[Livre] Good Reasons for Bad Feelings : Insights from the Frontier of Evolutionary Psychiatry (Randolph M. Nesse)

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Estran
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[Livre] Good Reasons for Bad Feelings : Insights from the Frontier of Evolutionary Psychiatry (Randolph M. Nesse)

#1 Message par Estran » lundi 6 mai 2019 à 9:19

Good Reasons for Bad Feelings: Insights from the Frontier of Evolutionary Psychiatry,
de Randolph M. Nesse, Dutton, 2019.

Résumé par le magazine "Books" :

Aux sources des troubles mentaux

La psychiatrie a cessé de progresser. On ne trouve plus de nouveaux médicaments, l’efficacité de beaucoup d’entre eux est contestée, et, quand elle est avérée, on n’en comprend pas les raisons. Les troubles mentaux n’ont pas de biomarqueurs : le psychiatre ne peut pas commander des tests en laboratoire pour vérifier ou exclure une hypothèse. Les ­espoirs mis dans la neurologie et la génétique ont été contrariés : même les maladies d’origine largement génétique, comme l’autisme ou la schizophrénie, renvoient à tant de gènes que le terrain se brouille.

Or les maladies mentales sont en augmentation régulière dans le monde. Pour surprenant que cela paraisse, les autorités de santé, OMS en tête, considèrent désor­mais qu’elles sont la première cause d’incapacité. Une estimation à prendre avec précaution, car la discipline – autre signe de faiblesse – n’est souvent pas en mesure de faire la différence entre un état réellement patho­logique et des troubles ordinaires de l’humeur.

D’où l’intérêt accordé à une nouvelle voie de recherche : la psychiatrie évolutionniste. L’un de ses hérauts est Randolph Nesse, qui dirige le Centre de l’évolution et de la médecine à l’université de l’Arizona. L’idée de base : si l’on veut progresser dans la compréhension des symptômes, nous avons intérêt à explorer leur signification à la lumière de la théorie de l’évolution. Or celle-ci suggère que les principaux troubles mentaux, y compris la dépression et l’anxiété, pourraient être des dégâts collatéraux de la sélection naturelle.

Dans Good Reasons for Bad ­Feelings, il propose deux pistes de réflexion. Selon la première, des troubles comme l’anxiété ou la dépression sont issus d’adaptations utiles. Ainsi, l’anxiété vient du réflexe de peur, qui nous incite à nous protéger. Elle fonctionne comme un détecteur de fumée ; mais, comme les détec­teurs de fumée, elle peut avoir des ratés. De même, les accès de panique ont vraisemblablement leur source dans la réaction de lutte ou de fuite face à un événement imprévu. Or la sélection naturelle se moque de ce que vous pouvez ressentir. « Dans le calcul de l’évolution, seul compte le succès reproductif. »

Seconde piste : des troubles mentaux sont les conséquences accidentelles de traits qui ont été sélectionnés pour de bonnes raisons. En explorant les gènes liés à l’autisme, les chercheurs ont trouvé une corrélation avec des gènes intervenant dans les facultés intellectuelles ; certains voient l’autisme comme un dérè­glement d’une intelligence élevée. Comme l’écrit le biologiste Adrian Woolfson dans la revue Nature, « les vulnérabilités de l’esprit humain pourraient être le prix à payer pour l’optimisation » de certains traits. Des traits parfois sans aucun rapport avec la pathologie. Ainsi, le risque de schizophrénie est accru en présence de versions particulières d’une protéine primitive du système immunitaire, qui a évolué « pour des raisons sans rapport avec les fonctions mentales ».

Un autre exemple est fourni par ce qu’on appelle la « pléiotropie antagoniste » : l’existence de gènes qui influent à la fois sur un trait bénéfique et un trait délé­tère. Certains gènes impliqués dans le vieillissement ont ainsi évolué parce qu’ils favorisent une bonne santé tôt dans l’existence. La nature laisse aussi parfois des « legs irrationnels », comme l’existence incongrue de nerfs et de vaisseaux sanguins à la surface de la rétine.

Nesse espère que ce type de réflexion conduira à mieux cerner la frontière entre le normal et le pathologique et à mettre en garde contre les prétentions de l’industrie pharmaceutique à imposer l’idée qu’une molécule peut soigner un trouble mental. Mais il attend beaucoup de la génétique qui, alliée au traitement massif des données, devrait permettre d’identifier de plus en plus de mutations prédisposant à certains troubles mentaux.
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Lilette
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Re: [Livre] Good Reasons for Bad Feelings : Insights from the Frontier of Evolutionary Psychiatry (Randolph M. Nesse)

#2 Message par Lilette » lundi 6 mai 2019 à 11:36

Ça m'a tout Bonnement l'air d'être n'importe quoi tout ça.
TSA.

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Re: [Livre] Good Reasons for Bad Feelings : Insights from the Frontier of Evolutionary Psychiatry (Randolph M. Nesse)

#3 Message par lulamae » lundi 6 mai 2019 à 11:45

Lilette a écrit :
lundi 6 mai 2019 à 11:36
Ça m'a tout Bonnement l'air d'être n'importe quoi tout ça.
Pour quelle partie ? Le rapport avec l'évolution et la sélection naturelle ?
Je trouve ça bizarre aussi ; je ne suis pas sûre de comprendre, mais ça semble dire qu'il est normal que nous soyons anxieux ou dépressifs, du fait de traits sélectionnés pour la survie. D'accord, mais en quoi est-ce valable pour un trouble comme le TAG ou la dépression, à un degré pathologique ?
Estran a écrit : La psychiatrie a cessé de progresser. On ne trouve plus de nouveaux médicaments, l’efficacité de beaucoup d’entre eux est contestée, et, quand elle est avérée, on n’en comprend pas les raisons. Les troubles mentaux n’ont pas de biomarqueurs : le psychiatre ne peut pas commander des tests en laboratoire pour vérifier ou exclure une hypothèse. Les ­espoirs mis dans la neurologie et la génétique ont été contrariés : même les maladies d’origine largement génétique, comme l’autisme ou la schizophrénie, renvoient à tant de gènes que le terrain se brouille.

Or les maladies mentales sont en augmentation régulière dans le monde. Pour surprenant que cela paraisse, les autorités de santé, OMS en tête, considèrent désor­mais qu’elles sont la première cause d’incapacité. Une estimation à prendre avec précaution, car la discipline – autre signe de faiblesse – n’est souvent pas en mesure de faire la différence entre un état réellement patho­logique et des troubles ordinaires de l’humeur.
Ce qui me surprend, @Estran, c'est ce constat d'impuissance de la génétique : c'est une science relativement neuve, et au vu des articles de Spectrum News que nous avons traduits ce WE, ce constat me paraît pour le moins prématuré.
Comment est-il possible de décréter ainsi que la génétique se plante ? :shock:
Diagnostic au C3RP (Sainte Anne) le 31/07/2019 : indication d'autisme de haut niveau.

"We're all in the gutter, but some of us look at the stars." Oscar Wilde.

Estran
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Re: [Livre] Good Reasons for Bad Feelings : Insights from the Frontier of Evolutionary Psychiatry (Randolph M. Nesse)

#4 Message par Estran » lundi 6 mai 2019 à 12:07

Je ne prétends pas que ce bouquin est pertinent, je serais mal placée :mryellow:
Je suis tombée sur cet article et j'ai vu sur Amazon que de nombreux journaux de renom et divers experts en disaient le plus grand bien (voir ci-dessous), donc je me contente de le signaler - sans aucun avis de ma part !

“All psychiatrists and patients who find themselves having occasional ‘bad feelings’ about our current understanding of mental illness will have many ‘good reasons’ to consult this book. I do fully expect that someday nearly all psychiatry will be identified as evolutionary psychiatry. If so, Randolph Nesse’s book should be seen as the field’s founding document.”
--The Wall Street Journal

“If your idea of self-care skews less spiritual and more scientific, Nesse’s new book on why humans are so vulnerable to a variety of mental disorders is a must. In this new work, he covers both why some people get sick, as well as why natural selection left us all so vulnerable to developing mental illness. Topics covered include changes in our environment impact us, how anxiety and low mood sometimes help our genes and how social anxiety is nearly universal.”
--Forbes

“Important and fascinating…The future of clinical psychiatry is likely to be embedded in the integration of this [Nesse’s] type of evolutionary theoretical framework.”
--Nature

“Nesse’s book offers fresh thinking in a field that has come to feel stagnant, even if new therapeutic avenues are not immediately obvious... Recasting our psychiatric and psychological shortcomings as the unintended sprawling by-products of evolution seems a useful way of understanding why our minds malfunction in the multiple, messy ways that they do.”
--The Financial Times

y'en a plein d'autres...

voir là :
https://www.amazon.fr/Good-Reasons-Bad- ... 1-fkmrnull
Présomption de TSA. Pas de diagnostic.

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Re: [Livre] Good Reasons for Bad Feelings : Insights from the Frontier of Evolutionary Psychiatry (Randolph M. Nesse)

#5 Message par Estran » lundi 6 mai 2019 à 13:05

Je pense que cet avis mérite d'être cité :

"How did we end up recognizing that every system in the body has a function shaped by evolutionary selection and yet thinking that systems in the mind do not? How did physical and mental health drift so far apart? Randolph Nesse explains, in this highly readable book, how 'symptoms' in psychiatry should be seen in their evolutionary context, and that anxiety and depression for example have functions, just as do inflammation, blood clotting, or a cough. Nesse is a pioneer of evolutionary psychiatry, which has the potential to revolutionize mental health care."
--Simon Baron-Cohen, Professor of Developmental Psychopathology, Cambridge University
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Re: [Livre] Good Reasons for Bad Feelings : Insights from the Frontier of Evolutionary Psychiatry (Randolph M. Nesse)

#6 Message par lulamae » lundi 6 mai 2019 à 13:57

Estran a écrit :
lundi 6 mai 2019 à 13:05
Je pense que cet avis mérite d'être cité :

"How did we end up recognizing that every system in the body has a function shaped by evolutionary selection and yet thinking that systems in the mind do not? How did physical and mental health drift so far apart? Randolph Nesse explains, in this highly readable book, how 'symptoms' in psychiatry should be seen in their evolutionary context, and that anxiety and depression for example have functions, just as do inflammation, blood clotting, or a cough. Nesse is a pioneer of evolutionary psychiatry, which has the potential to revolutionize mental health care."
--Simon Baron-Cohen, Professor of Developmental Psychopathology, Cambridge University
Merci pour les avis. Et oui, Baron-Cohen effectivement... :wink:
C'est sans doute à creuser, je n'y connais rien à cette branche-là précisément, tu m'apprends déjà que ça existe, c'est une bonne chose ! :geek: :lol:
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Re: [Livre] Good Reasons for Bad Feelings : Insights from the Frontier of Evolutionary Psychiatry (Randolph M. Nesse)

#7 Message par Lilette » lundi 6 mai 2019 à 14:13

lulamae a écrit :
lundi 6 mai 2019 à 11:45
Lilette a écrit :
lundi 6 mai 2019 à 11:36
Ça m'a tout Bonnement l'air d'être n'importe quoi tout ça.
Pour quelle partie ? Le rapport avec l'évolution et la sélection naturelle ?
Je trouve ça bizarre aussi ; je ne suis pas sûre de comprendre, mais ça semble dire qu'il est normal que nous soyons anxieux ou dépressifs, du fait de traits sélectionnés pour la survie. D'accord, mais en quoi est-ce valable pour un trouble comme le TAG ou la dépression, à un degré pathologique ?
Estran a écrit : La psychiatrie a cessé de progresser. On ne trouve plus de nouveaux médicaments, l’efficacité de beaucoup d’entre eux est contestée, et, quand elle est avérée, on n’en comprend pas les raisons. Les troubles mentaux n’ont pas de biomarqueurs : le psychiatre ne peut pas commander des tests en laboratoire pour vérifier ou exclure une hypothèse. Les ­espoirs mis dans la neurologie et la génétique ont été contrariés : même les maladies d’origine largement génétique, comme l’autisme ou la schizophrénie, renvoient à tant de gènes que le terrain se brouille.

Or les maladies mentales sont en augmentation régulière dans le monde. Pour surprenant que cela paraisse, les autorités de santé, OMS en tête, considèrent désor­mais qu’elles sont la première cause d’incapacité. Une estimation à prendre avec précaution, car la discipline – autre signe de faiblesse – n’est souvent pas en mesure de faire la différence entre un état réellement patho­logique et des troubles ordinaires de l’humeur.
Ce qui me surprend, @Estran, c'est ce constat d'impuissance de la génétique : c'est une science relativement neuve, et au vu des articles de Spectrum News que nous avons traduits ce WE, ce constat me paraît pour le moins prématuré.
Comment est-il possible de décréter ainsi que la génétique se plante ? :shock:
Yes, pour tout ça.
Et peut-être le reste, je sais plus & la flemme de relire.
TSA.

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Re: [Livre] Good Reasons for Bad Feelings : Insights from the Frontier of Evolutionary Psychiatry (Randolph M. Nesse)

#8 Message par lulamae » lundi 6 mai 2019 à 16:21

Lilette a écrit :
lundi 6 mai 2019 à 14:13
Yes, pour tout ça.
Et peut-être le reste, je sais plus & la flemme de relire.
:lol: :lol:
Diagnostic au C3RP (Sainte Anne) le 31/07/2019 : indication d'autisme de haut niveau.

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Re: [Livre] Good Reasons for Bad Feelings : Insights from the Frontier of Evolutionary Psychiatry (Randolph M. Nesse)

#9 Message par Lilette » lundi 6 mai 2019 à 17:43

Estran a écrit :
lundi 6 mai 2019 à 12:07
Je ne prétends pas que ce bouquin est pertinent, je serais mal placée :mryellow:
Je suis tombée sur cet article et j'ai vu sur Amazon que de nombreux journaux de renom et divers experts en disaient le plus grand bien (voir ci-dessous), donc je me contente de le signaler - sans aucun avis de ma part !
Oui oui no problème avec toi ;)
Je parle évidemment juste du livre en lui-même.
Après je ne suis pas pro il est peut-être très bien
TSA.

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