TSA et Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
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Re: TSA et Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

#76 Message par jpeg » mercredi 31 juillet 2019 à 15:22

Je suis une personne autiste formée à l'ABA, j'ai accompagné avant d'être formé et connait donc assez bien les avantages mais aussi les limites de l'ABA. Résumer l'ABA à du dressage, est partial et partiel. D'abord le coeur de l'ABA n'a jamais été le changement du comportement mais l'analyse fonctionnelle, en fait l'idée première est de chercher dans le référentiel de l'autre personne (autiste ou non) les raison d'un comportement ciblé. Ainsi avec mon gosse NT, je fais assez souvent cela. Ensuite face à cela pour des comportements problématiques c'est-à-dire préjudiciable pour la personne (auto-agression, fuite), il sera mis en place une analyse des contextes pour évaluer pourquoi cela se produit.
La réponse, sauf si la personne n'y connait rien, n'est jamais de vouloir changer son comportement à coup de bonbon ou de coca, mais bien agir par rapport à la fonction du comportement (attention, demande, etc). Ensuite, une fois que la cause est bien identifiée, on évalue ensuite si on peut changer l'environnement, pour éviter le comportement, si on peut trouver un autre moyen de fixer le comportement qui soit moins préjudiciable pour chacun (genre "demander du pain" sans se taper mais en présentant des pictos).
Bref, et ça ne s'applique pas qu'à l'autisme, mon gosse se tapait, j'ai compris rapidement que son besoin était l'attention. Du coup quand il se tapait pas, je la lui donnais, j'évitais quand il se tapait, ma femme avait tenté de le faire en accueillant l'émotion, là en 2 semaines c'était réglé. Bref, être contre le comportemental pour moi c'est comme être la gravité, ensuite l'ABA comme toute science y compris la médecine, dépendra de l'éthique de celui qui la pratique.

Si ça intéresse, j'ai écrit ça:
https://aspieconseil.com/2019/02/23/com ... portement/
- Diagnostiqué TSA au centre expert de Créteil 07/2015

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misty
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Re: TSA et Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

#77 Message par misty » mercredi 31 juillet 2019 à 19:17

alexis a écrit :Les professionnels qui ne pensent qu'à leur confort personnel, et veulent que rien ne bouge jusqu'à leur retraite, sous prétexte que ça les épuisent de réfléchir, de mettre à jour leur compétences, ceux pour qui la santé mentale c'est juste un jeu social dans lequel les uns font semblants d'être des guérisseurs à la parole divine et les autres sont piégés par le système dans le rôle de patient docile qui n'a aucun droit de regard sur la qualité de ce qui lui est imposé, ces professionnels là doivent être dénoncés.
Un peu comme les migrants qui échouent sur les côtes pour venir profiter des allocs pépères, tu veux dire? Ou comme les femmes qui inventent des histoires d'abus sexuels juste pour attirer l'attention sur elles quand ce sont juste de grosses s****** qui n'attendaient que ça? Ou les travailleurs handicapés qui minaudent pour obtenir des faveurs de princesse alors que des problèmes tout le monde en a?
Tu te rends compte de ce que tu dis?
Ces professionnels, tu sais tout de leur vie, de ce qu'ils veulent, de ce qu'ils pensent, de ce qui les épuise? Tu en as croisé beaucoup, qui correspondent exactement au tableau que tu décris?
Non, parce que moi aucun, pourtant j'ai hélas eu droit à plein de différents (que ce soit pour moi ou pour un proche). Certains auraient bien mérité leur paire de claques, mais pas du tout pour les raisons dont tu parles.

Je déteste les préjugés concernant les autistes, ou les travailleurs handicapés, donc il me semble logique de lutter aussi contre ceux qui visent gratuitement les pros de la santé mentale. Un préjugé reste un préjugé.

Plus sérieusement, tu sembles défendre les professionnels et parler en leur nom quand tu dénonces mes posts.
Si tu as une accréditation officielle dont tu peux me transmettre une copie en mp, je modifierai mon post initial sans poser de question car mon objectif n'est pas de nuire, et que je suis capable de reconnaître mes imperfections et potentielles erreurs.
Si tu n'en as pas il n'en est pas question.
Si demain je poste un message condamnant la chasse à la baleine au Japon, tu vas me réclamer un justificatif attestant que je suis une baleine japonaise?
Depuis quand faut-il forcément appartenir à un groupe d'individus pour défendre ce groupe d'individus quand on l'estime victime d'injustice?

Je fréquente assez la psychiatrie à la fois publique et privée pour juger de ce qu'il est possible d'insinuer ou pas. Dans le public en particulier, ce secteur traverse une très grosse crise, et il est question de gens à qui on demande de juguler des situations critiques et de gérer de très grosses souffrances avec 3 bouts de ficelle et 2 élastiques. Je ne parle même pas des infirmiers en psychiatrie (que ce soit du statut ou des conditions de travail).
Ces gens méritent autre chose que des insultes gratuites et préjugés affligeants de la part d'"aspinets" qui ne savent pas de quoi ils parlent.

Je pense qu'on connaît tous (au moins) un connard hpi: si j'insinue que la majorité des hpi sont des connards méprisants, tu le prends comment?
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Jean
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Re: TSA et Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

#78 Message par Jean » mercredi 31 juillet 2019 à 19:53

Il faudrait refroidir la discussion. La question ne doit pas être des titres respectifs d'alexis et de misty.

Il n'y a pas de doute que la question des troubles du comportement alimentaire est difficile.

Si je prends la question de l'autisme, la description d'alexis n'apparaît pas à côté de la réalité. Les études menées par CEKOIA et Argos dans les secteurs sanitaire et médico-social en Bretagne démontrent que c'est la situation réelle. On peut ensuite discuter des motivations. Des pédopsychiatres expriment leur rejet des recommandations HAS par le fait qu'ils ne peuvent abandonner l'idée de "guérir" leurs patients. Ils ont du mal à abandonner une vision magique de leur métier.

Pour ce qui est notamment le cas de la psychiatrie adulte, c'est la méconnaissance de l'autisme qui pose problème. J'ai connaissance d'un HP où il a suffi d'une journée d'information du CRA pour que les psychiatres détectent des autistes chez leurs patients.

Une place en pédopsychiatrie revient à 360.000 € par an, soit 10 fois plus qu'un SESSAD autisme (donc renforcé). Il est difficile de croire dans ce cas que c'est l'absence de moyens qui explique l'absence de résultats, quand les recommandations de la HAS sont ignorées ou combattues.
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Re: TSA et Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

#79 Message par misty » mercredi 31 juillet 2019 à 20:36

Jean a écrit :Des pédopsychiatres expriment leur rejet des recommandations HAS par le fait qu'ils ne peuvent abandonner l'idée de "guérir" leurs patients. Ils ont du mal à abandonner une vision magique de leur métier.
J'ai vu ça oui. Il y a aussi des endroits (gros problème dans ma région, impactant du coup région voisine ce qui est injuste pour eux) où les décideurs pensent qu'en ne diagnostiquant que les TSA qui correspondent à leur vision des TSA (= le plus souvent avec DI importante) leurs critères resteront/deviendront universels. C'est stupide car ça engorge juste les structures voisines, et que les gosses finissent diagnostiqués quand même.

Je ne nie pas les aberrations ni les dysfonctionnements, qu'on soit bien d'accord: c'est juste le mode sniper à l'aveuglette qui me pose problème. Surtout au sujet des TCA.
Pour ce qui est notamment le cas de la psychiatrie adulte, c'est la méconnaissance de l'autisme qui pose problème. J'ai connaissance d'un HP où il a suffi d'une journée d'information du CRA pour que les psychiatres détectent des autistes chez leurs patients.
Perso, rien que le fait de me suivre a mis la puce à l'oreille de ma psychiatre pour d'autres de ses patients, notamment un qui la laissait complètement pantoise. Il a suivi un protocole diagnostique prescrit par elle, le bilan a confirmé, et il suit la même thérapie que moi.
A mon CMP c'est pareil, je pense que rien que pour ça il faudrait que plus d'autistes soient pris en charge dans le public (quand c'est possible bien sûr). La région refuse de subventionner les formations à l'autisme demandées depuis des années par mon établissement, par contre personne ne peut s'opposer à ce qu'ils s'occupent de patients concernés par les TSA.
Une place en pédopsychiatrie revient à 360.000 € par an, soit 10 fois plus qu'un SESSAD autisme (donc renforcé). Il est difficile de croire dans ce cas que c'est l'absence de moyens qui explique l'absence de résultats, quand les recommandations de la HAS sont ignorées ou combattues.
A ce que je sais c'est notamment un gros souci de distribution. Quand j'avais parlé du rapport IGAS sur les CRA à mon CMP, le chef de pôle était vert: l'argent que la région attribue à la formation ils n'en ont jamais vu la couleur, alors que l'excédent budgétaire est flagrant.
Dans le SAMETH de mon secteur c'est pareil. Ils récupèrent d'ailleurs des ex-résidents en pédopsychiatrie qui n'avaient rien à y faire puisqu'ils parviennent relativement facilement à l'autonomie (même si encadrée).
Tout est à repenser dans ce domaine, ça fait à peu près l'unanimité, de même que la médication inappropriée qui a crée beaucoup de sur-handicap.
A mon avis, il faut ajouter à ça toute une génération de parents à qui on a bourré le crâne concernant le pronostic de leur enfant; ainsi que le regard de la société qui est encore si lourd sur certaines formes d'autisme que ces parents sont persuadés de mettre leur enfant "à l'abri" en institution.
Enfin, c'est un truc que je ressens pas mal chez certains. Questions extrêmement complexes de toute manière.
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Re: TSA et Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

#80 Message par Jean » jeudi 1 août 2019 à 0:16

Je reviens sur la question que tu (misty) m'as posée concernant les transgenres.

Une partie importante des transgenres semble être autiste. Il faut en tenir compte. Dans l'exemple que je connais le plus, cela ne s'est traduit que dans un retard dans le diagnostic d'autisme, le CRA cherchant à se renseigner d'abord pour savoir si l'aspect transgenre permettait le diagnostic d'autisme.

Bien que d'après l'article, cela ne semble pas aussi fréquent, il faudrait se poser la question de l'autisme pour une personne anorexique, parce qu'il y a une surreprésentation, et qu'il faut en tenir compte dans la prise en charge.
père d'une fille autiste "Asperger" de 36 ans

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Re: TSA et Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

#81 Message par Alpha » jeudi 1 août 2019 à 8:55

J'ai été dans plusieurs unités spécialisées TCA ou en unité "généraliste" et aucune n'a jamais évoqué ça.
De mon expérience, beaucoup de soignants ont une vision stéréotypée de l'anorexie, ou de l'anorexie-boulimie : relation avec la mère, etc.
Je pense en parler avec mon psychiatre actuel, pour connaitre son point de vue. Mais si ça n'explique pas tout, ça en explique une bonne partie, et surtout une bonne partie de mes rechutes.
Encore une fois, je parle pour mon cas.
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Re: TSA et Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

#82 Message par freeshost » jeudi 1 août 2019 à 13:15

Jean a écrit :
mercredi 31 juillet 2019 à 19:53
Il faudrait refroidir la discussion.
C'est du réchauffé. :mrgreen:
Pardon, humilité, humour, hasard, confiance, humanisme, partage, curiosité et diversité sont des gros piliers de la liberté et de la sérénité.

- Ah ! j'ai été diagnostiqué Asperger Haut Potentiel à Cery (CH) en l'été 2014, mais tu le savais. :)

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Re: TSA et Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

#83 Message par misty » jeudi 1 août 2019 à 20:52

Jean a écrit :
jeudi 1 août 2019 à 0:16
Je reviens sur la question que tu (misty) m'as posée concernant les transgenres.

Une partie importante des transgenres semble être autiste. Il faut en tenir compte. Dans l'exemple que je connais le plus, cela ne s'est traduit que dans un retard dans le diagnostic d'autisme, le CRA cherchant à se renseigner d'abord pour savoir si l'aspect transgenre permettait le diagnostic d'autisme.

Bien que d'après l'article, cela ne semble pas aussi fréquent, il faudrait se poser la question de l'autisme pour une personne anorexique, parce qu'il y a une surreprésentation, et qu'il faut en tenir compte dans la prise en charge.
Ok, je comprends, même si concernant les transgenres l'enjeu est quand même moindre question santé. Tenir compte des liens entre TSA et TCA me semble souhaitable, en effet, par contre je crois que c'est à cadrer pour éviter des dérives:

-D'une part parce qu'il me semble que beaucoup de personnes autistes pourraient recevoir un diagnostic d'anorexie à minima subsyndromique à cause:
1/ des restrictions alimentaires parfois très importantes causées par les hypersensibilités diverses + rigidités + éventuels régimes végétariens et végans (manifestement courants chez les autistes)
2/ des difficultés sociales liées au repas pris en commun avec d'autres individus, sans parler de la restauration collective qui peut être un supplice
3/ de l'hyperactivité physique, qui concerne quand même beaucoup d'autistes à cause de la solution efficace que ça représente pour gérer le stress et les stéréotypies
4/ de la rigidité structurelle de l'individu et de ses tendances obsessionnelles
5/ de l'isolement social et des difficultés interactionnelles
6/ du besoin d'immuabilité et de repères corporels. Ce point me semble essentiel, surtout chez les (jeunes) femmes, et je m'étonne de ne pas l'avoir vu mentionné. Changer de silhouette peut s'avérer extrêmement déstabilisant pour une personne autiste qui a déjà un lien délicat à son corps (+ éventuelles difficultés importantes de proprioception). Chez les femmes il y a le cycle hormonal qui cause des variations, mais c'est régulier, immuable, prévisible et assez facile à calculer. Pareil pour les grossesses: ce sont des évènements ponctuels qui constituent une variation logique avec une échéance claire. Un peu comme quand on a le nez qui coule et qu'on sait qu'une fois le rhume fini le nez ne coulera plus.
A l'adolescence c'est très différent, et en cas de prise de poids soudaine sans cause vraiment déterminée ni temporisée, il peut survenir un stress très important amenant la personne à rechercher compulsivement l'état antérieur qui pour elle est sécurisant.

Je pense que c'est un peu comme une sorte de "fausse anorexie", mais le souci c'est que nombre d'autistes risquent de tomber dans une vraie anorexie en cas de harcèlement de l'entourage sur l'alimentation par exemple, ou de peur panique de perdre trop de poids et de recevoir un diag d'anorexie. La nourriture est souvent un motif d'angoisse très important pour les autistes, donc je pense qu'en associant trop les TCA à l'autisme cette angoisse peut s'amplifier. Or, c'est souvent quand on a peur de perdre du poids qu'on perd du poids.


-D'autre part, il y a aussi le risque de voir des anorexiques "classiques" prendre le prétexte de l'autisme pour se sous-alimenter. On voit ça avec quasi tous les régimes restrictifs, surtout le véganisme et le sans gluten. Bien sûr tous les gens qui mangent comme ça ne sont pas des anorexiques en quête de prétexte, mais c'est un argument facile pour avoir une paix relative concernant le régime alimentaire (et ce n'est pas compliqué de se mettre à revendiquer tout d'un coup les questions liées à la souffrance animale pour créer un écran de fumée autour de troubles alimentaires).
Pour revenir une minute sur le déni c'est au sens psychiatrique et clinique que je l'entends, à savoir "refus par le sujet de reconnaître la réalité d'une perception traumatisante". Face au traumatisme que représente un trouble aussi grave que l'anorexie, je pense que que ce soit pour le patient ou l'entourage se persuader de motivations militantes, d'une intolérance au gluten (en fait très rare) ou de symptômes autistiques peut coller au besoin de ce refus de réalité. Et qu'on soit bien d'accord je ne parle pas d'avarice cognitive ou de complaisance mais d'une réelle incapacité du psychisme à admettre un fait traumatisant.

Du coup, je pense qu'une démarche méthodique et rigoureuse s'impose car effectivement les symptômes de l'anorexie ressemblent énormément aux symptômes autistiques. Je pense que plus que pour d'autres démarches diagnostiques, celles-là doivent mettre le paquet sur les données de l'enfance. Un cas qui ne présentait aucune particularité clinique (rigidités, interactions sociales absentes, difficiles ou très atypiques, restrictions alimentaires...) 1 ou 2 ans avant l'émergence du TCA reste à envisager avec prudence. De même que la jeune femme qui n'a jamais exprimé aucune empathie particulière pour les animaux et se lance dans le militantisme vegan juste après un épisode d'anorexie.

C'est un peu comme la maltraitance/négligence (même si évidemment je n'insinue pas que c'est exactement similaire) dans le sens où la symptomatologie clinique étant proche il est facile de camoufler des cas de maltraitance sous des recherches de diagnostic d'autisme.
Enfin bref, c'est un peu difficile à expliquer mais même si je suis d'accord avec toi sur le fond et qu'évidemment il faut de la formation et beaucoup (et vite), la prudence me semble de mise aussi concernant certains aspects.
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Re: TSA et Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

#84 Message par Jean » mardi 13 août 2019 à 9:08

Extraits traduction JP Piat

"Peut-être en raison de sa puissance et de sa facilité d’utilisation, la nourriture est couramment utilisée comme renforçateur avec des personnes ayant reçu un diagnostic de TSA ou une déficience intellectuelle. Cependant, il y a des considérations importantes pour l’utilisation des aliments comme renforçateurs. Premièrement, de nombreuses personnes diagnostiquées avec Les TSA consomment moins de fruits et de légumes que leurs pairs se développant généralement et affichent souvent des intérêts alimentaires rigides (Peterson, Piazza, & Volkert, 2016; Schreck, Williams et Smith,
2004).
Deuxièmement, de nombreuses personnes diagnostiquées, les TSA sont plus sédentaires que leurs pairs en développement typique (Jones et al., 2017; McCoy, Jakicic et zibbs, 2016) et allouer plus de temps vers les stimuli basés sur l'écran (par exemple, iPad, télévision) par rapport à généralement Pairs en développement (Must, Phillips, et al., 2014b),augmenter la probabilité de gain de poids.

Enfin, les personnes autistes sont plus susceptibles de s'engager dans les comportements problématiques tels que l'agression et l'automutilation et sont donc plus susceptibles d’avoir des antipsychotiques atypiques prescrits pour réduire comportement problématique (Cascade, Kalali, & Feifel, 2008; Must, Curtin et al., 2014a). Or, les effets secondaires des médicaments antipsychotiques souvent augmentent encore la probabilité que les individus avec TSA va prendre du poids (Barnard, Young, Pearson, Geddes et O’Brien, 2002; Jobski, Höfer, Hoffmann et Bachmann, 2017). Celles-ci
les variables augmentent le risque de syndrome métabolique, entraînant des problèmes de santé à long terme tels que le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires (Chen et al., 2016).

Pour lutter contre ces variables, une méthode consiste à encourager les cliniciens et les chercheurs à
incorporer des options plus saines (par exemple, fruits et légumes) lors de l’identification des renforçateurs putatifs. De plus, le code de conformité du Behavior Analyst Certification Board:
minimiser l’utilisation d’articles en tant que renforçateurs potentiels pouvant être nocifs pour la santé et la santé; développement du client, ou qui peut nécessiter des opérations de motivation excessives pour être efficaces ». Une attention particulière quant aux aliments utilisés comme renforçateurs peut minimiser l'exposition à la nourriture de piètre qualité nutritive et augmenter la consommation de fruits et légumes chaque fois que possible. Il est donc important de déterminer si et dans quelles circonstances les fruits et les légumes pourraient servir de renforçateurs au niveau individuel
(…)

Enfin, bien que ce ne soit pas le but de l’enquête en cours, les recherches futures devraient évaluer les méthodes pour changer la réparition des réponse des participants qui ont préféré les aliments salés et sucrés vers les fruits et les légumes. Une possibilité est de manipuler des paramètres de renforcement tels que retard, ampleur et qualité des aliments (Borrero, Vollmer, Borrero et Bourret, 2005; Kunnavatana, Bloom, Samaha, Slocum, & Clay, 2018; Neef et al., 2005). Par exemple, les fruits et légumes sont livrés immédiatement subordonné à une réponse salée et sucrée les aliments sont livrés après un délai, ou un plus grand quantité de fruits ou de légumes est livrée en fonction d'une réponse, tandis qu'une petite quantité de des aliments salés ou sucrés sont livrés. Cependant, il est important de noter que certaines personnes seront nécessite une intervention alimentaire plus intensive qui ne devraient être menées que par des analystes du comportement ayant une formation suffisante en matière de traitement de l'alimentation les troubles (Peterson et Ibañez, 2018). Les procédures décrites ci-dessus ne seraient pas appropriées pour ces personnes."

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31219188
Evaluating preference for and reinforcing efficacy of fruits and vegetables compared with salty and sweet foods.
Kronfli FR1, Vollmer TR1, Fernand JK2, Bolívar HA1.
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Re: TSA et Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

#85 Message par alexis » mardi 13 août 2019 à 12:42

Faut que je recherche dans mes archives, je dois y avoir des trucs en réserve sur ce sujet. J'ai émis l'hypothèse un temps que l'hyper-sélectivité avait pu être provoquée par l'utilisation de l'alimentation comme renforçateur. D'après mes parents, c'est chez la nourrice que j'ai commencé à manger des chips et à me focaliser dessus. Jusqu'à la fin du primaire, j'avais le droit de ramener mes chips à la cantine quand il n'y avait rien que j'aime (càd pâtes, riz ou frites). Ma mère m'en remplissait un sachet congélation pour pas venir avec le gros paquet parce que les portions individuelles comme on en trouve aujourd'hui n'existait pas dans les années 80. Je le trinqueballais avec moi toute la matinée . Il y a une photo de classe de maternelle où j'ai pas voulu le lâcher du coup les chips sont sur la photo :innocent:

Cela dit, de mon avis très personnel, je trouve ça très stupide de la part de l'auteur de l'étude et de l'article de vouloir inclure des préoccupations bien moralistes et conformistes typiques de notre époque dans les pratiques aba. Comme si le problème n'était pas assez compliqué. Je lui déconseille de faire des conférences en tenant ce genre de discours devant les parents, parce qu'il risque fort de se prendre des caisses de tomates à la figure :mryellow:
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Re: TSA et Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

#86 Message par Jean » mardi 13 août 2019 à 18:31

alexis a écrit :
mardi 13 août 2019 à 12:42
Cela dit, de mon avis très personnel, je trouve ça très stupide de la part de l'auteur de l'étude et de l'article de vouloir inclure des préoccupations bien moralistes et conformistes typiques de notre époque dans les pratiques aba.
Les préoccupations moralistes, ce sont les fruits et les légumes ?
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Re: TSA et Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

#87 Message par alexis » mardi 13 août 2019 à 20:20

Oui, le fameux 5fruits et légumes par jours que personne ne mange réellement. Une nouvelle norme pour recadrer le comportement moyen acceptable et son alter égo le comportement à soigner.
Les nutritionnistes ne me croient jamais, parce que d’après leurs bouquins de théories, je devrais être déjà décédé depuis longtemps ou au minimum alité très malade. Petit on me disais que je ne survivrai pas à la période de croissance de l’adolescence. Je suis une aberration médicale que les gens préfèrent nier.
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Re: TSA et Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

#88 Message par Liloë » mardi 13 août 2019 à 20:58

alexis a écrit :
mardi 13 août 2019 à 20:20
Oui, le fameux 5fruits et légumes par jours que personne ne mange réellement. Une nouvelle norme pour recadrer le comportement moyen acceptable et son alter égo le comportement à soigner.
Les nutritionnistes ne me croient jamais, parce que d’après leurs bouquins de théories, je devrais être déjà décédé depuis longtemps ou au minimum alité très malade. Petit on me disais que je ne survivrai pas à la période de croissance de l’adolescence. Je suis une aberration médicale que les gens préfèrent nier.
Je ne sais pas non plus comment je fais pour me maintenir en relative bonne santé et avoir eu une croissance normale, malgré mes troubles alimentaires sévères depuis la naissance. J'ai peur de mourir jeune.
Suspicion de TSA. En cours de diagnostic.

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Re: TSA et Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

#89 Message par Alpha » jeudi 15 août 2019 à 18:05

Je dois être stupide mais je ne comprends pas bien où est le problème avec ce fameux comportement moraliste des 5 fruits et légumes par jour.
Si le renforcateur intégré est bon pour la santé, c'est mieux qu'un whisky ou un paquet de chips. Enfin c'est mon avis.
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Re: TSA et Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

#90 Message par WinstonWolfe » jeudi 15 août 2019 à 18:08

Alpha a écrit :
jeudi 15 août 2019 à 18:05
Si le renforcateur intégré est bon pour la santé, c'est mieux qu'un whisky ou un paquet de chips.
Ça me semble une bonne idée aussi, ça fait d'une pierre deux coups. Le whisky viendra bien assez vite sans qu'on force :mryellow:
(Diagnostiqué autiste en 2013, à 40 ans)

Je sème des cailloux, ils m'échappent des doigts,
Mais je prends bien garde qu'ils ne mènent à moi.

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