Bizarreries alimentaires dans l'autisme

Je suis autiste ou Asperger, j'aimerais partager mon expérience. Je ne suis ni autiste ni Asperger, mais j'aimerais comprendre comment ils fonctionnent en le leur demandant.
Message
Auteur
Avatar du membre
J'ai un coeur
Adepte
Messages : 279
Enregistré le : mardi 4 décembre 2018 à 2:15

Re: Bizarreries alimentaires dans l'autisme

#211 Message par J'ai un coeur » vendredi 16 août 2019 à 8:52

Liloë a écrit :
vendredi 16 août 2019 à 8:17
J'ai un coeur a écrit :
vendredi 16 août 2019 à 0:23
- 3 oeufs bio
Si les oeufs ne sont pas bio la recette ne marche pas? :lol:
J'ai essayé plusieurs marque d'œufs et ceux là sont les plus bon.
J'ai consulté deux psychologues. Les deux m'ont dit que j'étais autiste. Je suis en attente d'un rendez-vous avec le CRA pour un diagnostic officiel.

Avatar du membre
Jean
Modérateur
Messages : 19865
Enregistré le : lundi 24 octobre 2005 à 22:39
Localisation : Finistère

Re: Bizarreries alimentaires dans l'autisme

#212 Message par Jean » vendredi 6 septembre 2019 à 16:30

père d'une fille autiste "Asperger" de 36 ans

dendro85
Occasionnel
Messages : 29
Enregistré le : jeudi 11 avril 2019 à 12:07

Re: Bizarreries alimentaires dans l'autisme

#213 Message par dendro85 » lundi 9 septembre 2019 à 11:00

pour ma part mais j'ai perdu cette bizarrerie, c'était pain dans le coca cola pour les fine bouche :lol:
non diagnostiqué , rendez vous chez le psychiatre prochainement .

squirell
Régulier
Messages : 38
Enregistré le : samedi 28 juillet 2018 à 0:48

Re: Bizarreries alimentaires dans l'autisme

#214 Message par squirell » mardi 10 septembre 2019 à 10:36

je ne suis pas diagnostiquée mais je ne peux pas résister à l'envie d'ajouter ma petite touche...j'ai l'impression que j'avais plus de trucs un peu bizarres quand j'étais petite. pour que j'accepte de manger le jambon blanc, ma grand mère me le faisait revenir à la poelle. la viande en général me rebutait (évidemment je supprimais tous les bouts de gras, nerfs...) et du coup quand on me forçait à la manger je l'avalais.je supportais pas l'espèce de couche épaisse et visqueuse qui se formait sur le dessus du bol de lait chaud.j'avais tendance aussi à manger les aliments séparément, en commençant par ceux que j'aimais le moins. j'adorais le goût du coca mais sans les bulles! J'adore le chocolat mais par contre la glace au chocolat j'ai jamais pu. les épinards frais légèrement revenus à la poelle (par exemple avec de l'huile d'olive et des pâtes)j'adore ça.par contre les épinards à la crème (surgelés je crois) c'est un des pires cauchemars de mon enfance. je comprends même pas comment on a pu inventer ça. j'avais beaucoup de mal petite à manger avec les couverts de quelqu'un d'autre et j'ai eu aussi ma période inspection de la vaisselle. mais je me suis assouplie avec le temps. pareil pour les bruits des gens quand ils mangent, ça m'écoeurait de petit déjeuner en face de ma mère car elle faisait des bruits qui me rebutaient. je crois qu'elle le sentait mais qu'elle n'a jamais compris, elle a cru que je l'aimais pas je pense.
aujourd'hui j'ai 29 ans mais je peux difficilement passer une journée sans goûter (j'emmène ma petite boîte avec mon gouter quand je ne suis pas chez moi) et ça m'embête beaucoup quand je ne peux pas caler une pause gouter dans ma journée de travail.
j'ai une passion pour la purée de sésame que je peux ajouter dans à peu près n'importe quel plat (voir tartine au petit dèj)
j'ai pas trop de bizarreries mais une légère obsession autour du manger bio, sain, local...les courses au supermarché peuvent etre très longues car il y a beaucoup de produits et je peux passer du temps à analyser les compositions avant d'acheter donc maintenant je fais plutôt mes courses dans une épicerie sans emballages avec des bons produits
Non diagnostiquée/ en questionnement

Braisillon
Régulier
Messages : 44
Enregistré le : mercredi 15 mai 2019 à 14:27

Re: Bizarreries alimentaires dans l'autisme

#215 Message par Braisillon » mardi 10 septembre 2019 à 13:42

Ce qui est mou (la purée aïe aïe aïe), gélatineux (aspic, le gras), ce qui est chaud (l'angoisse quand on m offre une tasse de thé et que je n'ai pas la possibilité de rajouter de l'eau froide, alors que je voulais partir rapidement) froid (surtout ce qui se mange chaud aussi, petite j'avais été horrifiée qu'on puisse manger du poulet froid). Je mange non mélangé a part si c'est une sauce ou un plat prévu pour que ça soit mélangé mais sinon je n'aime pas que mes aliments se touchent. Je coupe toujours avant de manger (part de tarte, viande...)
Je déteste tout ce qui va être doucâtre (mangue, plat sans goût prononcé)

Tout ça me donne des hauts de le coeur et déclenche un réflexe vomitif (sauf quand c'est chaud vu que je ne peux pas mettre à la bouche)

Édit: je précise, après une lecture plus attentive du titre du sujet, que je n'ai aucun diagnostic, mes difficultés et ma façon d'être me semblent proche du syndrome d'asperger mais je ne peux être que subjective face à tout ça. Je laisse mon message tout de même bien qu'il ne puisse être représentatif.
Neurotypique (jusqu'à preuve du contraire)

Kimagine
Habitué
Messages : 77
Enregistré le : jeudi 4 juillet 2019 à 9:44

Re: Bizarreries alimentaires dans l'autisme

#216 Message par Kimagine » mardi 10 septembre 2019 à 21:25

J'aime bien manger toujours la même chose à chaque repas différent:
- matin: pain aux graines de chia et fromage bleu + 5 amandes le matin.
- midi: si je suis chez moi pâtes sans gluten avec un peu d'huile et des graines de sésame, puis un carré de chocolat. si je suis au travail, toujours le même plat préparé et un fruit (avant je me préparais moi-même quelque chose, mais je ne supporte pas trop la boîte qui traîne ensuite sale dans mon sac toute la journée)
- aprem: une redbull en milieu d'aprem', et plus tard pain-beurre (avec parfois un fruit)
- le soir une salade avec des légumes de saison ou le même repas que le midi avec des légumes poêlés et un carré de chocolat.

Mais je varie beaucoup plus depuis que je me suis installé avec mon chéri de peur qu'il se lasse... Et aussi parce que l'an dernier j'ai dû voir une nutritionniste parce que je faisais des malaises et elle m'a donné une liste pour rééquilibrer mon alimentation en me disant que c'était à cause de ma routine que j'étais malade :shock:
Enfin, mon copain est content parce qu'apparemment j'ai un assez bon goût pour improviser des recettes (je pense à force de créer les miennes car les routines alimentaires finissent quand même par évoluer et je trouve de nouvelles choses tout seul - je déteste quand on me dit quoi faire ou comment, je trouve ça dur de se concentrer sur les consignes).
Quand on mange au restaurant tous les deux, on va au sushi et je prends toujours le même menu (avec une soupe, une salade de choux, des makis, des california et des sushis 8) ). Si j'y vais tout seul, je prends un autre menu qui est aussi toujours le même (chirashi mixte).
Kim-Agine

(Plusieurs médecins et psychologues m'ont affirmé que j'ai TSA et TDAH. Un bilan neuropsy m'a orienté vers:
- Bilan neuropsy TSA -> restitution fin septembre
- Bilan TDAH -> hyperactivité nette et fluctuations attention mais pas TDA)

Avatar du membre
Jean
Modérateur
Messages : 19865
Enregistré le : lundi 24 octobre 2005 à 22:39
Localisation : Finistère

Re: Bizarreries alimentaires dans l'autisme

#217 Message par Jean » mercredi 11 septembre 2019 à 0:11

jim.fr
Des comportements alimentaires inhabituels chez les enfants autistes

Les Comportements Alimentaires Inhabituels [CAI] ne font pas partie des critères de diagnostic des Troubles du Spectre Autistique [TSA]. Cependant, ils sont fréquemment rapportés par les parents et constatés par les éducateurs. Une étude, parue récemment dans une revue spécialisée, en fournit une description détaillée chez les enfants autistes.

Cette étude compare les CAI de 1 462 enfants avec TSA (âge moyen : 6,5 ans ; extrêmes : 1-18 ans) à ceux de 240 enfants avec des Troubles Déficit de l’Attention/Hyperactivité [TDA/H] et 313 enfants « neurotypiques » (normaux). Presque tous les enfants avec TSA et ceux avec TDA/H font partie du recrutement d’une Clinique de diagnostic pédo-psychiatrique nord-américaine alors que tous les enfants neurotypiques font partie de l’échantillon de standardisation de la CASD (Checklist for Autism Spectrum Disorder), un entretien semi-directif avec les parents à visée diagnostique. Les données sont tirées d’un item de la CASD sur les difficultés d’alimentation, et parfois de notes complémentaires des cliniciens.

Quatre fois plus fréquents que dans le TDAH


Les CAI ont une prévalence de 70 % dans les TSA. Ils sont 4,2 fois plus fréquents que dans les TDA/H dans le recrutement de la clinique (70,4 % versus 16,6 % ; p <0,0001), et 14,2 fois plus fréquents que chez les enfants neurotypiques dans l’échantillon de standardisation (68,4 % vs 4,8 % ; p < 0,0001).

Dans un sous-groupe de 253 TSA deux CAI sont prédominants : la sélectivité alimentaire (88,5 %) et l’hypersensibilité à certaines textures (46 %). En général les enfants autistes résistent à l’introduction de nouveaux aliments. Leur éventail d’aliments est restreint et s’élargit peu avec l’âge. Ils préfèrent les aliments uniformes et fades, et ont une prédilection pour les produits céréaliers et les nuggets de poulet. Certains refusent les aliments écrasés, d’autres les morceaux… Ces CAI sont aussi rapportés dans les TDA/H et, transitoirement, chez des enfants neurotypiques.

Les autres CAI comprennent, par ordre de fréquence décroissant, le stockage d’aliments dans le vestibule buccal (19,2 %), le pica (11,6 %), la consommation d’une seule marque d’un aliment, ainsi que des rituels autour de la présentation des aliments… Ces CAI ne sont pas rapportés dans les TDA/H ni chez les enfants neurotypiques.

Sélectivité alimentaire et hypersensibilité à certaines textures sont souvent combinés

Près de 60 % des enfants autistes présentent simultanément deux CAI ou plus, la combinaison la plus fréquente étant celle de la sélectivité alimentaire et de l’hypersensibilité à certaines textures.

Les CAI des autistes apparaissent précocement, dès la 2e année de vie. Ils n’empêchent pas la prise de poids. Leur prévalence diminue avec l’âge (de 78,5 % à 0-2 ans à 67,1 % à ≥ 6 ans ; p < 0,01), mais on les observe encore chez les adolescents et les adultes.

La sélectivité alimentaire et l’hypersensibilité à certaines textures des autistes se différencient des troubles des comportements alimentaires au sens du DSM-V, principalement l’anorexie mentale et les évitements/restrictions alimentaires dont l’acronyme anglais est ARFID. Dans les TSA, les CAI n’ont pas d’impact sur le poids, les ingesta ne sont pas réduits et les sujets ne sont pas préoccupés par leur poids ou l’image de leur corps.

Cette étude confirme la fréquence élevée des CAI dans les TSA. Leurs types, spécifiques ou non, et un nombre supérieur à 2 doivent éveiller l’attention des professionnels de santé quand ils sont signalés chez un jeune enfant, et les conduire à conseiller aux parents un bilan dans un centre de diagnostic et d’évaluation des TSA si cela n’a pas déjà été fait. Il est prouvé qu’une prise en charge précoce par une méthode comportementale améliore le pronostic des TSA, y compris les CAI.

Dr Jean-Marc Retbi
père d'une fille autiste "Asperger" de 36 ans

Lilymilou
Nouveau
Messages : 8
Enregistré le : lundi 19 août 2019 à 19:17

Re: Bizarreries alimentaires dans l'autisme

#218 Message par Lilymilou » mercredi 11 septembre 2019 à 10:29

Bonjour à tous !
Si vous chercher d'avantages d'informations sur les manies et troubles alimentaires, je viens d'ouvrir un blog qui aborde ce sujet.
N'hésitez pas à y faire un tour et me donner votre avis en commentant. Ca me fera très plaisir d'être lue par quelqu'un.
http://enjeuxintimesetsocietaux.unblog.fr/
Bonne journée à vous
suspicion de TSA

Répondre