite la lecture... j'aimerais savoir, je sens que quelque chose m'échappe, j'ai besoin de comprendre. je vois bien comment on peut écrire avec un burin dans la pierre auquel cas on peut fournir un burin au scripteur, mais fournir un burin à un lecteur, je ne vois pas bien...

nouvo a écrit :Et si les autres infos sont de ce calibre, il va falloir fournir un burin aux lecteurs..

:innocent:
Et bien j'étais en mode visio quand j'ai écrit cela
et le mode visio, quand on n'a la bobine à disposition, n'est si évident à retransrire et s'avérerait sans doute incomplet / non fidèle à la pensée (vue) de l'instant.

Mais néanmoins, il faudrait partir du mot "calibre"

"si les autres infos sont de ce calibre"

ici (pour moi) c'est l'énormité de ce qui est écrit

et par la suite, sont fournis des liens qui ne sont adéquats avec ces propos
(ça doit s'appeler tentative d'amalgames ou essayer de tromper son monde ou ficelles argumentaires grossières)

Dans ce contexte global, il fournit beaucoup de choses (diverses et parfois inadéquates à fausses) mais tendant à soutenir quelconque de ses propos.

Alors l'histoire du burin doit signifier "élaguer entre le vrai, le faux et l'amalgamé" - élaguer entre tout ça, tout ce volume !
comme un rapport au burin, où le burin serait ici une correspondance à cisaille, taille-haie, tronçonneuse et autre débroussailleuse ! :mrgreen:

(même si là il y aura une autre image qui serait susceptible de donner suite et complément sur le fil jardinage :wink: )
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Re: [2016/01/22] Grenoble -Autisme et Aide sociale à l'enfan

#175 Message par Allan » dimanche 26 juin 2016 à 17:40

Généralement, quand je ne comprends pas du premier coup, c'est mal embarqué quand je dois demander des explications, donc je craignais ne pas saisir l'explication, mais là j'ai compris, qu'il fallait dégrossir au burin des propos bétonnés dans la masse.
A vrai dire comme je ne comprenais pas pourquoi ce monsieur passait sa journée à s'acharner à défendre la justice en venant se répandre ici, je n'ai vu que de la provocation face à des personnes autistes qui a un niveau ou un autre sont confrontées à des incompréhensions, des jugements erronés, des injustices et j'en passe, à longueur d'existence, en conséquence de quoi, je ne cherchais pas à étudier ce qu'il disait, j'ai vu qu'il fallait être expert dans des domaines éloignés des miens pour lui répondre précisément, ce qui m'a totalement échappé.

Bref, il faut donc avoir des armes pour se défendre, mais un coup de balaie a suffi au bout du compte.
Spoiler :  : 
Aujourd'hui, j'étais dans mes cactus, j'y allais donc avec des pincettes et la pince à épiler, ni burin ni taille-haie.
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Re: [2016/01/22] Grenoble -Autisme et Aide sociale à l'enfan

#176 Message par Jean » lundi 27 juin 2016 à 23:29

Daredevil a écrit :quelle est la probabilité que Rachel soit à la fois autiste et atteinte d'un Syndrome de Münchhausen par procuration ?
Ce qui est considéré comme impossible (et il n'y a aucun cas de ce type répertorié), c'est que Rachel puisse rendre ses enfants autistes.

Cela fait référence aux cas de SMPP où le parent rend l'enfant malade.

Si on peut imaginer qu'un parent invente des symptômes de l'autisme en répondant par exemple à l' ADI, ce n'est pas possible de faire en sorte que les enfants se comportent comme des autistes lors de l'examen clinique, par exemple dans un ADOS.
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Re: [2016/01/22] Grenoble -Autisme et Aide sociale à l'enfan

#177 Message par bidouille » mardi 28 juin 2016 à 6:55

il ny a guerre qu'en France qu'il y'a des cas de diag de munchausen par procuration pour des parents d'enfant autistes...
C'est une véritable épidémie typiquement Française, depuis qu'il a été clairement écrit dans des document officiel que "psychose infantile" est un diag obsolette qui signifie "Autisme" ...

Mais dans notre cas je crois que ceux qui ont un Munchausen par procuration ce sont bien les psyKK qui pose ce diagnostic
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Re: [2016/01/22] Grenoble -Autisme et Aide sociale à l'enfan

#178 Message par Jean » lundi 16 janvier 2017 à 19:42

L'Union Régionale Autisme France de Bretagne demande à l’Association Française de Psychiatrie ses sources: en effet, le président de l'AFP - Dr Cozic - et son secrétaire général adjoint - Pr Botbol - travaillent au CHRU de Brest.

https://blogs.mediapart.fr/jean-vincot/ ... rocuration
AFP et SMPP 16012017.pdf
(751.92 Kio) Téléchargé 51 fois
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Re: [2016/01/22] Grenoble -Autisme et Aide sociale à l'enfan

#179 Message par Jean » mercredi 27 décembre 2017 à 18:13

http://www.jim.fr/medecin/actualites/pr ... _pro.phtml
Robes noires et blouses blanches ou le problème préoccupant des signalements abusifs

Paris, le mercredi 27 décembre 2017 – « Il (le médecin) a fait une IP (information préoccupante) sans nous prévenir, pour carence de soins et nomadisme médical. Pourquoi n’a-t-il pas pris la peine de nous appeler ? On lui aurait expliqué nos réflexions, nos doutes... On a l’impression qu’il a coché des cases pour se protéger : enfant autiste, pas de suivi, signalement... Je n’ai plus confiance ». C’est par ce témoignage en forme de vignette clinique, que TSA (Travail Social Actualités) avait illustré le problème des signalements abusifs de parents d’enfants autistes à la protection de l’enfance (1). En fait, deux débats se superposent. D’une part, la question (plus générale) des confusions de diagnostics, dans ce cas entre autisme et maltraitance, ailleurs entre une suspicion de maltraitance et une autre situation médicale ou psychopathologique : maladie des os de verre, phénomène d’aliénation parentale (2), etc. Ces erreurs d’aiguillage conduisent à faire intervenir indûment les robes noires des magistrats là où les blouses blanches des médecins s’imposeraient en priorité. D’autre part, il existe une controverse, plus spécifique aux troubles du spectre autistique, sur les modes de prise en charge préconisés. Quand une famille s’oppose à une proposition d’intervention (thérapie, rééducation particulière...), il n’est pas rare qu’elle suscite des soupçons de maltraitance, au moins par carence de soins : voyant abusivement un contexte de maltraitance, des travailleurs sociaux, des médecins ou des enseignants signalent une situation préoccupante et la lourde machinerie judiciaire est alors actionnée.

Pourtant, « personne ne ressort indemne d’une procédure pour signalement abusif, des familles sont détruites », souligne M’Hammed Sajidi, auteur d’un Guide contre le signalement abusif (3). Présidente d’Autisme France et auteure d’un rapport sur les violations des droits et dysfonctionnements de l’Aide sociale à l’enfance » (publié en juillet 2015) (4), Danièle Langloys dénonce une « impitoyable machine à broyer les familles d’enfants autistes. » Et même un juge des enfants, Éric Bocciarelli, confirme la réalité de ce problème : « On est insuffisamment éclairé. On n’est pas très bon pour évaluer la maltraitance, l’autisme n’est pas toujours bien diagnostiqué en France, et les magistrats sont au degré zéro de la formation sur les troubles autistiques. »

Plusieurs moyens permettraient d’améliorer cette triste situation. Surtout, promouvoir une meilleure formation pour l’ensemble des acteurs impliqués dans la chaîne des signalements et des IP, y compris les médecins de première ligne, auxquels on demande de plus en plus souvent de formuler un diagnostic incombant normalement aux Centres de ressources autisme (CRA), car ces structures dédiées sont engorgées par des « listes d’attente de 18 mois. » Il faut aussi rénover profondément la lecture archaïque de l’autisme qui prévaut encore souvent en France, une lecture imprégnée par la psychanalyse où la mère est forcément coupable : le juge Bocciarelli confirme que « certaines familles se heurtent à des professionnels obtus voulant imposer leurs préconisations et sont signalées, alors qu’il n’est nullement question de danger pour les enfants ». Rappelons que la loi (Art. 375 du code civil) (5) concerne pourtant les cas où l’un ou plusieurs de ces trois domaines, la santé, la sécurité ou la moralité, sont en danger.

Dr Alain Cohen
Références
(1) Iris Briand : À qui peuvent se vouer les familles d’enfants autistes ? TSA n°75 (2016) : 10–12.
(2) http://paulbensussan.fr/alienation-parentale/
(3) http://vaincrelautisme.org/sites/defaul ... abusif.pdf
(4) http://www.autisme-france.fr/offres/doc ... blique.pdf
(5) https://www.legifrance.gouv.fr/affichCo ... 0006426776
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Re: Grenoble -Autisme et Aide sociale à l'enfance

#180 Message par Jean » samedi 30 mars 2019 à 17:00

lemonde.fr
Le désarroi des familles d’enfants autistes face aux soupçons des services sociaux

Des parents dénoncent des enquêtes menées à leur encontre par la protection de l’enfance, en raison de la méconnaissance du handicap de leur enfant.

Par Solène Cordier Publié aujourd’hui à 10h15, mis à jour à 13h12

« Mère fusionnelle », « nomadisme médical », « syndrome de Münchhausen par procuration »… Les mêmes termes se retrouvent, de dossier en dossier, pour caractériser les comportements des parents d’enfants autistes qui se retrouvent dans le viseur de l’aide sociale à l’enfance (ASE). De nombreuses familles dénoncent depuis des années, sans rencontrer grand écho, l’acharnement dont elles s’estiment victimes et qu’elles attribuent à la méconnaissance, en France, des manifestations des troubles du spectre autistique (TSA).

Pour elles comme pour les autres, bien souvent, tout commence avec un courrier, envoyé par les services sociaux du département. La famille destinataire apprend à sa lecture qu’une « information préoccupante », concernant un ou plusieurs de ses enfants, a été émise à son encontre, sans qu’elle sache nécessairement par qui, ni pourquoi. Ces procédures d’alerte, qui permettent de signaler un enfant en danger ou en risque de danger, peuvent être faites par les institutions en contact avec les enfants – l’éducation nationale étant un gros pourvoyeur – ou par des particuliers. Elles déclenchent une enquête administrative qui a pour objectif, justement, d’évaluer le danger supposé, et peut à terme conduire à une saisie du parquet.

« Faillite collective »


C’est le début de la « spirale infernale », résume Marion Aubry, vice-présidente de TouPi, une association d’entraide. Les comportements des autistes (tri alimentaire, hypersensibilité sensorielle) peuvent être confondus, pour un œil non averti, avec des signes de maltraitance ou de défaillance éducative.

Pour Julie (elle a requis l’anonymat), mère de trois enfants issus de deux unions, l’engrenage a débuté fin 2011. Alertée par le médecin de la crèche d’un possible autisme concernant son fils, elle se rend au centre d’action médico-sociale précoce le plus proche. « A l’époque, mon plus jeune fils avait 3 ans et demi, 4 ans. Il ne me regardait jamais, il pleurait énormément, avait une façon de jouer très spécifique, en alignant les objets. Il pouvait rester des heures à la même place sans bouger. Tout le tableau clinique de l’autisme, comme je l’ai appris plus tard. » Mais la pédopsychiatre balaie d’un revers de main ses soupçons, évoque une « dysharmonie évolutive ». Elle accuse Julie de projeter des angoisses sur ses enfants et de vouloir à tout prix qu’ils soient malades. Le fameux syndrome de Münchhausen par procuration.

Julie insiste pourtant pour faire établir un diagnostic, sans succès, ce qui est assez fréquent. A la même période, le père de ses deux aînés, dont elle est séparée, décède. Elle prend rendez-vous au centre médico-psychologique (CMP), dont la mission est d’accueillir les personnes en souffrance psychique, pour obtenir de l’aide et un suivi pour ses fils, dont les comportements l’inquiètent. Mais, là encore, le contact passe mal. Son cadet s’entend dire qu’il est « victime d’un défaut éducatif lié au décès de son père ». « Il est sorti de cet entretien complètement traumatisé », se souvient Julie. Elle proteste, refuse de retourner au CMP.

Quelque temps plus tard, elle reçoit une lettre des services sociaux. Elle apprend qu’elle fait l’objet d’une information préoccupante, qui aboutit à la mise en place, pendant un an, d’une aide éducative à domicile. « Des éducateurs venaient prendre le café à la maison, regardaient comment ça se passait. Ils étaient très intéressés par mon deuxième fils. Au bout de six mois, ils ont voulu le placer en internat éducatif. A partir de ce moment-là, j’ai vraiment pris peur et j’ai commencé à me renseigner sur les groupes Facebook de parents d’enfants autistes pour savoir comment réagir. »

Grâce aux réseaux sociaux, elle réussit à obtenir en urgence une consultation à l’hôpital Robert-Debré, à Paris, qui dispose d’une cellule spécialisée dans le repérage de l’autisme. En 2013, c’est confirmé. L’aîné a un diagnostic de dysphasie (trouble du développement de la parole et du langage) avec un retard mental, le cadet présente des troubles de l’attention et le benjamin est autiste. Elle prévient immédiatement les services sociaux, qui depuis des mois l’accusent de chercher à médicaliser sa famille.

« On m’a alors menacée de judiciariser mon dossier si je ne poursuivais pas l’aide éducative à domicile. Mais je ne me suis pas laissé faire, j’avais enregistré la conversation, et je le leur ai dit. » L’effet est immédiat. Depuis ce rendez-vous, elle n’a plus jamais eu de nouvelles de l’aide sociale à l’enfance. Mais elle garde de cette épreuve, qui l’a « laminée » et s’est conclue par son divorce, une peur bleue des services sociaux. « Après tout ça, il est arrivé que je me retrouve dans des situations financières très délicates, mais j’ai préféré me priver de nourriture plutôt que d’aller voir une assistante sociale », reconnaît-elle.

Dans le cas de Julie, les dégâts restent cependant limités. La situation emblématique de Rachel Diaz, mère de trois enfants, dont deux autistes, témoigne, elle, du pire. Après une information préoccupante qui s’est transformée en signalement, dans un contexte de conflit avec le père des enfants, elle a perdu leur garde. Leur placement est reconduit chaque année depuis 2015, malgré ses multiples tentatives pour les récupérer. Le documentaire Rachel, l’autisme à l’épreuve de la justice, qui sera diffusé le 6 avril sur la chaîne Public Sénat, retrace le parcours de cette « faillite collective », selon les termes employés par la réalisatrice Marion Angelosanto.

Enquêtes sociales injustifiées


Pour l’avocate de Mme Diaz, Sophie Janois, spécialisée dans la défense des familles d’enfants autistes, la mainmise de la psychanalyse dans la prise en charge de l’autisme, à rebours des recommandations de bonnes pratiques énoncées depuis 2012 par la Haute Autorité de santé, conduit à des mises en cause très fréquentes des mères de ces enfants. « Elles sont désignées comme toutes-puissantes, ou au contraire manquant d’autorité, fusionnelles ou trop froides, projetant sur leurs enfants leurs propres troubles », liste-t-elle. « On les accuse de nomadisme médical, dû au fait qu’elles sont fréquemment confrontées à un refus de diagnostic de la part du personnel médical », dénonce-t-elle.

Sylvia (son prénom a été changé à sa demande) est travailleuse sociale, elle a pendant plusieurs années effectué des enquêtes sur des familles à la suite d’informations préoccupantes ou de signalements. Elle a commencé à s’interroger sur sa pratique professionnelle quand sa propre fille a été diagnostiquée autiste. « Quand on travaille dans la protection de l’enfance, on est formés à regarder si les enfants vont bien. On a peur de ne pas voir des situations de maltraitance. Mais l’autisme, c’est quasiment un copié-collé des points d’appel en maltraitance dont on dispose », se rend-elle compte aujourd’hui.

Depuis la mise en place de la stratégie autisme au printemps dernier, un effort sur la formation des professionnels de la justice et de la petite enfance est entrepris, parmi d’autres mesures. Mais combien de familles ont jusqu’à présent fait les frais d’enquêtes sociales injustifiées, simplement en raison du handicap mal connu de leur enfant ? Impossible à savoir, car aucune statistique nationale ne permet de connaître le nombre d’enfants autistes pris en charge par les services de la protection de l’enfance. Pour Marion Aubry, de l’association TouPi, au-delà de l’autisme, ce sont toutes les familles d’enfants ayant un handicap qui sont susceptibles de connaître ces drames.

Bien souvent, les mères isolées, particulièrement démunies, sont les cibles de ces informations préoccupantes. Et le risque s’aggrave quand elles sont elles-mêmes autistes, ce qui est fréquent. Claire Gilet l’a appris à ses dépens. Après avoir demandé de l’aide aux urgences de l’hôpital à la suite d’un « événement traumatisant » sur lequel elle ne souhaite pas s’étendre, cette mère de trois enfants, dont deux autistes diagnostiqués, comme elle, a reçu une information préoccupante en juillet dernier.

Heureusement, l’enquête, menée par des travailleuses sociales « très bienveillantes », a permis de classer son dossier sans suite. Il y a quelques jours, à la suite d’une chute, elle a dû conduire son fils aux urgences. « J’ai attendu quatre jours pour m’y rendre tellement j’avais peur d’y aller avec mon enfant. » Elle soupire. « Jamais je n’aurais eu cette réaction avant. »

Solène Cordier
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